Le court-métrage Papillioplastie, de David Barlow-Krelina, sera présenté en première nord-américaine à l’OIAF.

Poulains ottaviens de l’ONF au Festival international d’animation

Du 26 au 30 septembre, la capitale s’animera en « stop motion », en dessin animé ou en réalité virtuelle à l’occasion du 42e Festival international d’animation d’Ottawa (OIAF). Cette année, l’Office national du film du Canada (ONF) présente neuf œuvres, dont deux produites par des réalisateurs originaires d’Ottawa.

L’OIAF est le plus grand et le plus vieux rendez-vous de cinéma d’animation en Amérique du Nord. Chaque année, près de 28 000 cinéphiles assistent aux projections de films indépendants, de vidéoclips, de publicités et d’autres créations de tout acabit. Les spectateurs y visionneront des œuvres qui ont peu en commun avec les Shrek, Histoire de jouet et autres films d’animation bien connus du grand public ; les métrages sélectionnés ont surtout accroché l’œil du jury pour leur audace.

La palette de 2018 s’annonce diverse et provocatrice. Sélection difficile, s’il en est une ; des 2469 films proposés par des cinéastes de 84 pays, 110 ont été séparés du lot pour la compétition de courts-métrages, en plus de sept projections spéciales. Le Festival étant situé au début de la course aux Oscars, il n’est pas rare que des films en compétition à Ottawa soient remarqués par l’Académie des arts et des sciences du cinéma, l’organisme qui décerne les célèbres statuettes dorées.

Parmi les réalisateurs en compétition, David Barlow-Krelina sera en sol natal pour présenter la première nord-américaine de Papillioplastie (Caterpillarplasty). La science-fiction muette de cinq minutes expose une vision grotesque et déjantée de la chirurgie plastique. Elle dépeint en 3D une clinique dystopique qui métamorphose le corps et le visage de personnages déjà gonflés et dont l’esthétique rappelle la gomme à mâcher. Repoussant à souhait. Papillioplastie a reçu la Mention spéciale du jury œcuménique à l’Oberhausen International Short Film Festival 2018 et fait partie de la sélection officielle du Vancouver International Film Festival de 2018. 

Dans la catégorie des films de réalité virtuelle, la bédéiste et animatrice Paloma Dawkins proposera une aventure à saveur locale. Le Musée de la symétrie est une expérience d’une vingtaine de minutes — mais qu’on peut quitter à tout moment — qui prend la forme d’un jeu. Dans un univers coloré, le joueur-spectateur traverse des paysages de terre, de feu, de vent, vole dans les nuages et nage dans l’océan, rencontrant au passage des personnages en deux dimensions.

L’univers de l’Ottavienne a été inspiré par ses nombreux pèlerinages au Musée canadien de la nature lorsqu’elle était enfant. Déçue par le résultat des rénovations récentes — l’endroit avait perdu de son âme, croyait-elle —, elle a imaginé son propre musée. Pour sa part, la scène du jardin nocturne tire son influence du parc Strathcona, dans le quartier de la Côte-de-Sable.

Il sera possible de s’immerger dans le Musée de la symétrie du 27 au 30 septembre à la Cour des arts.

Pas l’ONF, mais...

Hors compétition, 41 films seront projetés dans les trois Panorama, qui proposent un aperçu des talents internationaux, étudiants et canadiens. Dans cette dernière catégorie, l’Ottavienne Pixie Cram projettera Emergency Broadcast — un film qui ne porte pas le sceau de l’ONF, contrairement à ceux de Barlow-Krelina et Dawkins. Le stop motion illustre les débuts d’une guerre nucléaire par des photos prises dans le Diefenbunker, à Carp.

Les films de l’OIAF seront projetés du 26 au 30 septembre à différents endroits, dont le cinéma Bytowne, la Court des arts et le Musée des beaux-arts.

***

Pour y aller

Quoi: Festival international d’animation d’Ottawa (plusieurs lieux)

Quand: Du 26 au 30 septembre

Renseignements: animationfestival.ca