Quand les lutins tombent malades, victimes de surmenage, l’énergique Wanda (Audrey Tautou) force Santa (Alain Chabat) à quitter son royaume pour aller chercher un remède à Paris dans Noël & Cie.

Noël & Cie: véritable cadeau ***1/2

CRITIQUE / Depuis plusieurs années, le cynisme règne au département des films des Fêtes. Noël & Cie se distingue d’abord parce qu’Alain Chabat a voulu en faire un conte contemporain et intemporel, ensuite une comédie fantaisiste qui s’avère un pur ravissement sans pour autant délaisser le regard critique sur le consumérisme qui entoure la période. Ce film est un véritable cadeau.

Il faut être un vrai Scrooge pour ne pas se laisser charmer par la magie que sème Chabat tout au long des péripéties de Santa Claus. Le réalisateur se glisse dans la peau du légendaire père Noël avec aisance. Il en fait un candide débonnaire et pantouflard, habitué de laisser les autres travailler pour lui…

Quand ses 92 000 lutins tombent malades, victimes de surmenage à trois jours de Noël, c’est la catastrophe. La croquante Wanda (Audrey Tautou), sa mère Noël indépendante et énergique, mène son homme par le bout du nez. Elle le force à quitter son royaume enchanté. Santa emprunte son traîneau conduit par les rennes à destination de Paris afin de trouver un remède. Seul problème: il vient habituellement sur Terre quand tout le monde dort… 

Évidemment, tout est propice aux quiproquos avec ce vieillard à l’âme d’enfant mal à l’aise avec les gens. Au point d’aboutir en prison! Il sera pris en pitié par Thomas (Pio Marmaï), un avocat de l’aide juridique, et sa femme Amélie (Golshifteh Farahani), parents surmenés de deux enfants surexcités. Le couple ne sait trop quoi faire de ce doux dingue qui parle à ses rennes!

Le réalisateur d’Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002) a campé le décor pour des aventures abracadabrantes, et même une magnifique séquence cauchemardesque (ça se peut) qui démontre ce qui arriverait si Santa baissait les bras. Ce film est un antidote au pessimisme ambiant.

Chabat n’en fait pas pour autant un conte de fées. Son Santa est dépassé par la société de consommation et la commercialisation à outrance de son image. Il faut voir cette scène savoureuse où Thomas tente de lui expliquer le concept de l’argent… Le film gagne d’ailleurs beaucoup de la présence de Pio Marmaï (Retour en Bourgogne) et de Golshifteh Farahani (Paterson), deux talentueux acteurs plus habitués au drame qu’à la comédie.

Miracles d’effets spéciaux

Le plaisir de Noël & Cie réside bien sûr dans ses répliques bien tournées, un brin naïves («j’ai un ours bipolaire»), mais surtout dans un humour physique et visuel éclatant. À ce chapitre, le département des effets spéciaux a fait des miracles avec les images de synthèse, notamment pour l’effervescent atelier des lutins et les vols de traîneau dans la Ville lumière.

Cette course contre la montre est bien servie par une réalisation rythmée et alerte, sans véritable temps mort, avec une trame sonore de classiques et de morceaux pop bien choisis. Chabat fait appel à notre âme d’enfant sans pour autant proposer un film niais et kitsch. Ce qui n’a rien d’évident pour un tel projet casse-cou. Il s’en sort avec les honneurs.

Pour un tel film, mon meilleur barème demeure mes trois lutins (10 à 14 ans), qui commencent à en avoir vu d’autres. Ils ont été ravis par la fantaisie de Noël & Cie. Il y en a même une qui m’a demandé si on allait pouvoir le revoir. Un signe qui ne trompe pas.

AU GÉNÉRIQUE

  • Cote: ***1/2
  • Titre: Noël & Cie
  • Genre: comédie fantaisiste
  • Réalisateur: Alain Chabat
  • Acteurs: Alain Chabat, Pio Marmaï, Golshifteh Farahani
  • Classement: général
  • Durée: 1h35
  • On aime: la fantaisie. L’humour physique et visuel. La réalisation rythmée
  • On n’aime pas: