La chaîne britannique de cinémas Cineworld a annoncé lundi la fermeture temporaire de l’ensemble de ses salles au Royaume-Uni et aux États-Unis en raison du report de nouvelles sorties, dont le dernier James Bond, du fait de la pandémie.
La chaîne britannique de cinémas Cineworld a annoncé lundi la fermeture temporaire de l’ensemble de ses salles au Royaume-Uni et aux États-Unis en raison du report de nouvelles sorties, dont le dernier James Bond, du fait de la pandémie.

«Film d’horreur de la COVID»: Cineworld ferme au Royaume-Uni et aux États-Unis

Jean-Baptiste Oubrier
Agence France-Presse
LONDRES — La chaîne britannique de cinémas Cineworld a annoncé lundi la fermeture temporaire de l’ensemble de ses salles au Royaume-Uni et aux États-Unis en raison du report de nouvelles sorties, dont le dernier James Bond, du fait de la pandémie.

Cineworld précise que la suspension des activités débutera jeudi et concernera 536 cinémas américains Regal et 127 britanniques (sous les enseignes Cineworld et Picturehouse), affectant au total 45 000 salariés.

Le groupe souligne que, les salles restant fermées dans de nombreuses villes aux États-Unis, en particulier à New York, et en l’absence de visibilité les studios préfèrent repousser les sorties prévues.

C’est notamment le cas du très attendu nouveau volet de James Bond, Mourir peut attendre (No Time To Die), dont l’arrivée sur les écrans vient d’être reportée au 2 avril 2021.

Au départ prévue le 31 mars à Londres, la sortie avait déjà été repoussée une première fois au 12 novembre pour le Royaume-Uni et au 25 novembre pour les États-Unis.

D’autres superproductions ont déjà été retardées comme les films de superhéros Black Widow et Wonder Woman 1984.

Cineworld «communiquera sur toute reprise des activités dans ces marchés en temps voulu» et quand les studios se décideront à reprendre les sorties, précise Mooky Greidinger, directeur général de la société, numéro deux mondial du secteur.

«Pas viable» sans vaccin 

Selon la presse britannique, Cineworld a même écrit ce week-end au premier ministre britannique Boris Johnson et au ministre de la culture Oliver Dowden afin de les prévenir que le secteur n’était «pas viable», surtout en l’absence de vaccin.

Le parti d’opposition travailliste a lui critiqué le gouvernement pour ne pas apporter davantage de soutien à l’industrie du cinéma.

«Bien que le retard du dernier 007 ait forcé la décision, Bond n’est pas le méchant de l’histoire. La propagation de la COVID-19 est un film d’horreur pour le secteur dont la dernière vague de contaminations confirme un scénario dévastateur pour les chaînes de cinéma», souligne Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Elle souligne que c’est une décision particulièrement difficile pour les 5500 salariés du groupe au Royaume-Uni, qui ne pourront même pas bénéficier du nouveau programme d’aide à l’emploi du gouvernement britannique, qui ne concerne que les travailleurs à temps partiel.

«Cineworld a été soutenu tout au long de l’année par le système de chômage partiel, à travers d’autres mesures de soutien aux entreprises», a rappelé sur Sky News la ministre du travail Therese Coffey.

«Nous ne pouvons pas prendre chaque décision économique pour les entreprises, c’est à elles de faire leurs choix», a-t-elle complété.

De son côté, Tim Richard, directeur général de la chaîne Vue, l’un des concurrents britanniques de Cineworld, assure que l’industrie va traverser ces tempêtes.

«Nous étions un secteur très solide jusque-là. Nous devons juste affronter les trois ou quatre prochains mois sans films», a-t-il déclaré sur la radio BBC 4.

Cette fermeture des salles est un nouveau coup dur pour Cineworld dont la santé financière était déjà chancelante, frappée par des mois de confinement puis une lente reprise de son activité.

Le groupe rappelle d’ailleurs qu’il réfléchit aux différents moyens de renforcer ses finances, ce qui pourrait passer par une augmentation de capital afin d’assurer sa survie.

Les investisseurs ne s’y trompaient pas et le titre de Cineworld s’effondrait de 30,81% à la Bourse de Londres.

«Time to die» («L’heure de mourir») ? s’interroge Neil Wilson, analyste chez Markets.com en référence au dernier James Bond.

«Je crains que les habitudes des consommateurs aient changé pour toujours ce qui signifie que le marché sera réduit [...] Les services de webdiffusion, comme Netflix et ses budgets hollywoodiens, ont porté un coup fatal au secteur et la COVID n’a fait qu’éloigner un peu plus les spectateurs», selon lui.