Jumanji : bienvenue dans la jungle propose un agréable divertissement grand public qui explore en douce les notions de solidarité et de respect mutuel.

Jumanji: bienvenue dans la jungle: au goût du jour ***

CRITIQUE / Jumanji (Joe Johnston, 1995) se terminait avec la boîte du jeu échouée sur une plage. Et c’est exactement là que reprend la suite, Jumanji: bienvenue dans la jungle (Welcome to the Jungle). Il y a de multiples clins d’œil affectueux un film original qui mettait en vedette le regretté clown triste Robin Williams, sans tomber dans la nostalgie. Jake Kasdan a plutôt remis la comédie fantaisiste au goût du jour, livrant un amusant divertissement sans prétention, mais terriblement convenu et prévisible.

Il est périlleux de changer radicalement une recette qui fonctionne bien. Suffit alors de modifier un peu les ingrédients et de revamper l’image pour vendre le produit. Changement d’époque oblige, le jeu de table devient donc un jeu vidéo. Dont la partie est lancée en 1996 par Alex Vreeke (Nick Jonas).

Vingt ans plus tard, quatre élèves en retenue vont découvrir la console dans un local poussiéreux de leur école secondaire. Il y a le nerd Spencer, le sportif Fridge, l’égocentrique obsédé par les réseaux sociaux Bethany et la timide intello Martha — les stéréotypes habituels. Ils sont aspirés par la console et se retrouvent dans la jungle dans la peau de leur avatar.

Là où ça devient intéressant, c’est que leurs doubles, interprétés respectivement par Dwayne Johnson, Kevin Hart, Karen Gillan et Jack Black, sont des antithèses. La nymphette Bethany devient un cinquantenaire bedonnant! Le quatuor conserve leur personnalité dans la peau de l’autre, ce qui génère des contrastes humoristiques intéressants. Notamment le musculeux Johnson qui est… peureux!

Chacun a trois vies à ce jeu. Leur mission: replacer une pierre précieuse dans l’œil d’une sculpture montagneuse qui maintient l’harmonie dans la jungle. Tout en déjouant celui qui l’a dérobée et qui contrôle les animaux de Jumanji: serpents, jaguars, éléphants, hippopotames, rhinocéros… 

Évidemment, l’endroit est rempli de périls mortels, qui empruntent autant aux jeux vidéo qu’aux Indiana Jones. Ce qui n’est guère surprenant: le réalisateur Jake Kasdan est le fils de Lawrence, scénariste des Aventuriers de l’arche perdue (Spielberg, 1981). Comme son illustre père cinéaste (Les copains d’abord, Voyageur malgré lui, Grand Canyon…), fiston connaît les ficelles d’un bon film populaire, notamment dans les courses-poursuites.

Kasdan s’est notamment fait la main avec les comédies Sale prof (2011) et Film osé (2014). Sa réalisation sans véritable temps mort, et misant abondamment sur les plans aériens et les plans de réaction, entraîne le spectateur dans l’action sans qu’il ait à se poser de questions.

Ce dernier a, de toute façon, compris dès le départ comment ce jeu sous forme de rite initiatique va se terminer. Et que les personnages en ressortiront transformés. Même les amourettes sont télégraphiées. 

Le plaisir est ailleurs. Dont dans la reprise reggae de Baby I Love Your Way (Peter Frampton), qui sert aux danses de combat de Ruby Roundhouse, l’avatar de Bethany. Karen Gillan (Nebula dans Les gardiens de la galaxie) est épatante dans ce rôle. L’actrice écossaise démontre un solide talent comique face à un trio d’acteurs expérimentés.

À vrai dire, on n’en attendait pas tant de Bienvenue dans la jungle. Tous les voyants de la catastrophe appréhendée étaient allumés. On a plutôt le droit à un sympathique divertissement grand public qui explore en douce les notions de solidarité, de genres, d’amitié, de différence et de respect mutuel. 

AU GÉNÉRIQUE

  • Cote: ***
  • Titre: Jumanji: bienvenue dans la jungle
  • Genre: comédie fantaisiste
  • Réalisateur: Jake Kasdan
  • Acteurs: Dwayne Johnson, Karen Gillan, Kevin Hart
  • Classement: général
  • Durée: 1h59
  • On aime: le divertissement assumé. Le plaisir des interprètes. La réalisation solide
  • On n’aime pas: le récit convenu et prévisible. Des longueurs. Les amourettes