Le président et fondateur du FFO, Didier Farré est accompagné de Daniel Lafortune, responsable du volet scolaire, Rose-Marie Perreault, comédienne et présidente d’honneur du festival, et la réalisatrice Annie Coutu, responsable du volet « ateliers ».

Honneur aux Dames au Festival du film de l’Outaouais

Le Festival du film de l’Outaouais (FFO) se clôturera sur les images de L’empereur de Paris, portant sur la vie de Vidocq, un célèbre bandit français de la période napoléonienne, qui fut tour à tour bagnard, stool et détective privé. Ce film qui réunit le comédien Vincent Cassel et la réalisateur Jean-François Richet (deux complices du film Mesrine) sera projeté vendredi 29 mars, à 19 h, au Cinéma 9.

La semaine qui précédera cette projection réjouira les cinéphiles de la région, avec une programmation de quelque 70 films (provenant d’une vingtaine de pays) et la présence annoncée de plusieurs vedettes.

Parmi elles : les cinéaste Ricardo Trogi (1991) et Rémi Bezançon (Le mystère Henri Pick, présenté en grande première nord-américaine lors du gala d’ouverture du FFO, le 22 mars à 19 h), la productrice Nicole Robert et l’agente d’artistes Nathalie Duchesne (qui animeront des ateliers sur leur métier), sans oublier les comédiennes Ingrid Falaise et Rose-Marie-Perreault, présidente d’honneur de cette 21e édition du FFO. Les deux femmes assisteront à la projection du premier épisode de la série radio-canadienne Le Monstre, tirée de la biographie éponyme de Mme Falaise.

Dévoilée mardi par le président et fondateur du FFO Didier Farré, la programmation révèle cette année des charmes très féminins, a noté M. Farré, qui dénombre plus de 20 films réalisés par des femmes, ce qui représente un pourcentage nettement plus élevé que d’habitude.

Parmi ces films de femmes, arrivent en tête de liste Capharnaüm (de Nadine Labaki), qui a raflé trois prix au prestigieux festival de Cannes, et Emma Peeters (de la Belge Nicole Palo, avec la Québécoise Monia Chokri) qui a soulevé l’enthousiasme des festivalier de la Mostra de Venise.

Mentionnons également The Bookshop d’Isabel Coixet ; Un beau soleil intérieur, de Claire Denis (dans lequel brille Juliette Binoche) ; Le rire de ma mère (de Colombe Savignac et Pascal Ralité), mettant en vedette la Québécoise Suzanne Clément ; Limonade, de Ioana Uricaru ; Les filles du soleil d’Ève Husson ; Modifié, un documentaire signé par l’Acadienne Aube Giroux.

Sans oublier les production québécoises que sont Impetus de Jennifer Alleyn (avec Pacale Bussières et Emmanuel Schwartz) et Les salopes (ou le sucre naturel de la peau) de Renée Beaulieu.

Primeurs

Les festivaliers sont bien sûr friands de primeurs. Le FFO n’a pas lésiné sur les nouveautés, en faisant miroiter

les derniers bébés de François Ozon (Grâce à Dieu, sur la pédophile au sein de l’Église) et de Kim Nguyen (Le projet Hummibgbird, avec Jesse Eisenberg et Salma Hayek), ainsi que Diamantino, qui raflé le grand prix de la critique à Cannes. Là non plus, les réalisatrices ne cèdent pas leur place. On pourra ainsi découvrir : The Grizzlies de Miranda de Penicier, qui se situe au Nunavut, sur fond de maches de crosse ; Mon bébé de Lisa Azuelos, avec Sandrine Kimberlain dans le rôle principal, sans oublier Enfants reporters de guerre, de Khadija Al-Salami (Yéménite primée au FFO en 2016, pour son bouleversant Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée.

