Guillaume Canet s'investit corps et âme dans «Mon garçon».

Mon garçon: Mon nom est vengeance ** 1/2

CRITIQUE / Il y a une raison si «Mon garçon» prend l’affiche au Québec un an et demi après sa sortie en France, malgré la présence de Guillaume Canet et de Mélanie Laurent dans les rôles principaux. Après un début chargé de tension, de non-dits et de promesses, le suspense de Christian Carion perd son élan et s’enlise dans le fossé de la route de montagne qu’il tente de gravir.

L’idée de départ était pourtant de bon augure. Tourner en continuité, presque en temps réel, en laissant son acteur dans le noir sur le récit pour filmer ses réactions, et ses répliques, en réaction aux évènements.

Qui prennent racine dans un message que Julien (Canet) découvre sur son répondeur. Son ex-femme Marie (Laurent), en larmes, lui révèle la disparition de leur fils de sept ans lors d’une classe verte. De petits retours en arrière, par l’entremise de films maison, nous font voir le bonheur familial, mais aussi ses failles...

Elle est convaincue que Mathis a fugué parce qu’elle est enceinte de son nouveau conjoint (Olivier De Benoist), lui que ce dernier est impliqué dans la disparition. Julien pète les plombs et tente de lui régler son compte… L’enlèvement a rouvert de vieilles blessures.

Les choses se gâchent lorsque, en passant du drame psychologique au suspense, Julien décide de jouer au justicier solitaire et de retrouver, coûte que coûte, son fils. Le scénario, parsemé de scènes de violence gratuite, se révèle par trop invraisemblable et plein de gros trous pour être crédible.

En tournant ce film de revanche à la Taken, Christian Carion (Joyeux Noël) a opté pour une réalisation sèche, en caméra portée, et dépourvue de tout artifice.

C’est esthétiquement accompli. Le cinéaste exploite avec beaucoup de bonheur l’aspect menaçant de la zone montagneuse où se déroule l’action. Il ne réussit toutefois pas à créer l’effet de distance recherché, versant plutôt dans une complaisance de mauvais aloi. Sauf si on aime le sans foi ni loi simpliste. On est loin du Prisonniers de Denis Villeneuve.

De même, l’idée de ne donner que de très vagues indications à Guillaume Canet (Le grand bain) du déroulement de l’action se révèle une arme à deux tranchants. La spontanéité, l’intensité et le naturel sont parfois gâchés par le surjeu de l’acteur. L’effet de surprise ne fonctionnant qu’une fois, impossible de le recréer…

Mon garçon repose entièrement sur les épaules de Canet, qui se donne corps et âme. Mais ça ne suffit pas à sortir le long métrage de ses ornières.

Au générique

Cote : ** 1/2

Titre : Mon garçon

Genre : Suspense

Réalisateur : Christian Carion

Acteurs : Guillaume Canet, Mélanie Laurent, Olivier De Benoist

Classement : 13 ans +

Durée : 1h24

On aime : la magnifique photographie. L’intensité de Canet.

Guillaume Canet s'investit corps et âme dans Mon garçon. 
 MK2-Mile End

On n’aime pas : le scénario tiré par les cheveux. La violence gratuite.