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Cinéma

Le box-office à l'heure d'Halloween

LOS ANGELES — La sorcière «Maléfique» a dépossédé ce weekend le sinistre «Joker» de la première place d'un box-office nord-américain déjà passé à l'heure d'Halloween, selon les chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Maléfique: Maîtresse du Mal a récolté pour sa sortie 36 millions de dollars de vendredi à dimanche dans les salles obscures des États-Unis et du Canada.

Cinéma

«L’intervention»: tirer à blanc **

CRITIQUE / Au nombre de longs métrages produits en France chaque année, et dont plusieurs de grandes qualités ne trouvent jamais leur chemin jusque dans nos salles, on peut être surpris que «L’intervention» prenne l’affiche. Ce film d’action caricatural et simplet ne doit sa présence ici, imagine-t-on, qu’au fait que son réalisateur Fred Grivois a grandi au Québec.

La prémisse était pourtant prometteuse. Grivois (La résistance de l’air) s’est inspiré d’un fait vécu, que lui a raconté un des protagonistes.

En 1976, à Djibouti, la dernière colonie française, un autobus scolaire de 21 enfants âgés de six à douze ans est pris en otage par un commando. Les quatre militants indépendantistes s’enlisent avec le véhicule dans un no man’s land à la frontière somalienne, ce qui empêche une intervention armée.

Paris va donc y déployer une hétéroclite unité spécialisée menée par André Gerval (Alban Lenoir). Commence alors un jeu de chat et de souris pendant que les tireurs d’élite attendent des ordres qui ne viennent pas. 

Il fait chaud, la tension monte… Encore plus quand la professeure Jane Andersen (Olga Kurylenko) décide de rejoindre ses protégés paniqués dans l’autobus. Au grand dam de Gerval et de son équipe. «On est là pour sauver des hommes, pas jouer aux héros», leur rappelle-t-il.

Exaspérés alors que des Somaliens s’unissent aux terroristes dans l’autobus et d’autres se massent à la frontière, ils vont se lancer dans une opération de sauvetage téméraire en désobéissant à leurs supérieurs… 

Ici, le long métrage prend de grandes libertés avec la prise d’otages de Loyada, dont le bilan ne fut pas aussi glorieux. Pas de suspense sur l’issue du récit — ça s’appelle L’intervention après tout. Grivois réussit néanmoins à maintenir une bonne tension, notamment en multipliant le point de vue des tireurs.

L’action se déroulant dans le milieu des années 70, le réalisateur a voulu recréer l’esthétique de l’époque (les écrans séparés, les cadrages...) et en empruntant à l’atmosphère des westerns de sang et de sueur. Les gars de l’équipe d’intervention sont d’ailleurs dépeints comme des cow-boys — les personnages sont très typés.

Cet hommage appuyé verse toutefois involontairement dans le pastiche, avant de basculer complètement dans une violence gratuite et de mauvais aloi en finale. Le jeu de massacre avec force hémoglobine et musique à l’avenant s’avère un racolage de mauvais goût.

Les dialogues sont pauvres, parfois même ridicules et machos (sans deuxième degré). Les acteurs sont plutôt laissés à eux-mêmes. Dans de telles circonstances, la crème remonte. Alban Lenoir y est à peu près crédible, mais la réelle performance à souligner est celle d’Olga Kurylenko. 

L’ex-James Bond Girl, qu’on a pu voir dans le film français de Daniel Roby, Dans la brume (2018), est tout à fait crédible dans le rôle de cette institutrice qui n’a pas froid aux yeux et qui place le bien-être des enfants au-dessus de tout. 

Ça ne sauve pas L’intervention pour autant.

AU GÉNÉRIQUE

Cote: **

Titre: «L’intervention»

Genre: Action

Réalisateur: Fred Grivois

Acteurs: Alban Lenoir, Olga Kurylenko, Sébastien Lalanne, Vincent Perez

Classement: 13 ans et +

Durée: 1h28

On aime: c’est court. La solide performance d’Olga Kurylenko.

On n’aime pas: l’aspect caricatural. Les personnages typés. La violence gratuite de la finale.

Cinéma

Tenues d'Elizabeth Taylor aux enchères, souvenirs de glamour

NEW YORK — Une série de tenues et objets ayant appartenu à l'actrice Elizabeth Taylor ont été présentés à New York cette semaine avant une vente aux enchères en décembre, un aperçu de l'univers glamour de cette figure de l'âge d'or de Hollywood.

Contrairement à la vente colossale qui avait atteint 156 millions $ en 2011 chez Christie's à New York, celle organisée par la maison Julien's ne comporte quasiment pas de bijoux, la grande passion de «Liz».

Il s'agit plutôt de souvenirs, tenues portées lors de tournages, d'émissions ou d'événements mondains, à des prix beaucoup plus abordables.

«Je pense que les gens vont être surpris de pouvoir se permettre d'acquérir des objets de la fantastique Elizabeth Taylor», décédée en 2011 à 79 ans, a expliqué à l'AFP Martin Nolan, directeur exécutif de Julien's Auctions.

Des écharpes ou des accessoires vestimentaires sont, par exemple, estimés entre 200 et 400 $ et la plupart des lots évalués à moins de 10 000 $.

Une robe cape portée lors de la cérémonie qui vit la reine britannique Elizabeth II remettre une récompense au mari d'Elizabeth Taylor, l'acteur britannique Richard Burton, est notamment estimée entre 6000 et 8000 $.

Exposée sur le navire de croisière Queen Mary 2, la collection va traverser l'Atlantique, puis être exposée au Museum of Style Icons, dans la banlieue de Dublin, en Irlande, avant d'être proposée à la vente du 6 au 8 décembre, à Beverly Hills (Californie) et en ligne.

La totalité du produit de la vente ira à la fondation ETAF créée par l'actrice pour lutter contre le sida.

Plusieurs objets et tenues rappellent le style très visible de la comédienne deux fois oscarisée, qui n'hésitait pas à oser les couleurs, les imprimés et les accessoires volumineux.

Témoin cette veste en cuir Versace style motard, portée lors d'une émission de télévision et estimée entre 4000 et 6000 $.

Ambassadeur de sa fondation, son petit-fils Quinn Tivey espère que son acquéreur «la portera», pour faire vivre l'héritage d'Elizabeth Taylor, dont la vie privée aura autant passionné le monde que sa carrière cinématographique.

La star aura notamment été mariée huit fois, dont deux fois au même homme, Richard Burton.

Pour son petit-fils, la fascination qu'exerce toujours la comédienne de Qui a peur de Virginia Woolf?, La chatte sur un toit brûlant ou Cléopâtre, huit ans après sa mort, s'explique parce qu'elle «était fidèle à elle-même». «Elle a toujours eu le courage de faire ce qu'elle pensait juste.»

Cinéma

Coppola travaille sur «Megalopolis», son projet de film «le plus ambitieux»

LYON — Francis Ford Coppola a indiqué samedi qu’il travaillait sur un projet pharaonique qu’il a en tête depuis plusieurs décennies: Megalopolis, un film « sur l’utopie », qu’il définit comme « plus ambitieux qu’Apocalypse Now ».

