Quelque 300 signataires ont fait parvenir au premier ministre du Québec, François Legault, une lettre intitulée <em>Les salles de cinéma ne doivent pas servir de bouc émissaire</em>.
Quelque 300 signataires ont fait parvenir au premier ministre du Québec, François Legault, une lettre intitulée <em>Les salles de cinéma ne doivent pas servir de bouc émissaire</em>.

Fermeture des cinémas: le milieu demande au gouvernement de s’expliquer

La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Le milieu du cinéma au Québec demande au gouvernement d’expliquer sa décision de fermer les salles en «zones rouges» et87 d’appuyer sur des données probantes cette décision «consternante».

Dans une lettre ouverte au gouvernement de François Legault et au directeur général de la santé publique, Horacio Arruda — signée par près de 300 propriétaires de salles, distributeurs et artisans du cinéma québécois —, le milieu plaide que les salles de cinéma «ne sont associées à aucune éclosion de COVID-19 depuis leur réouverture», début juillet.

«Pourquoi sévir contre des citoyens corporatifs exemplaires qui ne contribuent pas à la propagation du virus?, demandent les signataires de la lettre. Quel message le gouvernement envoie-t-il en sévissant contre un secteur qui a su s’adapter rapidement et mettre en place des mesures efficaces, respectueuses et sécuritaires? (...) Les intervenants du secteur culturel ne doivent pas servir de bouc émissaire du gouvernement quand il cherche à envoyer un message à la population.»

Le gouvernement québécois a annoncé lundi que la grande région de Montréal, certaines villes de la Capitale-Nationale et la région de Chaudière-Appalaches passaient en «zone rouge», ce qui se traduit notamment par la fermeture des cinémas et des salles de spectacles à compter du 1er octobre, pour 28 jours.

Compte tenu de l’impact de cette décision, le milieu du cinéma «exhorte» le gouvernement «à rassurer la population sur la sécurité des salles de cinéma et sur le fait que leur fermeture n’a rien à voir avec un risque qu’elles représentent». On déplore ainsi que «le message envoyé à la population est que d’aller au cinéma est risqué, ce qui sera une perception très difficile à renverser le jour où les salles ouvriront à nouveau dans 28 jours, en espérant, bien sûr, que ce sera le cas».

Le monde du cinéma demande aussi au gouvernement de «compenser très rapidement les salles de cinéma, les distributeurs et leurs partenaires pour les pertes encourues à la suite de cette décision».

«Au cours des derniers mois, les salles de cinéma se sont débrouillées pratiquement sans aide du gouvernement et ont dû assumer des coûts énormes, écrit-on. Les quatre mois de fermeture et les deux mois d’activité réduite au minimum les ont grandement fragilisées. Plusieurs salles peinaient à survivre dans l’attente d’une reprise plus soutenue.

«Lorsque des salles devront fermer définitivement leurs portes, ce qui risque d’arriver à la suite de ces nouvelles mesures, ce sera une tragédie pour tout l’écosystème cinématographique québécois, lit-on dans la lettre. La plus grande perdante sera la population, qui se verra privée de ces lieux de diffusion importants.»