Dans Jalouse, Anne Dorval se glisse dans la peau de Sophie, mère de famille parisienne et meilleure amie de Nathalie (Karine Viard).

Anne Dorval face à la jalousie de Karine Viard

La comédienne Anne Dorval continue d’explorer le cinéma français, en s’essayant cette fois-ci à la comédie dramatique avec Jalouse de David et Stéphane Foenkinos.

Six ans après La Délicatesse, les frères Foenkinos s’attaquent à la crise de la cinquantaine chez les femmes, mais aussi au sujet tabou de la jalousie mère-fille. « Ce qui est intéressant dans la fiction, c’est de pouvoir se projeter dans des problématiques qu’on n’oserait pas aborder dans la vie, explique à l’autre bout du fil Stéphane Foenkinos. Et, on s’est rendu compte que ça nous permettait d’avoir un angle potentiellement comique et dramatique. Il fallait qu’on puisse en parler comme ça. »

Et à aucun moment le film ne verse dans le larmoyant ou le grotesque. « Je trouvais ça audacieux qu’ils s’attaquent à un sujet comme celui-là. Mais ils ont réussi à en faire un «feel good movie», estime Anne Dorval.

Ce deuxième long métrage des frères Foenkinos suit l’histoire de Nathalie Pêcheux (Karine Viard), professeur de français à Paris, divorcée, en proie à la crise de la cinquantaine.

Du jour au lendemain, elle se transforme en jalouse maladive, au point de s’en prendre à ses proches, et même à sa propre fille de 18 ans. Anne Dorval quant à elle endosse le rôle de Sophie, mère de famille parisienne et meilleure amie de Nathalie.

En écrivant le personnage de Nathalie, David et Stéphane Foenkinos avait en tête Karine Viard. «Son éclectisme nous plaît, et on savait qu’elle avait la palette de jeu nécessaire. Et, elle est tellement populaire, les gens l’adorent. Alors on s’est dit qu’ils accepteront qu’elle aille loin», souligne Stéphane Foenkinos.

Pour le rôle de la meilleure amie, les deux frères «rêvaient de travailler avec Anne Dorval». «Mais on n’osait pas. On se disait qu’elle n’accepterait peut-être pas parce que c’est un second rôle, confie le coréalisateur. Mais pour nous les seconds rôles sont essentiels.»

Et bien que ce soit un personnage secondaire, Anne Dorval a tenu à accepter la proposition de David et Stéphane Foenkinos. «Ce n’est pas pour le rôle que j’ai accepté, j’avais surtout envie de travailler avec eux, confie-t-elle. Quand on s’est rencontrés, on a tout de suite eu une complicité.»

Son personnage Sophie n’apparaît que dans quelques scènes, pourtant elle joue un rôle clé.

«Anne [Dorval] a humanisé Sophie d’une telle manière qu’elle a aussi projeté ce qu’on voulait aborder avec ce film, c’est à dire jusqu’où va l’amitié», précise Stéphane Foenkinos.

En effet, malgré la méchanceté de Nathalie que Sophie encaisse, elle ne tombe pas dans la servilité. «Ce n’est pas un rôle qui est un grand défi d’actrice, mais je n’avais pas envie d’en faire un personnage de faire valoir. J’aimais qu’elle ait du caractère et qu’elle soit capable de dire les choses, justifie la comédienne. C’est une histoire d’amitié qui dure depuis longtemps et je trouvais ça beau d’exploiter la compréhension de cette amie qui est tout d’un coup si différente, si en colère, si malsaine, si amère, mais qu’on arrive à aimer quand même.»

En acceptant de jouer la meilleure amie de Nathalie, Anne Dorval a également fait la rencontre de Karine Viard.

Et le courant est tout de suite passé entre les deux actrices. «On a le même sens de l’humour, on s’est amusées, et ç’a cliqué tout de suite», raconte Anne Dorval. Une chimie qui s’est fait ressentir sur le plateau de tournage.

«On avait l’impression qu’elles étaient copines depuis 20 ans, lance Stéphane Foenkinos. C’était inouï, on devenait spectateurs de notre propre film.»

Quant à l’accent de la Parisienne qu’Anne Dorval a pris pour interpréter Sophie, il est à s’y méprendre. «Ça devient un rôle de composition de jouer avec la langue. Ça n’a pas été un défi particulier. Au Québec, on est habitué de jouer avec les accents», rappelle-t-elle.

«Elle voulait composer un personnage, ça l’amusait de jouer la Parisienne», confirme Stéphane Foenkinos.

Anne Dorval n’a pas chômé cette année, enchaînant les tournages. Cet hiver, elle a tourné pendant un mois et demi au Vietnam pour le prochain film de Jean-Philippe Duval.

Tournage qui s’est d’ailleurs achevé la semaine dernière dans le Bas Saint-Laurent. Et cette semaine, elle tournait dans le premier long métrage de Monia Chokri. «Ça se poursuit dans les deux registres, je suis contente de pouvoir jouer des comédies et des drames», lance-t-elle. On devrait également retrouver Anne Dorval dans Matt & Max, le prochain film de Xavier Dolan, dont le tournage doit s’amorcer cet automne.

Le film sera projeté vendredi 23 mars et dimanche 25 mars dans le cadre du Festival du film de l’Outaouais.