Cinéma

Festival du film de montagne de Banff: périples nordiques

Fidèle à sa tradition, la tournée québécoise du Festival du film de montagne de Banff (FFMB) s’arrête à Gatineau. Le grand écran de la Salle Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau accueillera jeudi 18 janvier, dès 19 h, les huit films sélectionnés dans le cadre de la 22e édition de cette tournée du FFMB.

Au menu : près de 140 minutes d’images spectaculaires d’adeptes de vélo, de ski, d’escalade, d’alpinisme, de kayak, etc. Pour la plupart rassemblés autour d’une thématique commune du Grand Nord canadien.

Parmi les huit courts et moyens métrages sélectionnés se glisse le court My Irnik, qui s’intéresse à la culture inuite du Grand Nord québécois, tout en combinant l’aventure et la transmission filiale de la culture nordique ancestrale. Réalisé par une équipe montréalaise, My Irnik a été l’un des plus appréciés du dernier FFMB, en novembre dernier, souligne l’organisation du festival, dont la version itinérante trouve quelque 20 000 adeptes par an au Québec. La sélection met en vedette des films lauréats de divers prix décernés durant le FFMB.

Au programme de cette tournée, entre autres : une expédition en kiteski au Groenland, une aventure solo en fatbike au cœur de l’arctique canadien et une ode aux aventurières : Where the Wild Things Play, au fil d’images à couper le souffle de skieuses de haute montagne, d’escaladeuses ou de kayakistes.

Intersection entraîne les cinéphiles jusqu’en Colombie-Britannique, où la cycliste de montagne Micayla Gatto partage sa passion pour la peinture ; les œuvres de l’athlète « marient adresse sportive et picturale ».

Le film allemand Into Twin Galaxies suit le périple de trois chasseurs de sensations fortes durant leur expédition au Groenland. Leur kite leur permet de remorquer leurs kayaks d’eau vive, sur plus de 1 000 km, à travers les crevasses de la calotte polaire. L’intrépide équipe – qui comprend la Canadienne Sarah McNair-Landry – tente d’atteindre une lointaine rivière nordique, pour y donner des coups de pagaie. 

Dans le film britannique The Frozen Road, l’odyssée à vélo en solitaire dans le Canada arctique va se transformer en aventure particulièrement pénible, à cause de l’environnement hostile, « loin du romantisme d’un livre de Jack London », découvrira le cycliste Ben Page.

Le court métrage français Surf the Line témoigne d’une traversée plutôt risquée : celle des Flying Frenchies, qui glissent en planche de surf le long d’un filin d’acier d’un km, au-dessus des gorges du Vercors, à 600 m d’altitude.


Renseignements :

Arts

La liste de nos envies: cinéma

Livres, films, spectacles, disques, etc. : nos journalistes se penchent sur les sorties culturelles de 2018. Et dressent la liste de leurs envies.

CINÉMA QUÉBÉCOIS

Hochelaga

Avec Hochelaga, Terre des Âmes, François Girard – à qui l’on doit Le Violon Rouge – semble renouer avec la formule du drame historique qui se déroule à plusieurs époques en même temps. La sortie du film, prévue le 19 janvier, est bien sûr en lien avec le 375e anniversaire de Montréal, puisque toute l’action se situe sur le territoire d’Hochelaga. Pour le réalisateur, le récit « est un grand voyage immobile à la recherche de nos racines. 750 ans d’un même lopin de terre. À retracer ceux qui l’ont occupé. Ce film c’est le trou d’une serrure par lequel je regarde sept siècles de notre histoire ». Le film a été sélectionné pour être l’ambassadeur du Canada dans la course aux Oscars (meilleur film en langue étrangère). Éclatante et internationale, la distribution compte sur les comédiens québécois québécois Samian, Emmanuel Schwartz, Sébastien Ricard, David La Haye et Gilles Renaud.

La Bolduc

Le réalisateur François Bouvier (Paul à Québec) penche sa caméra sur la chanteuse folklorique La Bolduc. La « pauvre mère de famille » Mary Travers sera vocalement et physiquement incarnée par Debbie Lynch-White. Autour d’elle graviteront Émile Proulx-Cloutier, Mylène Mackay, Yan England, Serge Postigo, Paul Doucet et Luc Senay. Le biopic sortira au printemps. Et si Bouvier parvient à jongler habilement avec les boules à mites (la crise des années 20-30 et les premiers élans de la lutte pour les droits de la femme sont à l’arrière-plan de son film, lit-on), La Bolduc pourrait suivre les traces de Louis Cyr, sur la voie du succès au box-office.

