Cinéma

«Le Grincheux» vole la première place du box-office

LOS ANGELES — «Le Grincheux» s’est propulsé en tête du box-office nord-américain ce week-end, raflant 66 millions de dollars dans les cinémas selon les chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Benedict Cumberbatch prête sa voix à la créature verte et hargneuse créée par le célèbre Theodor Seuss Geisel —Dr Seuss— dans son livre pour enfants «Comment le Grinch a volé Noël».

Le Grincheux, film d’animation des studios Universal, ravit la première place du podium à Bohemian Rhapsody, le biopic retraçant l’histoire de Freddie Mercury et de son groupe légendaire Queen, deuxième cette semaine avec 31 millions (100 millions au total).

Troisième pour son premier week-end avec 10 millions, le film d’horreur Overlord, qui raconte comment des parachutistes américains découvrent, dans la France occupée pendant la Seconde Guerre mondiale, un laboratoire où sont menées d’effrayantes expériences.

Casse-Noisette et les quatre royaumes, conte merveilleux adapté de la célèbre histoire écrite par Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, est quatrième avec 9,5 millions de dollars (35 millions en deux semaines).

En cinquième position avec 8 millions de dollars, Millénium: Ce qui ne me tue pas avec Claire Foy, qui incarne Lisbeth Salander dans ce nouveau film de l’univers Millenium, adaptation très libre du quatrième roman de la série (écrit par David Lagercrantz après le décès de l’auteur de la trilogie à succès Stieg Larsson).

Voici la suite du top 10:

6- Une étoile est née (8 millions de dollars, 178 millions au total)

7- Nobody’s Fool (6,5 millions de dollars, 24 au total)

8- Venom (4,8 millions de dollars, 206 au total)

9- Halloween (3,8 millions de dollars, 157 en tout)

10- La Haine qu’on donne (2 millions, 26,7 millions en tout)

En coulisses

Idris Elba, l'homme le plus sexy de 2018

Ça y est, le résultat est tombé : l’homme le plus sexy de 2018 selon le magazine People est Idris Elba.

L’acteur britannique de 46 ans succède ainsi au chanteur country Blake Shelton (copain de Gwen Stefani). Elba a d’abord fait sa marque à la télévision dans les séries The Wire et Luther, rôle pour lequel il a décroché un Golden Globe. Au cinéma, il a personnifié Heimdall dans les Avengers. Sur son compte Instagram, Elba s’est dit flatté. «Je me suis regardé dans le miroir et je me suis dit “Oui, tu es un peu sexy aujourd’hui!” Mais pour être honnête, ça fait juste plaisir. C’était une bonne surprise, ça booste l’égo, ça c’est sûr!» Quoi savoir d’autre sur Elba? Il aurait pu être le prochain James Bond. Il est en couple avec Sabrina Dhowre, une ancienne Miss Vancouver. Il a une fille de 16 ans et un fils de 4 ans de deux relations précédentes. Il adore les voitures et la vitesse. Dans le milieu musical, il est connu sous le nom de DJ Big Driis the Londoner et s’intéresse particulièrement au hip-hop et au soul. Il a sa propre étiquette de disques, 7WALLACE. Elba est le 33e homme à décrocher ce tire. 

Matthew McConaughey aurait pu être Jack dans Titanic

Pouvez-vous imaginer le film Titanic avec Matthew McConaughey dans le rôle de Jack? Ça a bien failli être une réalité. L’acteur, qui vient de fêter ses 49 ans, aurait bien voulu se retrouver dans la peau de l’amoureux de Rose. «Je suis allé à l’audition. Je voulais ce rôle, a-t-il admis. J’ai donné la réplique à Kate Winslet, c’était une bonne audition. Je suis sorti et j’étais assez confiant d’obtenir le rôle. Mais je ne l’ai pas eu. Je n’ai eu aucune offre.» Bien que les rumeurs veuillent qu’il a refusé le rôle, McConaughey assure que c’est un mensonge. «Si j’ai eu une offre et que je ne l’ai pas su [...], je dois parler à mon agent de l’époque.» Au final, Leonardo DiCaprio a incarné Jack, un personnage qui a fait de lui une superstar. D’autres acteurs révèlent quel rôle leur a passé sous le nez : goo.gl/cUsLcL

Balados

Première entrevue canadienne de Carles Puigdemont dans «La Catalogne en suspens»

Carles Puigdemont, l’ancien président indépendantiste de la Catalogne, a parlé pour la première fois à un journaliste canadien depuis son exil. Le journaliste gatinois Boris Proulx l’a rencontré cette semaine en Belgique pour son podcast «La Catalogne en suspens», qui fait l’état des lieux de la région après le référendum du 1er octobre 2017.

