Samedi soir, une soirée cinéma sous les étoiles permettra au public de voir La passion d’Augustine de Léa Pool. Long-métrage qui a remporté six prix au Gala du cinéma québécois en 2016.

Le travail des réalisatrices à l’honneur à Fort-Coulonge

De plus en plus de réalisatrices de films sortent de l’ombre. Mais leur représentation dans les événements majeurs est loin d’égaler celle des hommes. Afin d’encourager et de souligner le travail des artistes féminines, le premier Festival international du cinéma des femmes de Fort-Coulonge propose quatre jours de cinéma exclusivement féminin.

Qu’on se le dise, ce festival, dont l’objectif est de donner, le temps d’un événement, toute la place à la parole des femmes, ne se veut pas féministe. « Lorsque nous avons programmé un film, notre seul critère – au-delà du fait qu’il soit bon – c’était que la personne qui l’a réalisé se considère comme une femme », assure Suzanne Vallières-Nollet, fondatrice du Festival international du cinéma des femmes de Fort-Coulonge qui se tient du jeudi 9 au dimanche 12 août.

L’idée est née lorsque l’organisme Phare Ouest, qui a mis sur pied, il y a trois ans, des soirées cinéma à Fort-Coulonge, a constaté qu’il ne programmait pas suffisamment de réalisatrices. Plutôt que rectifier le tir en proposant davantage de films réalisés par des femmes, Phare Ouest a vu plus grand. « On s’est dit que ça apporterait plus de visibilité aux réalisatrices et à la situation de déséquilibre, si l’on organisait un événement avec des invitées », explique Mme Vallières-Nollet.

Pendant près d’un an et demi, le comité s’est donc affairé à organiser ce festival. « En plus d’être en lien avec différentes plateformes comme l’ONF, on a lancé un appel aux réalisatrices afin qu’elles soumettent des films, indique-t-elle. On a fait des recherches pour essayer d’avoir une programmation équilibrée tout en proposant différentes thématiques. »

Au cours des quatre jours de projections gratuites, le public pourra donc découvrir six courts-métrages et sept longs-métrages de réalisatrices de renom et d’autres moins connues. « Ce ne sont pas toujours des films très mainstream et ils n’ont pas été à l’affiche dans beaucoup de salles au Québec », précise Suzanne Vallières-Nollet.

Outre la soirée d’ouverture qui aura lieu jeudi à 19h en présence des réalisatrices des trois films projetés, Laurence Olivier (L’hiver le plus doux), Émilie Baillargeon (La maison de Yara) et Jeannine Gagné (Yolanda), d’autres projections permettront au public de rencontrer et de discuter avec les femmes derrière ces films.

Dimanche, l’occasion sera ainsi donnée de rencontrer la célèbre réalisatrice Alanis O’Bomsawin, invitée d’honneur du festival, qui présentera son documentaire Le chemin de la guérison.

Le film de Chloe Zhao, Cowboy qui s’est mérité le prix Art Cinema du meilleur film lors de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2017, et qui a été très peu présenté au Québec, figure également sur la programmation.

Le Festival international du cinéma des femmes propose également un stage de trois jours à cinq jeunes de la région avec la vidéaste Mélanie O’Bomsawin afin de les initier à l’art vidéo.

Bien conscient que le festival n’en est qu’à ses balbutiements, le comité organisateur se permet un petit clin d’œil au côté glamour du septième art en organisant, jeudi, son propre festival de cannes... « un canning party pour mettre en conserve tomates et autres légumes locaux ». « Ça donne le ton de notre festival qui se veut convivial et à taille humaine, lance Suzanne Vallières-Nollet. […] C’est une première année, on est en rodage, mais si c’est une réussite, on remettra ça sur les rails l’année prochaine pour que ça devienne un rendez-vous », assure-t-elle.

POUR Y ALLER

Quand ? Du jeudi 9 août au dimanche 12 août (projections à 15h et à 19h)

Où ? Centre Pontiac d’éducation aux adultes (183, rue Principale, à Fort-Coulonge)

Renseignements : Page Facebook (Festival international du Cinéma des Femmes de Fort-Coulonge) ; culturephareouest@gmail.com ; lepointdevente.ca (pour réserver)