Woody et Bo vont faire la rencontre de Duck, un cascadeur à moto canadien hilarant.

Histoire de jouets 4: Pour la dernière fois... ***

CRITIQUE / «Pourquoi un quatrième Histoire de jouets? me demandait une collègue. La boucle était bouclée avec le troisième.» Absolument. Mais c’est payant au box-office et en produits dérivés. Nous sommes ici dans une logique de revenus et non pas de création, même si le long métrage s’avère drôle, un brin tordu et magnifiquement animé. On reprend la recette, bien arrosée à la sauce nostalgique... avec une représentation masculine très discutable.

Neuf ans après le (supposé) dernier chapitre et 24 ans après le premier, Histoire de jouets 4 (Toy Story 4) vise d’abord ceux qui ont grandi avec la franchise, et qui ont de jeunes enfants. Mercredi soir, la salle en était pleine…

Woody, Buzz, Jessie et les autres jouets vivent maintenant chez Bonnie. Signe des temps, la petite confie l’étoile de shérif à Jessie, oubliant Woody dans le placard, qui ressasse ses souvenirs d’Andy (son «enfant» des premiers films).

À son entrée à la maternelle, Bonnie bricole Fourchette, une «cuichette» en plastique (fine allusion à la fluidité des genres). Tout baigne jusqu’à ce que son nouveau jouet préféré, en pleine crise existentielle — il se sent «déchet», prenne la fuite.

Woody, parti à sa recherche, aboutit dans un parc d’amusement où il retrouve sa bergère adorée Bo. Fourchette est, pendant ce temps, retenue prisonnière par l’inquiétante poupée Gabby Gabby et ses quatre pantins ventriloques… Une mission de sauvetage s’impose!

Fourchette, le nouveau jouet préféré de Bonnie, va entraîner Woody dans de nouvelles aventures.

C’est à partir de ce moment que la question de la représentation devient douteuse. Bo se révèle fière, indépendante, réfléchie, énergique et avec un sens des responsabilités développé.

À l’inverse, Woody, malgré sa grandeur d’âme et sa loyauté indéfectible, est dépeint comme un nono mou et borné qui agit sans penser. Quant à Buzz, qui tente de retrouver son ami, il écoute sa «voix intérieure» — en réalité des commandements préenregistrés à qui il obéit sans discernement.

C’est encore pire avec Duke, un Evel Knievel canadien qui les aide dans leur quête. Le cascadeur à moto est un peureux totalement idiot. Bon, le personnage, qui casse son français avec un accent anglais, est vraiment hilarant. Mais c’est pas parce qu’on rit que c’est drôle…

Il reste un chemin énorme à parcourir en termes d’égalité au cinéma, tant en avant qu’en arrière de la caméra. Que Disney donne une image positive au sexe féminin — même les actions de Gabby Gabby finissent par révéler un cœur d’or —, on en est. Mais sa représentation masculine auprès de jeunes enfants peut induire des biais nocifs et stéréotypés.

Bien sûr, la réalisation de Josh Cooley et son équipe d’animation est une source d’émerveillement. Le récit, et ses thèmes d’amitié, d’entraide, de sacrifice, de moralité, répondent aux attentes sans déprécier la qualité des trois premiers longs métrages. Les scènes d’action valent, voire surpassent, celles de bien des films de gros bras. On s’amuse.

Mais avec un peu de recul, l’ensemble, mielleux et obéissant aux codes cinématographiques racoleurs habituels en vigueur à Hollywood, révèle aussi ses failles malgré ses grandes qualités.

N’allez surtout pas vous inquiéter. Tout est bien qui finit bien...

Au générique

Cote : ***

Titre : Histoire de jouets 4

Genre : Animation

Réalisateur : Josh Cooley

Classement : Général

Durée : 1h30

On aime : la qualité de l’animation. Les scènes d’action. La représentation féminine.

On n’aime pas : la représentation masculine. La recette hollywoodienne. Le ton mielleux.