Jacob Whiteduck-Lavoie se révèle dans son rôle d’adolescent troublé dans le film Une Colonie.

Le tremplin de Jacob Whiteduck-Lavoie

Un jeune originaire de Kitigan Zibi, Jacob Whiteduck-Lavoie, brille dans Une Colonie, très touchant portrait de l’adolescence que le Festival du film de l’Outaouais (FFO) diffuse samedi (21 h, Cinéma d’Aylmer) et dimanche (19 h, Cinéma 9).

Sa participation à Une colonie relève franchement du « miracle », confesse-t-il. « Avant ce film, je n’avais aucune idée que j’allais faire ça [du cinéma]. Ma mère m’a envoyé aux auditions après avoir vu passer un message sur Facebook. Ça ne me tentait pas vraiment d’y aller, mais elle a insisté... et je l’ai écoutée. »

Il a charmé la réalisatrice Geneviève Dulude-De Celles, qui signe là son tout premier long métrage de fiction.

« Avant Une Colonie, j’étais indécis. J’étais en secondaire 3, je ne savais pas où me diriger » pour mettre à profit ses passions, « la musique, la photographie les ordinateurs et électronique ».

Aujourd’hui, son discours a changé. « J’aime vraiment ça, le cinéma. Je compte étudier là dedans ».

Depuis le tournage, à l’été 2017, Jacob Whiteduck-Lavoie a multiplié les premiers pas devant la caméra. On a pu apercevoir le jeune comédien au détour de District 31, où il a tenu « un tout petit rôle », le temps d’un épisode. Il a aussi décroché des rôles dans deux courts métrages et dans La Panne, une série Web chapeautée par Télé Québec, et qui connaîtra une deuxième saison. Pas de projet en vue, mais « l’envie est là ».

Dans Une Colonie, il campe Jimmy, un rôle de soutien : « c’est un jeune très réservé, avec peu d’amis, qui est dans sa bulle, un peu », juge le comédien de 15 ans — qui se perçoit, comme son personnage, « indépendant de nature ».

Puis Jimmy découvre Milya, sa voisine, pas très bien dans sa peau non plus. La fillette devient son amie, et « il l’amène sur un chemin plus positif de l’adolescence ».

Ce « très beau film » dresse un portrait très juste de la vie au secondaire. Très respectueux de l’adolescence, de ses émois, de ses paradoxes... et de son langage, retranscrit de façon « la plus réaliste possible » par la réalisatrice. « Elle était très précise », n’hésitant jamais à vérifier auprès des jeunes comédiens si leurs répliques étaient ‘crédibles’.

Le film est porteur d’un message positif d’affirmation de soi et de ses différences. « Je trouve ça important, d’être ‘hors du commun’ et d’essayer de ‘sortir des lignes’ comme dit Jimmy. Je me retrouve » dans son discours.

« Geneviève a aussi vraiment fait un beau travail [autour de] la reconnaissance des Amérindiens » et « la perception » que les jeunes Canadiens en ont — à cause « de ce qu’ils apprennent dans les livres d’histoire », où l’« on voit peu l’opinion des Amérindiens », juge le garçon d’origine algonquine, qui réside aujourd’hui à Valleyfield.