«J’ai travaillé sur Megalopolis il y a vingt ans. J’ai vraiment essayé, je voulais faire un film sur l’utopie, sur ce qu’est vraiment le paradis sur terre», a expliqué le géant du cinéma américain lors d’une conférence de presse à Lyon, où il a reçu le prix Lumière pour l’ensemble de sa carrière.

«J’ai un scénario, et je pense qu’il se rapproche de ce que je veux, que je m’approche pour la première fois du but», a ajouté le réalisateur de 80 ans, qui avait abandonné ce projet suite aux attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, avant de le reprendre.

«Je dirais que c’est mon film le plus ambitieux, même plus ambitieux qu’Apocalypse Now», film culte sur la guerre du Vietnam, Palme d’or à Cannes en 1979.

 Je pense que ça coûterait plus cher qu’Apocalypse Now », dont le budget s’était élevé à l’époque à 30 millions de dollars, a-t-il ajouté.  

«C’est le problème», a-t-il reconnu, parce que c’est un film «à l’échelle des Marvel» en termes de production. «Je dois trouver comment y arriver ».

Il a encore précisé que ce film, dans lequel un architecte essaie de bâtir une vision utopique de New York, détruite par un cataclysme, racontait l’histoire «d’un homme qui a une vision du futur» et parlait du « conflit » entre cette vision et les « traditions du passé », et contenait aussi « une histoire d’amour».  

«J’ai toujours voulu faire une grande histoire d’amour, et je ne l’ai jamais faite. Mais j’aimerais la faire avant de partir», a-t-il dit.

Interrogé sur les propos de Martin Scorsese, qui a déclaré que les films de superhéros comme ceux des studios Marvel n’étaient «pas du cinéma», Francis Ford Coppola a estimé que Scorsese avait «raison».

«On s’attend à ce que le cinéma nous apporte quelque chose, un éclaircissement, une connaissance, une inspiration», a-t-il poursuivi. « Je ne pense pas que qui que ce soit retire quelque chose du fait de voir toujours le même film».

«Martin a été gentil quand il a dit que ce n’était pas du cinéma. Il n’a pas dit que c’était méprisable, c’est ce que je dis».

Cinéma

Le Brexit « distrait » des vrais problèmes dit Ken Loach

LYON — Pour Ken Loach, le Brexit n’est qu’«une distraction » face aux dérives de l’ultralibéralisme. Toujours aussi engagé, le cinéaste militant anglais, invité du Festival Lumière à Lyon, estime que la «nécessité de se battr » n’a «jamais été aussi forte ».

« Je pense que le monde est très dangereux aujourd’hui », entre « effondrement du système économique » et « montée de l’extrême droite », a lancé le réalisateur de 83 ans lors d’une rencontre avec le public jeudi, à quelques jours de la sortie en France de son film Sorry We Missed You, implacable constat sur l’ubérisation de la société.

« Je pense que nous devons combattre cela de toutes les façons possibles, politiquement, en s’organisant, en comprenant les causes de ce qui ne va pas », alors que cette « économie libérale de marché entraîne des baisses de salaires, des fermetures d’entreprises, du chômage, de l’insécurité et l’augmentation de la pauvreté dans de nombreux endroits », a-t-il expliqué.

« Nous devrions nous trouver renforcés par notre nombre. Nous sommes beaucoup et ils sont peu », a-t-il martelé, estimant qu’il « y a de l’espoir ».

« L’espoir c’est quand les gens se battent », a-t-il dit lors de cette classe de maître, où il dialoguait avec le directeur de l’Institut Lumière Thierry Frémaux et la députée de la France insoumise Clémentine Autain.

Pour cet inlassable combattant, face à cette lutte à mener, « le Brexit est une distraction », car « les gros problèmes que nous connaissons alors que nous sommes dans l’Union européenne, ils seront toujours là quand nous la quitterons ». « Et si Boris Johnson est premier ministre, les problèmes seront encore plus importants ».

« Histoire nécessaire »

L’Union européenne a donné son feu vert jeudi à un accord sur le Brexit négocié juste avant un sommet européen, mais le premier ministre Boris Johnson va devoir batailler pour le faire accepter par son Parlement.

Jeremy Corbyn, le chef du Parti travailliste, principale formation d’opposition au Royaume-Uni, a appelé les députés britanniques à le « rejeter ».

Alors que des élections législatives anticipées devraient avoir lieu dans les semaines ou mois à venir au Royaume-Uni, Ken Loach a estimé que le Parti travailliste « répond (ait) à ce dont les gens ont besoin ».

« Ils ont besoin d’un système de santé, ils ont besoin d’emplois sûrs, ils ont besoin de savoir qu’ils peuvent planifier une vie digne », a-t-il dit.

Dans Sorry We Missed You, film coup de poing en compétition au dernier Festival de Cannes, Ken Loach raconte l’histoire d’un couple, Ricky et Abby, parents de deux enfants, qui travaillent dur sans parvenir à se désendetter.

Lassé d’enchaîner les jobs mal payés, Ricky achète une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte, tout en étant embauché par une agence, un travail qui va le mettre encore un peu plus en difficulté.

L’idée du film est venue à Ken Loach et son scénariste Paul Laverty alors qu’ils visitaient des banques alimentaires (qui fournissent des repas aux plus démunis) pour son précédent film, I, Daniel Blake, Palme d’or à Cannes en 2016.

« Il y avait des gens là-bas qui travaillaient, qui n’étaient pas juste des personnes sans emploi ou qui vivaient dans la rue, mais des travailleurs pauvres », a-t-il raconté. « On s’est rendu compte que les deux tiers des nouveaux emplois de ces dix dernières années étaient des emplois précaires ».

L’histoire de ces emplois, « c’est celle que nous voulions raconter, nous avons senti que c’était nécessaire ».

Pour Ken Loach, éternel défenseur des classes laborieuses, « un film qui est simplement de la propagande n’est pas un bon film ».

Mais, « il y a un lien “ombilical” entre les joies, les tristesses et les difficultés de notre vie privée et la situation économique et sociale dans laquelle on se trouve », a-t-il ajouté. « On ne peut pas couper le cordon ».

Cinéma

Zombieland - Le doublé: mordre à pleines dents ***

CRITIQUE / Dix années se sont écoulées depuis le premier Zombieland — on pourrait difficilement accuser la production d’agir par opportunisme. Même si les zombies sont dans l’air du temps. Le doublé réunit l’équipe originale — acteurs, réalisateurs et scénaristes — pour une suite sans prétention destinée à faire rire et à divertir. C’est plutôt réussi.

Le film s’ouvre avec une mise en situation en voix hors champ, histoire d’inclure ceux qui ont manqué le premier chapitre. Columbus (Jessie Eisenberg) nous explique que Tallahassee (Woody Harrelson), Wichita (Emma Stone), sa sœur Little Rock (Abigail Breslin) ont survécu ensemble en identifiant et en éliminant trois sortes de zombies : les Homer, les Hawking et les Ninjas. 

Las de fuir sans cesse, le quatuor décide de ravir la Maison-Blanche aux créatures, ce qui donne droit à une séquence au super ralenti sur Master of Puppets qui décoiffe un maximum. 

