Jean-Michel Anctil (à gauche) campe l’entraîneur de l’équipe Les Barbares de La Malbaie où évolue le personnage de Philippe-Audrey-Larrue-St-Jacques. À droite, le jeune Justin Leyrolles Bouchard.

Larrue-St-Jacques: faire le poids

Pour son premier rôle au grand écran, Philippe-Audrey-Larrue-St-Jacques (appelons-le PALS pour faire moins compliqué) n’a pas hésité à prendre du poids pour incarner un hockeyeur «sur une dérape». Une vingtaine de kilos au total. Il s’est en plus laisser pousser la barbe et la crinière. Une transformation physique qui l’a aidé à s’approcher au plus près de l’état d’esprit de son personnage.

Contrairement à ce qu’on peut croire, l’humoriste de l’émission Like-moi n’a pas trouvé facile de faire grimper la balance jusqu’à 240 livres. «À ma grande surprise, engraisser n’a pas été une partie de plaisir. Je pensais que j’allais me camper devant Netflix et manger des Doritos. Mais vu que j’incarne un joueur de hockey qui a été très sportif, je voulais prendre du coffre et de la masse, alors ç’a été un gros travail de gym.»

Joaquin Phoenix, qui a perdu une cinquantaine de livres pour se glisser dans la peau du Joker, lui a servi d’inspiration. «Lorsque tu as atteint la physionomie que tu veux, étrangement, il arrive comme une prise de possession instantanée du personnage. J’étais pas bien dans mon corps ni dans ma tête. Je n’aimais pas le gars que je voyais dans le miroir. J’étais serré dans mon linge. Le regard des autres sur toi change aussi. Ce sont des sensations que je ne connaissais pas. Quelque part, ça teinte ton interprétation.»

Lui et son jeune compagnon de jeu Justin Leyrolles-Bouchard, 16 ans, ont particulièrement apprécié de voir l’action du film se dérouler ailleurs qu’à Montréal. De La Malbaie à Thunder Bay (où se déroule un championnant canadien), en passant par Val-d’Or (où l’anti-héros a joué son hockey junior), les régions se déploient dans des décors à mille lieues des cartes postales. «On ne voit jamais Montréal, sauf à un viaduc près. C’est un film de régions avec des gars de régions. De la neige grise dans une forêt grise, peu importe où t’as grandi, tu sais c’est quoi... », glisse PALS.

Un film réaliste

«C’est un film réaliste qui ne ment pas. C’est ça que je trouve beau», enchaîne le jeune Leyrolles-Bouchard, une véritable révélation. Son personnage d’adolescent timoré et maladroit, un passionné de statistiques qui aspire à devenir agent de joueurs, habite le film d’un bout à l’autre.

Découvert au grand écran dans Pieds nus dans l’aube, de Francis Leclerc, le jeune homme aimerait bien poursuivre une carrière devant la caméra, sinon en réalisation ou en production. «C’est sûr que je vais prendre toutes les options qui vont s’offrir à moi. Pour l’instant, je veux avoir du fun. Je sais que c’est un luxe énorme de dire ça, mais pour moi, c’est un loisir (faire du cinéma).»

En attendant, un examen de sciences l’attendait le lendemain de l’entrevue. Et il n’avait pas encore eu le temps d’étudier...