Tom (Liam Neeson) accompagne Joan (Lesley Manville) dans ses traitements pour éradiquer son cancer du sein... Ce qui ne va pas sans mal.

L’amour tout simplement: À deux, c’est mieux ***

CRITIQUE / L’amour de Joan et Tom est un long fleuve tranquille. Jusqu’à ce qu’elle découvre une bosse sur son sein gauche en prenant sa douche… L’amour tout simplement (Ordinary Love) brode sur le thème usé du couple uni qui passe à travers une épreuve dramatique sans rien y apporter de transcendant. Mais les performances des deux acteurs extraordinaires que sont Lesley Manville et Liam Neeson valent le détour.

Le long métrage débute le lendemain de Noël et se conclut au même moment, un an plus tard. Entre les deux, le duo aura eu à composer avec le diagnostic de cancer de Joan.

L’action s’y déroule chronologiquement, filmée sans trop d’originalité. Alors que Joan est convaincue que la maladie ronge son corps, Tom se réfugie d’abord dans le déni.

Les examens — où Manville réussit à convoyer par son seul regard la peur terrassante qui s’insinue — confirment sa conviction. La nouvelle bouleverse le quotidien anodin de leur existence de retraités, tout de même marquée par une tragédie. Debbie, la fille unique du couple, est décédée dans des circonstances dont nous ne saurons rien.

Ils ont donc l’expérience de la résilience. Et il leur en faut beaucoup pour passer à travers la douleur des traitements. Les moments de découragement, les disputes, les réconciliations, tout se déroule comme on est en droit de s’y attendre.

Seule la rencontre fortuite avec Peter (David Wilmot), qui a enseigné à Debbie lorsqu’elle était au primaire, va réussir à sortir le scénario du dramaturge Owen McCafferty du chemin balisé qu’emprunte L’amour tout simplement. Le récit, avec ses dialogues, s’apparente d’ailleurs beaucoup plus à du théâtre qu’au cinéma...

D’autant que le film Lisa Barros D’Sa et Glenn Leyburn (Good Vibrations) n’atteint pas la grâce et la profonde résonance émotionnelle d’Amour de Michael Haneke ou 45 ans d’Andrew Haigh, dans un registre semblable.

Vrai que L’amour tout simplement aurait facilement pu tomber dans le mélodrame, mais les réalisateurs ont su éviter de forcer les émotions. On note aussi l’utilisation judicieuse des ellipses pour condenser cette année qui éprouve l’affection profonde de Joan et Tom.

C’est, au fond, bien plus de cet amour dont il est question que de la maladie, même si le déroulement du film est ponctué par les examens, les rencontres avec la docteure, les effets dévastateurs de la chimio…

L’amour tout simplement évoque les discussions banales, les petites obsessions, mais aussi la complicité évidente d’un homme et une femme qui ont longtemps partagé la même vie. Certains moments d’intimité sont d’une justesse remarquable.

Sans Manville (Another Year, Le fil caché) et Neeson (La liste de Schindler, Michael Collins), le long métrage ne réussirait d’ailleurs pas à susciter un véritable intérêt. Mais c’est le propre des acteurs de première classe de nous captiver.

On retiendra aussi l’approche documentaire à propos du cancer, qui démystifie la maladie, sans pour autant nous épargner la triste réalité...

Au générique

Cote : ***

Titre : L’amour tout simplement

Genre : Drame

Réalisateurs : Lisa Barros D’Sa, Glenn Leyburn

Acteurs : Lesley Manville, Liam Neeson

Classement : Général

Durée : 1h27

On aime : la complicité des acteurs. L’approche documentaire de la maladie.

On n’aime pas : le récit convenu.