Parti sur les chapeaux de roues, le long métrage s’enlise ensuite, le temps que Little Rock décide de prendre ses distances avec cette famille reconstituée circonstancielle.

Le trio empruntera la route à sa recherche, embarquant au passage Madison (Zoey Deutch), la nunuche blonde de films d’horreur (à peine) caricaturale. La suite coule de source : ils vont rencontrer d’autres survivants (dont la pétillante Nevada, jouée par Rosario Dawson), affronter des zombies mutants (les T-800) et retrouver la fugueuse — dans une communauté de néo-hippies, dont on se moque autant que des rednecks. 

Normal : Rhett Reese et Paul Wernick, les scénaristes de Deadpool, sont de retour à l’écriture de cette suite où se multiplient aussi les références à la culture populaire, des Simpsons à Terminator, en passant par Elvis.

Bien sûr, certaines répliques particulièrement creuses font grincer des dents et les traits d’esprit tombent parfois à plat. Mais les personnages manient le sarcasme avec efficacité. Il y a également quelques temps morts (sans mauvais jeu de mots).

Entre les deux Zombieland, Ruben Fleischer a réalisé Venom et connaît tous les trucs pour satisfaire. Ce qui s’avère la caractéristique principale de ce deuxième essai : le désir de plaire et d’offrir au spectateur ce qu’il demande, notamment en s’adressant directement à lui.

Pas de surprises ni de métaphores politiques (comme The Dead Don’t Die de Jarmusch) ou sociales. La figure du zombie agit, en général, comme révélateur des grandes peurs et craintes de la société occidentale. On est loin du compte.

Comédie oblige, les scènes gore se limitent au minimum prescrit et aux canons du genre. La violence se veut plus caricaturale qu’autre chose.

L’ensemble aurait pu être bien mieux — le film ne laissera pas un souvenir impérissable. Reste qu’il peut s’appuyer sur une solide distribution, qui s’amuse et ça paraît (Harrelson en Elvis vaut amplement le détour).

Parfait pour se mettre la cervelle à off.

Cinéma

André Forcier : «J’ai encore le feu sacré»

André Forcier a beau avoir dépassé le cap des 50 ans de carrière comme cinéaste, il a encore «le feu sacré». Ne comptez pas sur cet indomptable iconoclaste pour ranger sa caméra. À peine «Les fleurs oubliées» prend-t-il l’affiche qu’il écrit déjà son prochain film! Son expérience ne l’empêche pas d’avoir «un petit trac» à la veille de la première de son 13e long métrage, confie-t-il en entrevue téléphonique au Soleil.

Forcier a, en quelque sorte, honoré une promesse à Roy Dupuis avec ce film aussi fantaisiste que d’habitude. Le charismatique acteur a joué dans chacune de ses productions depuis Les États-Unis d’Albert (2005), mais «jamais le personnage principal. Je voulais lui donner un rôle plus consistant.»

Ce sera celui d’un apiculteur qui fabrique un hydromel très prisé et qui travaille à perpétuer la mémoire de Marie-Victorin (interprété par Yves Jacques). L’homme, solitaire et un peu sauvage, a rompu avec un passé qui le tourmente et qui va refaire surface. Forcier l’a nommé Albert Payette en l’honneur d’un agronome «sympathique et un peu anarchiste que j’ai connu».

Ça aurait tout aussi bien pu être Louis Robert, ce lanceur d’alerte qui a récemment dénoncé la lourde ingérence des lobbys agricoles dans l’utilisation des pesticides dans nos champs. Les fleurs oubliées illustre également l’emprise d’une compagnie d’apprentis sorciers sur un agriculteur et ses travailleurs mexicains exploités. «La plupart des agriculteurs traitent bien leurs employés. C’est pourquoi j’ai voulu faire porter l’odieux sur Transgénia — Mosanto pour ne pas la nommer.»

Pas d’opportunisme ici, puisque le scénario, coécrit avec ses deux fils, était complété bien avant. «J’ai été rattrapé par l’actualité. Ça fait plaisir au producteur et au distributeur», lance-t-il mi-figue, mi-raisin.

Même chose pour Marie-Victorin, «dont je connaissais peu de choses». Le célèbre botaniste et auteur de La flore laurentienne apparaît à Albert Payette. Il lui confie sa chaste obsession pour les femmes, en général, et Marcelle Gauvreau, en particulier. L’homme d’Église cherche à tracer un parallèle entre le pistil d’une fleur et le sexe féminin en examinant des prostituées… «Mon idée», lance Forcier.

Or, l’historien Yves Gingras a publié l’an dernier Lettres biologiques, recherches sur la sexualité humaine, basé sur la correspondance entre Marie-Victorin et Marcelle Gauvreau. «C’est venu renforcer notre histoire.» 

«Je ne suis pas infidèle à la réalité», constate tout de même l’irréductible réalisateur. Ainsi, Les fleurs oubliées s’ouvre et se conclut par des séquences tournées dans l’archipel Mingan, pour lequel Marie-Victorin entretenait une véritable passion. Forcier n’y était allé «qu’une seule fois en solitaire, pour me vider la tête». Mais la beauté sauvage du lieu est restée imprégnée. «Les plages de la Côte-Nord sont magnifiques.»

Entre les deux, Les fleurs oubliées joue du contraste entre la réclusion d’Albert Payette, qui vit en solitaire sur un bateau, et l’agitation de Montréal. Sa quiétude sera toutefois bouleversée par l’irruption d’une journaliste militante (Juliette Gosselin) et d’une avocate bourgeoise (Christine Beaulieu).

Entre-temps, l’ex-agriculteur pollinise les toits de la Métropole avec son neveu Jerry (Émile Schneider), un punk. C’est son fils François, un peu plus rangé maintenant, qui l’a convaincu de tourner au squat Fattal, une enclave pour marginaux située dans la partie ouest du quartier Saint-Henri. «Je ne voulais pas faire un documentaire, mais ce n’est pas juste une gang de bums. Ils ont vu le film et m’ont remercié de ne pas les avoir caricaturés.»

Même si Forcier déploie, comme d’habitude, sa vision artistique si particulière, mélange de poésie surréaliste et de réalisme magique, fortement ancrée dans la réalité. «Une esthétique exacerbée», qui fait un bel usage de certains trucages pour illustrer les fleurs issues des graines cosmiques ramenées sur Terre par Marie-Victorin. «Ce ne sont pas des effets spéciaux à la Star Wars», rigole le cinéaste.

«J’ai voulu faire un amusant, didactique mais pas trop. Il y a des jolies histoires d’amour et une belle évolution des personnages. Pour moi, c’est important.»

Entre les premières de son récent film un peu partout au Québec, l’artiste continue à plancher sur son 14e long métrage avec ses deux fils. Une version préliminaire sera déposée d’ici la fin du mois à la SODEC pour obtenir une aide financière au scénario, «mais on n’attendra pas une réponse pour continuer à écrire. Ça se passe dans le Faubourg à m'lasse [à Montréal] en 1957», dit-il avant de revenir au Fleurs oubliées, qui prend l’affiche le 25 octobre.

