Dans la peau de Judy Garland, Renée Zellweger offre une performance magistrale qui la mènera certainement jusqu’à la cérémonie des Oscars.

Judy: des larmes sous l’arc-en-ciel ***

CRITIQUE / Icône de l’âge d’or hollywoodien, Judy Garland a connu la consécration instantanée en 1939 en incarnant, à l’âge de 17 ans, le rôle de Dorothy dans «Le magicien d’Oz». Son interprétation de la chanson thème du film, «Over the Rainbow», demeure un grand moment de l’histoire du cinéma. Mais au-delà de la florissante carrière qui devait suivre, l’actrice a vécu une série de déboires personnels et familiaux sur lesquels s’attarde le drame biographique «Judy».

À l’heure où le septième art ressuscite avec succès les vies mouvementées d’artistes comme Freddie Mercury (Bohemian Rhapsody) et Elton John (Rocketman), celle de Judy Garland n’est pas en reste. Divorcée à cinq reprises, dépressive, atteinte de désordre alimentaire depuis sa jeunesse, insomniaque, accroc à la bouteille et aux médicaments, le parcours de la célèbre actrice ne s’est pas déroulé aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Le film de Rupert Goold s’attarde au dernier chapitre de sa vie, six mois avant son décès prématuré en 1969, alors que Garland (Renée Zellweger) accepte de donner une série de représentations à Londres afin de se refaire financièrement et ainsi pouvoir retrouver la garde de ses deux enfants (dont la jeune Liza Minelli).

La tâche ne sera pas facile pour sa garde rapprochée, soucieuse de maintenir la vedette à flots et lui donner un semblant d’équilibre. À quelques reprises, c’est complètement ivre qu’elle se produira devant une assistance qu’elle ira jusqu’à insulter. La rencontre avec son dernier mari, Mickey Deans (Finn Wittrock), dont la présence n’apporte pas grand-chose au récit, contribuera à lui apporter quelques fugaces rayons de soleil.

Cette vie marquée au fer rouge ne trouve pas devant la caméra de Goold la force d’évocation qui fait les grands films. La faute en incombe à une réalisation trop sage et un scénario sans surprise qui distillent les moments d’émotion au compte-gouttes. Entre son mouvementé séjour londonien et des retours en arrière sur son adolescence sacrifiée, à l’époque du Magicien d’Oz — qui donne lieu à de belles scènes sur le plateau de tournage avec le patron du studio MGM, Louis B. Mayer —, le film se contente de remplir le cahier de charges de la biographie classique.

Reste, et c’est là tout l’intérêt de Judy, la magistrale performance de Renée Zellweger dans ce qui constitue sans doute le rôle de sa carrière. La célèbre Bridget Jones, méconnaissable, épouse le personnage à la perfection. Son regard fatigué et fuyant, sa démarche voûtée, sa gestuelle, l’ensemble de son jeu est d’une remarquable authenticité.

De surcroît, Zellweger démontre un talent de chanteuse hors-pair. Elle est émouvante à souhait dans l’interprétation de By Myself et, bien entendu, en point d’orgue, d’Over the Rainbow, la chanson que tout le monde attend et qui hante le film d’un bout à l’autre.

L’actrice peut commencer à magasiner sa robe pour la soirée des Oscars.

Renée Zellweger est méconnaissable dans le rôle de la célèbre actrice et chanteuse Judy Gardland.

AU GÉNÉRIQUE

Cote : ***

Titre : Judy

Genre : drame biographique

Réalisateur : Rupert Goold

Acteurs : Renée Zellweger, Finn Wittrock, Jessie Buckley, Michael Gambon

Classement : général

Durée : 1h58

On aime: la jeu exceptionnel de Renée Zellweger. La touchante finale. Les retours en arrière sur le plateau du Magicien d’Oz.

On n’aime pas : la réalisation trop sage. Le scénario sans grande surprise. La relation fade avec son dernier mari.