L’entrevue sera au cœur du cinquième épisode de sa série en baladodiffusion. Il sera en ligne en début de semaine.

Arts

La liste: 5 films de guerre pour le jour du Souvenir

1. Dunkerque (Christopher Nolan, 2017)

L’évacuation dans l’urgence de quelque 400000 soldats de la plage de Dunkerque vue par le réalisateur d’Inception et d’Interstellaire, Christopher Nolan. Une plongée en apnée au cœur du chaos, filmée en trois temps sur la plage, sur la mer, dans les airs. Une véritable leçon de cinéma. Normand Provencher

2. Il faut sauver le soldat Ryan (Steven Spielberg, 1998)

Cinéma

Claire Foy, d’Élisabeth à Lisbeth pour le nouveau «Millénium»

LOS ANGELES — Fede Alvarez, réalisateur du nouveau film de l’univers «Millénium», n’en a jamais douté: Claire Foy est aussi à l’aise dans la robe à crinoline de la reine Élisabeth que dans la combinaison de motard d’une «hackeuse» gothique.

«J’ai vu The Crown un jour, et je me suis dit: ‘‘Voilà, ça c’est Lisbeth!’’. Parce que même si ça paraît fou, les défis à relever pour jouer Élisabeth ou Lisbeth sont les mêmes», déclarait récemment à l’AFP le réalisateur uruguayen lors d’une entrevue téléphonique sur son film Millénium: ce qui ne me tue pas.

Primée aux derniers Emmy  pour son interprétation d’Élisabeth II dans la série The Crown de Netflix, Claire Foy était attendue au tournant pour ses premiers grands rôles au cinéma. Après sa prestation aux côtés de Ryan Gosling dans Le premier homme, l’actrice britannique fait son retour sur le grand écran dans la peau de Lisbeth Salander, l’héroïne de la trilogie du défunt écrivain suédois Stieg Larsson.

Élisabeth II et Lisbeth Salander «sont des personnages très semblables: ils ne peuvent pas être eux-mêmes, ils répriment leurs émotions», tranche Fede Alvarez.

«Claire Foy, quand elle essaie d’avoir l’air courageuse, on peut voir à quel point elle est vulnérable: derrière la façade, vous apercevez l’être humain véritable [...]. Endosser le costume, adopter la coupe de cheveux, tout le monde peut le faire. Mais très peu d’acteurs sont capables de jouer de cette façon», estime le réalisateur.

Certains admirateurs de la première heure pourraient lui préférer Noomi Rapace ou Rooney Mara, qui ont incarné Lisbeth Salander dans de précédentes adaptations de la trilogie Millénium au cinéma.

Cinéma

Guillaume Senez s'attaque à un tabou avec «Nos batailles»

Une femme qui quitte sa famille incarne un des derniers tabous du XXIe siècle, croit Guillaume Senez — on a qu’à voir l’énorme retentissement de «La femme qui fuit» d’Anaïs Barbeau-Lavalette. Le Belge de 40 ans a plutôt choisi d’en faire un très beau long métrage qui a retenu l’attention dès sa sélection au Festival de Cannes 2018. Il a depuis remporté un vif succès critique et public en France. Le Soleil a profité de son passage au festival Cinémania, à Montréal, pour discuter de «Nos batailles».

Q Keeper a connu énormément de succès, remportant plus d’une vingtaine de distinctions, dont celui du meilleur premier film 2017 en Belgique. Avez-vous ressenti la fameuse pression du deuxième long métrage dans l’élaboration de Nos batailles?

R Pour tout vous dire, j’avais commencé l’écriture de Nos batailles avant le tournage de Keeper. La pression n’était pas vraiment là puisque le processus était en cours. C’était peut-être parce que le financement a été compliqué, ce n’est pas comme si je sortais d’un immense succès et que toutes les portes s’ouvrent. Faire des films d’auteur, ça reste compliqué pour tout le monde. On essuie des refus ininterrompus et on continue d’y croire malgré l’adversité. C’est difficile de ressentir une pression quand on se bat pour que nos films existent.

Q Vous parlez de films d’auteur. Nos batailles est une œuvre très personnelle puisqu’elle s’inspire de votre séparation. Jusqu’à quel point?

