Ian Gailer tourne la page après presque six années à la tête du FCVQ.
 Ian Gailer tourne la page après presque six années à la tête du FCVQ.

Ian Gailer quitte le FCVQ

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
Départ surprise à la tête du Festival de cinéma de la ville de Québec : Ian Gailer tourne la page après presque six années. Le directeur général estime laisser la maison en ordre après avoir contribué de façon majeure à l’essor du FCVQ depuis son arrivée. «Dans ma tête, un DG ne peut pas rester indéfiniment», a-t-il expliqué en entrevue téléphonique au Soleil.

Depuis 2015, «je me suis attardé à construire quelque chose». En effet. Sous sa gouverne, le festival a pris une envolée spectaculaire, réussissant à combler les cinéphiles autant qu’à proposer une programmation grand public et des activités originales au cœur de la capitale. «Ça va me manquer», soupire-t-il.

«Ça, c'est toute une perte... sa grande culture, son entregent exceptionnel, sa gentillesse, tout un ambassadeur pour la belle ville de Québec et son Festival de film de plus en plus important», a témoigné Louis Dussault, le président du distributeur K-Films Amérique.

Mais la décision est mûrement réfléchie. Parce que, croit-il, le FCVQ peut continuer à croitre sous une autre direction — «c’est le moment plus que jamais d’être audacieux» —, mais aussi parce qu’il veut passer plus de temps avec ses deux jeunes enfants. «Je n’ai pratiquement pas pris de vacances depuis mon arrivée. Je vais finir mon congé de paternité jusqu’en janvier et on verra», lance celui qui se décrit maintenant comme un «agent libre» ouvert à toutes les opportunités. 

Même si «ma blonde et moi, on va tout faire pour rester à Québec!» Originaire de Montréal, Ian Gailer s’est fait une nom à la direction générale de Regard, au Saguenay, de 2007 à 2015. Il avait quitté le réputé festival du court métrage pour Québec.

Sous son règne, la FCVQ s’est toujours fait un honneur de promouvoir notre cinéma et de programmer un long métrage québécois en ouverture. C’est toutefois le tapis rouge de Kuessipan de Myriam Verreault et la première de Vivre à 100 milles à l’heure de Louis Bélanger au Diamant, en 2019 dans les deux cas, qui auront marqué Ian Gailer.

En six éditions, dont une innovante en temps de pandémie, le FCVQ en ligne, Ian Gailer a contribué à presque tripler le taux de fréquentation et haussé les revenus de façon conséquente (près de 20%). L’ex-DG a aussi mis en place un volet professionnel (bourses, ateliers de formation pour la relève, etc.) qui a contribué au rayonnement du festival de cinéma.

«Par son dynamisme, sa vision et sa détermination, il a eu un impact majeur sur le développement du FCVQ, devenu un événement original, novateur et aujourd’hui reconnu comme un leader dans le domaine», a témoigné par communiqué Philippe Poulin, le président du conseil d’administration.

Rappelons qu’Olivier Bilodeau, le directeur de la programmation du FCVQ depuis les tout débuts, est parti en janvier dernier. Laura Rohard, au sein du festival depuis 2014, lui a toutefois succédé.