Cinéma

Le film de la semaine: Apapacho, une caresse de l'âme ***

CRITIQUE / La perte d’un être cher ouvre un trou béant dans la vie. Le combler peut s’avérer une tâche insurmontable. À moins qu’on croie, comme les Mexicains, que les disparus sont comme les étoiles : mêmes mortes, elles brillent encore (dans notre mémoire). Marquise Lepage explore cette prémisse dans le doux «Apapacho, une caresse pour l’âme», film noble, mais qui ploie sous le poids des bons sentiments.

La réalisatrice de Ce qu’il ne faut pas dire (2015) s’est inspirée de son propre deuil et d’un séjour au Mexique pendant le jour des Morts (Día de muertos) pour ce drame psychologique intimiste.

Cinéma

Roy Dupuis : fidèle à ses convictions

André Forcier a offert un rôle taillé sur mesure à Roy Dupuis dans «Les fleurs oubliées», proche de ses convictions écologiques et personnelles. «Il y a un peu de moi là-dedans», convient-il en entrevue téléphonique pendant la pause repas du tournage de la série «Toute la vie».

Albert Payette a la protection de l’environnement à cœur, mais «je ne suis pas aussi enragé», dit le cofondateur de la Fondation rivières en 2002. «J’ai pris du recul un peu. […] Je ne crois pas qu’on est une espèce assez intelligente pour décider de notre devenir. Ça va avec les dernières découvertes en neurologie qui soutiennent que le libre arbitre n’existe pas : la grande majorité de nos décisions sont inconscientes. On suit un mouvement qui est plus grand que nous — l’évolution. Même si c’est difficile à accepter.

Cinéma

Douleur et gloire: Un exercice séduisant pour l'inconditionnel ** 1/2

CRITIQUE / Pedro Almodóvar est un cinéaste inestimable. Au récent Festival de Cannes, nombre de journalistes espéraient que «Douleur et gloire» («Dolor y Gloria») puisse corriger une grande injustice : le réalisateur espagnol n’a jamais obtenu la Palme d’or. Au point où on a exagéré l’importance de cette autofiction complaisante et narcissique sur un réalisateur vieillissant, mais qui a tout de même permis à Antonio Banderas de remporter le prix d’interprétation.

On peut avoir deux réactions en voyant ce drame psychologique. Les aficionados vont s’extasier des nombreuses références à l’œuvre du coloré cinéaste ainsi que des multiples renvois autobiographiques — Banderas y est l’alter ego d’Almodóvar.

Cinéma

Agressions sexuelles: Cuba Gooding Jr. plaide non coupable

NEW YORK — L’acteur américain Cuba Gooding Jr. a plaidé non coupable mardi à New York d’attouchements forcés émanant de deux femmes différentes, tandis que 12 autres disent avoir également subi des attouchements de sa part dans le passé, selon le bureau du procureur de Manhattan.

L’acteur de 51 ans, Oscar du meilleur second rôle en 1997 pour sa performance dans Jerry Maguire, est accusé d’avoir touché les seins d’une femme dans le bar d’un hôtel de Manhattan le 9 juin dernier.

À cette première accusation connue depuis juin s’est rajoutée la semaine dernière une deuxième : l’acteur est désormais également inculpé pour avoir touché les fesses d’une autre femme le 24 octobre 2018, dans une boîte de nuit new-yorkaise.

Si Cuba Gooding Jr. n’est pas formellement inculpé d’autre chose, l’acte d’accusation enregistré mardi mentionne 12 autres femmes, qui affirment avoir subi des attouchements sexuels forcés de l’acteur, parfois accompagnés d’insultes, dans des bars ou des boîtes de nuit de Los Angeles, New York ou Dallas. Ces attouchements présumés auraient eu lieu entre 2001 et 2018.

Aucune de ces 12 femmes n’est identifiée, et le juge devra décider s’il autorise leur témoignage au procès, auquel cas l’accusation pourrait décider de les appeler à la barre.

L’acteur nie ces allégations. Concernant l’accusation de juin dernier, ses avocats affirment depuis le début que des images de caméras de surveillance du bar montrent clairement que leur client n’est pas coupable, mais l’accumulation de témoignages sur d’autres attouchements présumés risque de compliquer sa défense.

Aucune date de procès n’a encore été fixée. La prochaine audience est prévue le 13 décembre.

Cuba Gooding Jr. s’est fait connaître avec le film Boyz’n the Hood (1991). Il a récemment incarné O.J. Simpson dans la mini-série American Crime Story.

Cinéma

Rome fête le cinéma avec Scorsese, Norton et Travolta

ROME — Martin Scorsese, Bill Murray, Edward Norton ou encore John Travolta figurent parmi les invités de la Fête du cinéma de Rome qui s’ouvre ce jeudi et qui, après la Mostra de Venise, s’affirme comme l’autre grand rendez-vous italien du 7e Art.

«Au cours des trois dernières années, deux films qui ont remporté l’Oscar ont été présentés à Rome», s’est félicité Antonio Monda, le directeur de la Fête du cinéma, en présentant l’événement qui ne comporte ni jury, ni compétition.

Tel a été le cas pour Le livre de Green, de Peter Farrelly, et Moonlight, de Barry Jenkins, deux films traitant du racisme et des minorités, respectivement sacrés meilleurs films à Hollywood en 2017 et 2019.

Gangsters, majordomes, détectives privés et même zombies seront les héros de cette 14e édition qui proposera, jusqu’au 27 octobre, une quarantaine de longs métrages en sélection officielle ainsi qu’une quinzaine de rencontres entre le public et des acteurs ou cinéastes prévues à l’Auditorium de Rome.

L’acteur-réalisateur américain Edward Norton donnera le coup d’envoi jeudi avec Motherless Brooklyn, un polar qui marque son retour derrière la caméra et où il incarne un détective privé atteint le syndrome de Tourette, dont le mentor (Bruce Willis) est un ancien mafieux dirigeant une agence de détective.

The Irishman, signé Martin Scorsese, sans doute le film le plus attendu de cette édition, sera présenté lundi en présence du réalisateur italo-américain après une première mondiale fin septembre au New York Festival.

Le film raconte l’un des plus grands mystères non résolus de l’histoire des États-Unis, la disparition du légendaire syndicaliste Jimmy Hoffa, dans un voyage à travers les secrets du crime organisé, ses mécanismes internes, ses rivalités et ses liens avec le monde politique.

Outre les deux légendes du grand écran Robert De Niro et Al Pacino respectivement dans les rôles de Frank Sheeran et Jimmy Hoffa, figurent au générique Joe Pesci et Harvey Keitel.

Les fans de la série télévisée Downton Abbey, drame historique britannique aux 120 millions de téléspectateurs, pourront retrouver, sur grand écran cette fois, la famille Crawley et ses domestiques qui s’apprêtent à accueillir un événement de taille: la visite du roi George V et de son épouse à Downton.

Horreur et musique 

«Le meilleur reste à venir», film français signé Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, avec Fabrice Luchini et Patrick Bruel, sera projeté en avant-première mondiale le 24 octobre.