Parlant de compétition, les cinq films en lice au Prix du jury, cette année, sont Tout ce qui reste de ma révolution de Judith Davis ; Rock the Casbah de Laïla Marrakchi ; Sauver ou périr, de Frédéric Tellier, un drame portant sur les brigades de pompiers parisiens (le FFO réserve d’ailleurs une projection spéciale de ce film aux pompiers de l’Outaouais) ; Amanda de Mickhaël Hers et Le mystère Henri Pick. Cinq inédits... dont deux signés par des femmes.

L’autre jury — celui du Prix de la critique — devra faire son choix entre le drame Les chatouilles, la bio L’incroyable histoire du facteur cheval (tous deux présentés en première nord-américaine), le film historique Mademoiselle de Joncquières, et deux films « féminins » : Pupille (de Jeanne Herry) et Sofia (de la Marocaine Meryem Benm’Barek).

Un jury jeunesse, qui permettra d’offrir un troisième prix Totem, a également été constitué,

Sélection internationale

La sélection internationale compte de nombreux films chaudement applaudis en festivals, comme le japonais Une affaire de famille (palme d’or cannoise de 2018), le chinois Ciao Ciao, ou le Belge Troisièmes Noces (avec Rachel Mwanza).

Si le cinéma français est particulièrement bien représenté (plus de 20 longs métrages, dont la comédie En liberté, en lice pour 9 trophées César), le cinéma marocain prend du galon. Un partenariat avec l’Ambassade du Royaume du Maroc au Canada permettra de découvrir — Outre Sofia et Rock the Casbah — le film que le Maroc a envoyé aux Oscars : Burn-Out.

L’Outaouais brille

Non content de lustrer le cinéma du Québec, la programmation fait aussi une belle place au cinéma de l’Outaouais. On projettera notamment Une Colonie, mettant en vedette Jacob Whiteduck-Lavoie, un adolescent issu de la communauté de Kitigan-Zibi. La semaine dernière, Une Colonie était présenté au festival du film de Berlin ; la réalisatrice Geneviève Dulude-De Celles en est repartie avec l’Ours de cristal (attribué au meilleur film destiné à la jeunesse).

Le public pourra découvrir — en primeur ; sa sortie est prévue en avril — Mad Dog Labine, presque entièrement tourné dans le Pontiac et Les sept dernières paroles, assemblage de sept courts métrages signés par sept cinéastes canadiens, dont Caroline Monnet — qui a filmé sa séquence dans le Pontiac.

Les festivaliers pourront aussi apprécier la comédie romantique Noël en boîte, premier long-métrage de Jocelyn Forgues, (« un type formidable [qui] a travaillé dessus pendant 11 ans », a souligné Dider Farré), coproduit par deux sociétés d’Ottawa (SandBay Entertainment et Distinct Features).

Les amateurs de documentaires voudront sans doute donner une chance à Avec un sourire la révolution, dans lequel le réalisateur aux origines franco-ontariennes Alexandre Chartrand, parti en Espagne, se penche sur les conséquences du référendum sur l’indépendance de la Catalogne.

ICI Radio-Canada donnera une visibilité accrue à son touchant documentaire Faire la paix avec la guerre, braquant sa caméra sur cinq ex-soldats canadiens, dont plusieurs Gatinois : 25 ans après leur mission en Bosnie-Herzégovine, ces cinq frères d’armes repartent sur les lieux des combats, confronter les démons qui les habitent encore.

« Une institution »

Cette forte saveur locale a sans doute incité le maire de Gatineau, Maxime Pednaud-Jobin, à quitter quelques minutes la réunion du comité exécutif à laquelle il participait pour venir témoigner en personne de son soutien au FFO, un festival qui non seulement « permet de voyager partout dans le monde », mais qui n’oublie pas de « mettre en valeur les créateurs de chez nous ».

Le maire s’est aussi réjoui de ce que le festival, qu’il considère comme « une véritable institution », soigne aussi « la relève » à travers de nombreux ateliers et rencontres entre des professionnels de l’industrie et les artisans émergents, voire les cinéastes en herbe, encore à l’école.

Programmation complète et horaire détaillé : offestival.com