R Ce fut l’élément déclencheur. Après, je m’éloigne de moi. Je suis séparé de la mère de mes enfants, mais on est en garde [partagée] et tout se passe bien. Je crée toujours des films à partir de mes peurs, questionnements et hantises. Je préparais Keeper et je me suis dit: «qu’est-ce qui se passerait si la mère des enfants décide de partir au bout du monde, qu’il lui y arrive un accident et que je doive assumer tout seul la garde des enfants?» Je pense que j’aurais eu énormément de mal à trouver cet équilibre entre cette volonté de faire du cinéma et, parallèlement à ça, d’éduquer mes enfants. L’étincelle est venue de là, après je romance.

Q Olivier (Romain Duris) n’est d’ailleurs pas réalisateur, mais chef d’équipe dans une usine. Est-ce que vous teniez à ce que votre drame social et intime se déroule en milieu ouvrier?

R […] Un artiste est là pour donner un regard sur le monde et le mien est assez négatif concernant ce capitalisme 2.0 qu’on voit dans le film. Je ne suis pas là pour dénoncer, mais pour montrer les choses comme elles sont. Ensuite, faire un film, c’est aussi poser un geste politique. J’essaie de ne pas montrer frontalement les choses, je n’aime pas quand le réalisateur tient le spectateur par la main. J’essaie d’être plus subtil que ça même s’il y a, en filigrane, des choses qui me choquent. Il est de notre devoir en tant que cinéaste de les montrer.

Il y a plusieurs interprétations possibles  au titre de votre film. Quelles sont les vôtres?

R Il y a plusieurs batailles, notamment au sein de l’entreprise [où Olivier travaille], mais aussi sur l’intime, sur la famille… Nos batailles, ce sont aussi les miennes en tant qu’auteur, celles du personnage, mais aussi celles du spectateur qui se sent concerné par le propos — c’est une façon de le faire participer. C’est pour ça que tout n’est pas expliqué, qu’il y a une fin relativement ouverte… Le film appartient aux spectateurs.

Cinéma

La danse macabre de «Suspiria» ***

CRITIQUE / Ceux qui aiment les habituels drames de mœurs de Luca Guadagnino risquent d’être sérieusement troublés par «Suspiria». Le réalisateur italien d’«Appelle-moi par ton nom» s’est attaqué au remake du classique baroque du fantastique d’horreur de Dario Argento et premier volet (1977) de sa Trilogie des enfers. Une version plus insidieuse que terrifiante, qui prend ses distances de l’original — une bonne idée —, mais qui ne réussit pas à atteindre les hauteurs de ses ambitions esthétiques et thématiques.

La base reste la même: Susie (Dakota Johnson) est admise à une réputée école de danse située à Berlin, en 1977. La jeune Américaine est prise sous son aile par Madame Blanc (Tilda Swinton), une chorégraphe réputée. L’établissement est dirigé par une communauté de femmes qui vivent en autarcie.

Cinéma

«Le grand bain», une plongée en apnée ***

CRITIQUE / Soyons honnête. On se demandait pourquoi «Le grand bain» méritait les honneurs d’une présentation spéciale à Cannes, en mai dernier, même hors compétition. Bien sûr, il y a la distribution du tonnerre pour interpréter ces huit quadragénaires poqués (dépression, chômage, séparation…) qui se mettent à la nage synchronisée… Mais il y a plus. Cette comédie humaine compte sur un charme fou qui en fait un moment de cinéma pur bonheur.

Gilles Lellouche, dont c’était la première réalisation solo, a préféré ne pas jouer dans son long métrage. Une bonne idée. Il a pu se concentrer sur sa mise en scène — c’est plutôt bien filmé, même si ça ne réinvente pas le genre. Et, surtout, mener à bon port son récit sans s’éparpiller — ce qui n’est pas évident avec autant de personnages.

Cinéma

«Nos batailles»: la femme qui fuit ***1/2

CRITIQUE / Une famille qui éclate, c’est un drame terrible, mais courant. Mais quand c’est une femme qui prend la fuite, laissant derrière son conjoint désemparé, son fils de neuf ans et sa fille de cinq ans, on a assurément la matière dramatique pour un bon film. Surtout avec un traitement respectueux et intelligent comme dans «Nos batailles» de Guillaume Senez.

Le deuxième long métrage du réalisateur belge, après Keeper (2015), travaille doucement sa mise en place. Olivier (Romain Duris) en père absent dont le travail de chef d’équipe lui fait passer de longues heures à l’usine. Et Laura (Lucie Debay), qui travaille dans une boutique, en mère débordée et au bout du rouleau qui ne sait comment exprimer sa détresse.