Les amateurs d’horreur seront servis avec Scary Stories du Norvégien André Ovredal, l’histoire d’un groupe d’adolescents qui découvre dans une maison hantée un livre de contes effrayants. Le film est produit par le Mexicain Guillermo Del Toro, le maître oscarisé du genre.

Le festival offrira un large éventail de films et documentaires destinés aux mélomanes à commencer par Judy, de Rupert Goold, biopic consacré à la chanteuse et actrice américaine Judy Garland à l’heure des derniers concerts qu’elle donna à Londres en 1968, avec Renée Zellweger (Bridget Jones) dans le rôle-titre.

Les spectateurs pourront découvrir des aspects inconnus de la vie du célèbre ténor italien Luciano Pavarotti, mort en 2007, dans un documentaire de l’Américain Ron Howard et les fans de la rockstar Bruce Springsteen le découvriront dans «Westerns Stars», le documentaire que le boss (70 ans) a lui-même réalisé avec Thom Zimny.

Comme chaque année, des rencontres permettront au public de dialoguer avec plusieurs des vedettes présentes dans la ville éternelle parmi lesquelles Martin Scorsese, l’acteur américain Bill Murray (qui recevra un prix pour l’ensemble de sa carrière), l’actrice française Fanny Ardant, son compatriote le réalisateur Olivier Assayas ainsi que les acteurs Edward Norton, Benicio Del Toro et John Travolta.

Ce dernier recevra mardi un prix spécial pour son interprétation dans le film The Fanatic, réalisé par l’Américain Fred Durst, où il campe un admirateur de cinéma obsédé jusqu’à la folie par un acteur hollywoodien.

Cinéma

Le box-office nord-américain fait un grand sourire au «Joker»

LOS ANGELES — Le «Joker» continue de donner la chair de poule dans les salles obscures: le film a décroché, pour la deuxième semaine consécutive, la première place du box-office nord-américain, selon les chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Ce film sur la vie du meilleur ennemi de Batman -campé par un magistral Joaquin Phoenix- a récolté 55 millions de dollars de recettes en trois jours.

Le week-end de sa sortie en Amérique du Nord, le long métrage de Todd Phillips, couronné par la plus haute récompense à la Mostra de Venise, avait réalisé le cinquième meilleur démarrage de l’année 2019 selon le magazine spécialisé Variety.

Malgré les polémiques suscitées aux États-Unis par les thématiques violentes du film des studios Warner, il a encaissé 192,7 millions depuis sa sortie il y a dix jours.

La Famille Addams fait un bon démarrage pour son premier week-end d’exploitation en se hissant à la deuxième place du box-office avec 30,2 millions de dollars.

Le film d’animation sur cette famille étrange et macabre sort à deux semaines des fêtes d’Halloween, avec les voix - en anglais - d’Oscar Isaac et Charlize Theron.

En troisième position pointe L'homme Gémeau et ses 20,5 millions de dollars empochés depuis vendredi. Ce film d’action avec Will Smith a été réalisé par Ang Lee, à qui l’on doit le célèbre «Le Secret de Brokeback Mountain» (2005).

Quatrième, Abominable et son yéti magique Everest est reparti avec 6,2 millions de dollars de recettes ce week-end. Le film d’animation cumule 48 millions depuis sa sortie il y a trois semaines.

Avec 4,9 millions de dollars, Downton Abbey, l’adaptation au cinéma de la série télévisée narrant les péripéties de la famille Crawley et de ses domestiques, est cinquième. Ses recettes, en quatre semaines, montent à 82,7 millions.

Voici le reste du Top 10:

6. Queens: 3,9 millions de dollars (98 millions en cinq semaines)

7. Judy: 3,3 millions de dollars (15 millions en trois semaines)

8. Ça: Chapitre 2: 3,2 millions de dollars (207,1 en six semaines);

9. Jexi: 3,1 millions de dollars pour sa sortie

10. Ad Astra : 1,9 (47 millions en quatre semaines)

Cinéma

La liste des vilains graciés par la rédemption

DARK VADOR

Lorsqu’ Anakin Skywalker a basculé du côté obscur de la Force pour devenir l’âme noire des forces impériales, le cyborg est le Mal incarné. Mais à la fin de la trilogie originale de Star Wars, dans un ultime sursaut de conscience, Dark Vador élimine l’empereur Palpatine et sauve son fils Luke. Un sacrifice paternel qui génère un capital de sympathie dont il est fort dépourvu. Éric Moreault

Cinéma

L'homme gémeau: nouvel emballage, même formule **

CRITIQUE / L’homme gémeau (Gemini Man) promettait beaucoup : effets spéciaux révolutionnaires, thèmes intéressants, de l’action, Ang Lee comme réalisateur et Will Smith, deux fois plutôt qu’une.

Qu’on ait tenté de rendre l’emballage super attrayant relève d’une tactique vieille comme le monde qui consiste à essayer de convaincre le spectateur de prendre des vessies pour des lanternes.

La figure archétypale du gémeau remonte à la nuit des temps. Avec un peu de science-fiction, le long métrage en propose une variation intrigante : une version plus jeune de soi-même — un véritable clone. 

Henry Brogen (Smith), un tueur à gages vieillissant prêt à accrocher son arme, va en faire la brutale découverte lorsque son double, plus jeune d’un quart de siècle, va tenter de l’éliminer...

Cette version rajeunie de Smith (époque Fresh Prince) résulte d’une technique sophistiquée d’images de synthèse (CGI). Ce qui s’avère assez troublant, mais cela s’estompe avec le temps. 

Pour l’accentuer cet effet, Ang Lee a pourtant tourné à 120 images par seconde (au lieu des 24 habituelles), ce qui permet une plus grande netteté de la profondeur de champ et donne l’illusion au spectateur d’être vraiment dans l’action. En théorie. Curieusement, il sape l’effet de réalisme plutôt que l’accentuer…

Ce qui n’aide en rien quand on a affaire à un scénario de drame d’espionnage usé à la corde, mélange de Jason Bourne et de James Bond, et, par le fait même, hautement prévisible : poursuites, cascades, batailles interminables et arts martiaux sont au menu. Sans parler des personnages stéréotypés.

Donc, notre Brogen est hanté par ses actions et rongé par des problèmes de conscience, au point de ne plus supporter de se regarder dans le miroir (une allusion au mythe de Janus). 

L’ex-tueur à gages découvre qu’on l’a piégé lors de sa dernière mission, ce qui pousse son agence à vouloir l’éliminer. Il se lie toutefois avec Danny (Mary Elizabeth Winstead), la jeune espionne chargée de le surveiller. Le nouveau duo va prendre la fuite, non sans avoir semé quelques cadavres sur son passage.

Après avoir confronté son clone, Brogen réalise que son ex-­commandant Clay Varris (Clive Owen) est le «père» de la «créature» — une façon comme une autre de revisiter Frankenstein, mais sans les questionnements existentiels et éthiques de l’œuvre de Mary Shelley.

Le cynique vilain pilote une compagnie paramilitaire dénommée… Gémeau! Ses mercenaires vont évidemment se mêler de la chasse à l’homme.

Il est désolant, compte tenu de la minceur du récit, que la richesse thématique n’ait pas été abordée plus en profondeur. Les trois scénaristes misent sur l’idée, somme toute banale, du que-dirait-on-à-notre-jeune-version pour qu’elle évite de répéter les mêmes erreurs. 

Les dialogues, d’une pauvreté navrante, n’aident en rien Will Smith, néanmoins convaincant. Winstead (10, Cloverfield Lane) s’en tire un peu moins bien, mais rien de catastrophique.

Le plus désolant demeure le fait qu’Ang Lee (Ice Storm, L’histoire de Pi…) se soit tellement préoccupé de l’aspect technique de L’homme gémeau qu’il en ait oublié d’insuffler une âme à son film.

Cinéma

Inconduite sexuelle: Cuba Gooding Jr. fait face à une nouvelle accusation

NEW YORK — L’acteur Cuba Gooding Jr. a appris jeudi qu’il faisait face à une nouvelle accusation non divulguée dans les procédures pour inconduite sexuelle, un élément qui s’ajoute au moment où la sélection du jury devait commencer pour son procès.

Lors d’une audience devant un tribunal à Manhattan, la procureure adjointe Jenna Long a révélé que le nouveau chef était contenu dans un acte d’accusation scellé visant l’acteur vedette de Jerry Maguire, lauréat d’un Oscar. Elle a déclaré à un juge que l’acte d’accusation couvrait des allégations antérieures ainsi qu’un incident qui n’avait pas encore fait l’objet d’une accusation.

Cuba Gooding Jr., âgé de 51 ans, devra être formellement accusé de ce nouveau chef la semaine prochaine pour permettre au procès de commencer. Ses avocats et lui ont quitté le palais de justice sans s’être entretenus avec les journalistes.

L’acteur a été accusé d’avoir posé sa main sur le sein d’une femme de 29 ans et de l’avoir serrée sans son consentement au Magic Hour Rooftop Bar & Lounge, près de Times Square, le 9 juin. Cette femme a déclaré à la police qu’elle croyait que Cuba Gooding Jr. était en état d’ébriété.

Il a été arrêté quatre jours plus tard, après s’être rendu à la police.

Cinéma

Le film de la semaine: «Matthias & Maxime» *** 1/2

CRITIQUE / Xavier Dolan jouait gros avec «Matthias & Maxime» après l’échec relatif de «Ma vie avec John F. Donovan», son film précédent. Mais avec ce huitième long métrage, l’éclatant cinéaste québécois livre un drame intime sur l’identité et l’amitié, tout en retenue (pour lui), superbement réalisé et interprété.

De toute évidence, Xavier Dolan a eu le goût de retrouver ses marques en tournant avec ses amis dans la vie et en reprenant les thèmes qui lui sont familiers. Ce film épuré, malgré ici et là ses petits tics habituels concernant les cris et la musique trop appuyée, charme aussi par ses dialogues incisifs et son humour parfois dévastateur (une de ses principales forces).

Cinéma

Marquise Lepage: Apprivoiser le deuil

L’inspiration surgit parfois à des moments inattendus. Marquise Lepage était en deuil lors d’un séjour dans un festival de cinéma au Mexique. On lui a proposé une visite dans un village pendant que se déroulait la Fête des morts. D’abord craintive, elle a vécu une épiphanie. De cette expérience est né «Apapacho, une caresse pour l’âme».

«Les Mexicains savent mieux que nous apprivoiser le deuil. J’ai été vraiment inspirée», explique-t-elle à propos de son long métrage qui met en scène deux sœurs aux antipodes dont leur frangine adorée vient de mourir. Estelle (Fanny Malette) et Karine (Laurence Lebœuf) décident d’effectuer leur voyage annuel malgré l’absence douloureuse de leur sœur.

Cinéma

Fanny Malette: La grande sœur

Fanny Malette n’a pas eu besoin de chercher bien loin pour se glisser dans la peau d’Estelle, l’aînée de trois sœurs dans «Apapacho, une caresse pour l’âme», le nouveau long métrage de Marquise Lepage. Étant la plus vieille d’une famille de trois, «je connais ce rôle-là»!

La formidable actrice, couronnée trois fois aux Gémeaux et une fois aux Jutra, n’a pas eu à réfléchir longtemps à l’occasion qui s’offrait à elle. «Dès fois, le scénario peut me plaire, le personnage, moins. Il faut le sentir. Et il y avait un contexte : aller passer trois semaines au Mexique loin de mes [trois] enfants, il fallait que j’aime le scénario», explique-t-elle en entrevue lors de son séjour au Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ).

Cinéma

Accusations de viol: Luc Besson sort de son silence

PARIS — Le réalisateur français Luc Besson a démenti les accusations de viol le concernant, portées par une jeune comédienne belgo-néerlandaise, qualifiant l’ensemble de «mensonge», dans un long entretien exclusif diffusé mardi sur la chaîne BFMTV.

C’est la première fois que le plus international des réalisateurs français prend la parole depuis qu’un juge d’instruction parisien a repris les investigations sur les accusations de viols portées par Sand Van Roy, 28 ans, après le classement sans suite de premières plaintes.

Cinéma

Le «Joker» se moque de la concurrence au box-office

LOS ANGELES — Le très attendu «Joker» des studios Warner s’est propulsé en tête du box-office nord-américain ce week-end avec 93,5 millions de dollars de recettes malgré des polémiques sur ses thématiques violentes, selon les chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Le film de Todd Phillips sur les origines de l’ennemi juré de Batman, avec Joaquin Phoenix dans le rôle-titre, a été couronné par la plus haute récompense à la Mostra de Venise.

Il a cependant rapidement suscité une polémique aux États-Unis avant même sa sortie, certains redoutant que le film puisse inciter à la violence, mettant en cause l’empathie dont fait preuve Todd Phillips à l’égard de son héros.

Loin derrière, en deuxième position, vient le film d’animation sino-américain Abominable avec son yéti magique Everest, qui a empoché 12 millions de vendredi à dimanche.

Troisième avec huit millions, Downton Abbey, l’adaptation au cinéma de la série télévisée narrant les péripéties de la famille Crawley et de ses domestiques.

Les strip-teaseuses de Arnaque en talons, qui volent leurs riches clients de Wall Street, avec Jennifer Lopez, Constance Wu et Cardi B au générique, sont quatrièmes avec 6,3 millions de dollars.

Ça: Chapitre 2, la suite du film d’horreur adapté du roman de Stephen King, arrive cinquième en ajoutant 5,4 millions à ses recettes.

Voici le reste du top 10

6. Vers les étoiles: 4,6 millions de dollars

7. Judy: 4,4 millions de dollars

8. Rambo — La dernière mission: 3,6 millions de dollars

9. War: 1,6 million

10. Bons garçons: 900 000 dollars

Cinéma

Le «mage» Jodorowsky, 90 ans et six millions d’abonnés

PARIS — À 90 ans, Alejandro Jodorowsky consacre plus d’une heure par jour à ses six millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, mais pour l’artiste franco-chilien multidisciplinaire, ces fans ne sont pas juste virtuels : ils l’ont aidé à financer son dernier documentaire et lui donnent l’envie de «vivre».

L’écrivain et cinéaste, mais aussi «gourou», espère à travers son récent Psychomagie, un art pour guérir démontrer à partir d’exemples concrets que cette thérapie qu’il a lui-même créée aide à surmonter les traumatismes.

Cinéma

Tournages cinéma et télé au Québec: des hôpitaux en profitent pour engranger des revenus

MONTRÉAL — «Silence, on tourne!» Deux hôpitaux montréalais ont engrangé des revenus de plus de 2,8 millions $ en trois ans d’une manière plutôt inusitée et imaginative: en louant certains locaux comme plateaux de tournage pour des films comme «La Bolduc» et la populaire série de télé américaine «Jack Ryan».

Le Québec et des villes de la province redoublent d’efforts pour attirer ici le tournage de films et de séries. Et des hôpitaux profitent de cette manne.

À lui seul, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a récolté 2,6 millions $ sur trois ans, et le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) environ 250 000 $ pendant la même période, de 2016 à 2018. Les chiffres ont été demandés et obtenus pour ces trois années.

Les amateurs de télé et de cinéma québécois se rappelleront certaines de ces scènes: lorsque Mary Rose Anna Travers, connue sous le nom de la Bolduc, doit subir des traitements de radiation pour un cancer, le tout est filmé dans une salle qui a peu changé au cours des décennies: le «théâtre chirurgical» de l’Hôpital Royal Victoria, qui servait à l’époque à enseigner aux futurs médecins, comportant une mezzanine de laquelle les étudiants pouvaient observer les chirurgies. Dans la série Les Simone, lorsque Laurence se rend seule dans une clinique d’avortement, c’est en réalité un local du CHUM. Et quand Marie Lamontagne, le personnage principal de la série Unité 9 - incarné par Guylaine Tremblay - fut hospitalisée après une violente agression, c’est aussi au CHUM. Des scènes du film québécois Bon Cop Bad Cop 2 ont été tournées au Royal Victoria du CUSM.

Mais il y a aussi Plan B, Ruptures, Cheval-Serpent, Lâcher prise : la liste des productions d’ici qui ont choisi d’installer leurs projecteurs dans de réels hôpitaux est longue.

Ils ont aussi été le théâtre de tournages venus d’ailleurs, attirant ici le gratin d’Hollywood.

Le CUSM a accueilli les acteurs et les équipes du thriller politique Jack Ryan, et celles de l’émission apocalyptique The Walking Dead.

Quant au CHUM, ses corridors ont été arpentés par les comédiens de la série télévisée juridique canadienne Street Legal, et par ceux de The Bold Type, une série qui suit le quotidien de trois jeunes femmes qui travaillent pour un magazine féminin.

Si le CHUM offre des salles hyper modernes, le CUSM loue surtout son ancien hôpital Royal Victoria - désormais fermé depuis le transfert des unités de soins au site Glen en 2015. Certaines salles ont gardé leurs airs d’un autre temps et elles sont parfaites pour des productions d’époque.

D’autres hôpitaux ou centre de soins de la province ouvrent aussi leurs portes aux tournages: les maisons de productions ont du choix, à Montréal comme à l’extérieur de la métropole. Il y a entre autres le centre hospitalier Robert-Giffard et la Cité médicale, tous deux à Québec, ou la clinique dentaire Lemoyne à Saint-Lambert.

Au CHUM, l’argent ainsi obtenu s’en va dans son fonds d’opération, et au CUSM, l’argent sert à couvrir ses dépenses opérationnelles courantes, et donc à réduire le déficit et à améliorer les services et soins aux patients, dit le centre hospitalier. Les factures envoyées aux producteurs couvrent la location d’espaces, les frais de sécurité, les frais d’électricien, d’entretien ménager qui y sont associés ainsi que des frais légaux. À l’Institut de cardiologie de Montréal, les revenus des tournages sont versés dans sa fondation.

Des vedettes à l’hôpital?

Peut-on voir ses vedettes préférées en se rendant à un rendez-vous médical?

Très peu probable.

Au CHUM, aucun tournage cinématographique n’a lieu à l’hôpital comme tel: ceux-ci ont lieu les week-ends, au Centre d’apprentissage de l’Académie CHUM, son lieu d’enseignement situé dans le centre de recherche qui comprend des salles de formation et de simulation, a précisé une porte-parole de l’établissement, Joëlle Lachapelle.

Pas question d’interférer ou de nuire aux soins aux patients, insiste le CHUM.

La situation est similaire au CUSM. Car il loue surtout les salles du Royal Victoria - désormais fermé - un édifice spectaculaire aux allures de château inauguré en 1893 sur un flanc du Mont-Royal.

Au Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), on confirme que bien des producteurs d’Hollywood sont en recherche de lieux de tournage faisant penser aux hôpitaux.

Lorsque le Bureau se fait présenter un scénario qui comporte des scènes qui s’y déroulent - accouchement, accidents, rendez-vous avez un médecin, comas, cancer, scène de fin de vie - l’équipe du BCTQ propose différents lieux, des hôpitaux bien sûr, mais aussi des cliniques de dentistes et des centres de physiothérapie.

L’hôpital Royal Victoria reste un des lieux fréquemment utilisés dans les tournages, précise le Bureau. Puisque l’hôpital est fermé, il est facile d’y planifier un tournage à grands effectifs. Également, on y retrouve différents styles architecturaux; il est aussi possible de s’en servir pour imiter certains lieux, comme des bureaux d’époque, donne-t-on en exemple.

Le Bureau déploie beaucoup d’efforts pour attirer des productions étrangères au Québec. Sa photothèque - une banque de lieux de tournages, images à l’appui - est une ressource fort utile pour les producteurs et les équipes de repérage.

Quelques tournages particulièrement rentables au CUSM

  • Blood and Treasure: 94 219 $
  • The Disappearance: 131 322 $
  • Jack Ryan: 311 232 $
  • Teen Spirit: 353 313 $
  • Death Wish: 519 594 $

Cinéma

La liste des finales les plus surprenantes

LE 6E SENS, M. NIGHT SHYAMALAN, 1999

«Je vois des gens qui sont morts. Ils vont et ils viennent comme n’importe qui», confie le garçon joué par Haley Joel Osment au Dr Crowe, incarné par Bruce Willis. Pendant qu’on suit ses interventions auprès de son patient hanté, on en oublie presque de regarder les signes qui permettrait de deviner son statut, disons, particulier.  Josianne Desloges

Cinéma

L’actrice Yalitza Aparicio devient ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco

PARIS — Institutrice devenue par hasard actrice, tout de suite en lice pour les Oscars 2019, la Mexicaine Yalitza Aparicio, aux origines à la fois mixtèque et triqui, a été nommée vendredi ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour les peuples autochtones.

Yalitza Aparicio, qui a crevé l’écran dans «Roma» d’Alfonso Cuaron, «contribuera au travail de l’UNESCO pour assurer l’intégration et les droits des peuples autochtones partout dans le monde, à travers la sauvegarde et la célébration du patrimoine culturel autochtone, la prise en compte du savoir autochtone dans la gestion de l’environnement, la préservation de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique, et l’égalité pour les peuples autochtones dans l’accès à l’éducation», a indiqué l’UNESCO dans un communiqué annonçant sa nomination par la directrice générale Audrey Azoulay.

Les ambassadeurs de bonne volonté sont des personnalités qui, pendant deux ans, mettent leur renommée et leurs talents au service des combats et des idéaux de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture.

Aujourd’hui âgée de 26 ans, Yalitza Aparicio venait d’obtenir son diplôme d’institutrice et cherchait du travail lorsqu’elle a accompagné sa soeur à une distribution. Alfonso Cuaron l’a remarquée et recrutée. Depuis, elle est devenue la première Mexicaine autochtone en lice pour l’Oscar de la meilleure actrice et a fait les couvertures de prestigieux magazines internationaux, Time la classant en 2019 dans les cent personnes les plus influentes au monde.

Engagée dans la défense des droits des humains et la lutte contre le racisme, elle a aussi été une des voix de l’Organisation internationale du travail pour la Journée internationale des peuples autochtones 2019.

Cinéma

Le film de la semaine: Joker ****

CRITIQUE / Le Lion d’or remporté par Joker à la récente Mostra de Venise a mis la barre bien haut. Le long métrage de Todd Philipps la survole de manière éclatante. À la fois drame social et psychologique, cette très libre adaptation de l’univers de DC Comics s’avère l’antithèse des films de superhéros dont on nous gave depuis plus de 10 ans. Il s’agit d’un véritable long métrage punk porté par une magistrale performance de Joaquin Phoenix.

Il serait étonnant que Phoenix décroche l’Oscar du meilleur acteur qui lui a échappé jusqu’à maintenant. Même s’il le mérite amplement, habitant physiquement — il est complètement décharné — et mentalement son personnage. Son rire dément, déclenché par le stress et généré par un trauma passé, donne des frissons dans le dos. Parce qu’il contient toute la douleur du monde.

Mais en retournant les codes du genre pour que Joker devienne une œuvre anti-establishment, plusieurs vont y penser deux fois avant de lui accorder leur vote…

Le récit est explicite : c’est la brutalité de la société qui fait basculer Arthur Fleck, un clown triste persécuté, dans la folie psychotique du Joker. 

Cet homme mal dans sa peau, aux prises avec la maladie mentale, vit dans un immeuble sinistre avec sa mère dérangée (Frances Conroy). De déconvenues en déboires, Arthur s’enfonce sans que personne ne lui tende la main. Jusqu’à ce qu’il atteigne un point de bascule meurtrier...

La décision de confier à Robert De Niro un rôle d’animateur sans cœur n’est pas innocente. Le destin de Fleck ressemble à celui de Travis Bickle dans Taxi Driver (1976). Le drame emprunte aussi beaucoup à une autre œuvre de Scorsese : King of Comedy (La valse des pantins, 1983). Deux films où De Niro joue le rôle principal.

On pourrait également effectuer des rapprochements avec L’orange mécanique (1971) de Kubrick.

La chose s’avère d’autant plus remarquable que la carrière de Todd Philipps est surtout composée de comédies de potaches (la trilogie des Lendemain de veille). War Dogs (2016) marquait déjà un virage vers un cinéma plus substantiel. Là, c’est du sérieux.

Le plus habile de la mise en scène consiste à filmer l’action du point de vue d’Arthur en jouant sur la réalité et ses illusions. Le tout accompagné d’une musique dissonante qui contribue au climat anxiogène.

Philipps mise sur un découpage classique, mais très efficace. L’esthétique glauque, dans un Gotham des années 1980, renforce le trouble du spectateur sans pour autant le repousser. On notera aussi que même en se tenant à distance de l’univers de DC Comics, Philipps et son coscénariste Scott Silver ont eu l’habileté de faire jouer un court, mais déterminant rôle à Thomas Wayne (Brett Cullen), le père du petit Bruce.

Joker est une œuvre troublante (mais pertinente). Violente? Aussi, mais pas où on pense. Il faut attendre la dernière demi-heure avant que le Joker explose. Mais pendant une heure et demie, la violence psychologique subie par Arthur devient pratiquement intolérable.

C’est bien là toute la force de ce long métrage transformant une victime en monstre qui canalisera la colère et le ressentiment du peuple. Sa métamorphose se nourrit des inégalités sociales, de l’arrogance, du mépris et de la condescendance des 1 % envers le reste de la population.

S’il y a un film qui peut faire trembler les riches et les puissants actuels, c’est bien celui-là...

Cinéma

Kuessipan: De toute beauté *** 1/2

CRITIQUE / «Kuessipan» arrive à point nommé, alors que nous tentons de redéfinir nos relations avec les Premières Nations. Mais il n’y a aucun opportunisme dans la démarche de Myriam Verreault — il lui aura fallu sept ans de dur labeur afin de réaliser ce magnifique long métrage. Cette œuvre sensible a le mérite de proposer une touchante histoire d’amitié tout en montrant sans fard les joies et les peines qui rythment la vie des Innus de la Côte-Nord.

Écrivons-le d’emblée : Kuessipan, Grand prix de la compétition du festival de Québec (FCVQ), doit être vu. En raison de ses nombreuses qualités artistiques et de son humanité, bien sûr. Mais parce que la démarche de la réalisatrice compte pour beaucoup.

Cinéma

Roxane: Le renard dans le poulailler ***

CRITIQUE / Il y a eu, avant The Police, une Roxane célèbre : la femme idéalisée de «Cyrano de Bergerac». Sauf que dans le premier film de Mélanie Auffret, il s’agit plutôt d’une poule — au sens premier. Et son «amoureux» qui la traite aux petits soins est un fermier dont le poulailler est menacé par l’industrialisation de l’agriculture. «Roxane» débat avec beaucoup d’humour et d’humanité d’un sujet universel : notre volonté de payer le plus bas prix possible notre nourriture a des effets sur les producteurs.

La réalisatrice française a planté sa caméra à Corlay, en Bretagne, où Raymond (Guillaume de Tonquédec) élève ses poules bio pondeuses et à qui il lit des extraits de la célèbre pièce d’Edmond Rostand. Il y coule des jours heureux avec sa femme Anne-Marie (Léa Drucker), conseillère au Crédit Agricole, et leurs trois enfants.

Cinéma

Catherine Brunet: «On ne dit pas non à ça!»

Catherine Brunet ne se souvient pas avec exactitude à quand remonte sa première rencontre avec Xavier Dolan. Probablement un doublage lorsqu’ils étaient enfants ou préados. Mais elle se rappelle que «ç’a tout de suite cliqué». Malgré leur longue amitié, l’actrice n’avait fait qu’une apparition dans «Mommy» devant la caméra du cinéaste. Lorsque l’occasion s’est présentée de jouer dans «Matthias & Maxime», la jeune femme n’a pas hésité : «On ne dit pas non à ça!»

À 28 ans, la Québécoise a déjà une feuille de route à faire pâlir d’envie bien des actrices chevronnées. Outre ses nombreux doublages — elle est, entre autres, la voix québécoise de Jennifer Lawrence, Emma Stone et Daisy Ridley —, Catherine Brunet tourne beaucoup, surtout au petit écran : Ramdam, Marche à l’ombre, Le chalet, 5e Rang