American Dolan

Après avoir réuni une impressionnante brochette de poids lourds du cinéma français, le « prodige » québécois Xavier Dolan poursuit son ascension : son tout premier long métrage anglophone, The Death and Life of John F. Donovan, aligne cette fois Jessica Chastain, Natalie Portman, Susan Sarandon et Kathy Bates, ainsi que Kit Harington (John Snow) et Jacob Tremblay (le gamin qui a fait brailler tout le monde dans Room). Tourné à Montréal, Prague, New York et au Royaume-Uni, le film porte un regard intimiste sur les mœurs du show-business moderne. Dolan y explore les aléas de la célébrité, notamment à travers la relation épistolaire qu’un acteur a entretenue, durant son enfance, avec une vedette de la télé. La date de sortie n’est pas définie, mais c’est prévu pour 2018.

Charlotte a du fun

Pas de grosses vedettes au générique de Charlotte a du fun, le prochain film de Sophie Lorain, mais juste des jeunes comédiens. Qu’importe : la bande-annonce est pétillante, et à l’image de leur indéniable talent. Le film – dont le scénario est signé par la dramaturge originaire de l’Outaouais Catherine Léger (Baby Sitter) – suit les hauts et les bas affectifs de Charlotte (Marguerite Bouchard, vue à la télé dans Nouvelle adresse), qui sort d’une peine d’amour, cette fois déterminée à mettre un terme à ses tendances « dépendante affective ». Ses amies de l’heure ? Mégane, une « anarchiste contre l’amour », et Aube, une vierge romantique. Le film sera à l’affiche en mars. Sophie Lorain y ose le noir et blanc.

Cinéma

Cannes: Cate Blanchett présidera le jury

PARIS — L’actrice et militante contre le harcèlement sexuel Cate Blanchett sera la présidente du jury du prochain Festival du film de Cannes, dont la 71e édition se tiendra du 8 au 19 mai prochain.

L’actrice australienne âgée de 48 ans succédera au cinéaste espagnol Pedro Almodovar.

Dans un communiqué publié jeudi, les dirigeants du festival Pierre Lescure et Thierry Frémaux se sont réjouis d’accueillir cette « artiste rare et singulière dont le talent et les convictions irriguent les écrans de cinéma comme les scènes de théâtre ». À leur avis, elle sera une présidente engagée et passionnée.

Cate Blanchett, qui est mère de quatre enfants, a été une des premières célébrités à prendre ouvertement position contre le producteur américain Harvey Weinstein accusé depuis octobre par une centaine de femmes de harcèlement, d’agression sexuelle ou de viol.

Elle a reçu deux oscars au cours de sa carrière, en 2005 et en 2014.

La sélection de Cate Blanchett comme présidente survient plusieurs mois après qu’elle eut exprimé son soutien envers les dizaines de femmes qui ont publiquement accusé le producteur Harvey Weinstein d’agressions et de harcèlement sexuels.

« Je viens à Cannes depuis des années comme actrice, comme productrice, pour les soirées de gala et pour les séances en Compétition, pour le Marché même, a déclaré l’actrice par communiqué. Mais je ne suis encore jamais venue pour le seul plaisir de profiter de la corne d’abondance de films qu’est ce grand festival. Le privilège que l’on me fait de me demander de présider le Jury et la responsabilité qui sera la mienne m’emplissent d’humilité. »

Arts

L’année de l’accession au sommet de Denis Villeneuve

Trois-Rivières — La carrière de Denis Villeneuve est en orbite depuis déjà longtemps mais l’année 2017 aura été celle d’une certaine consécration puisqu’elle l’a propulsé à des sommets inégalés pour un Québécois dans la Mecque du cinéma américain et ce, plutôt deux fois qu’une.

Il y a d’abord eu la cérémonie des Oscars en février dernier lors de laquelle le p’tit gars de Gentilly a vu son film Arrival mis en nomination à pas moins de huit reprises dont dans la catégorie du meilleur réalisateur et du meilleur film. D’accord, Villeneuve n’a pas quitté le Dolby Theater avec entre les mains l’une ou l’autre de ces deux précieuses statuettes mais un membre de son équipe, le Québécois Sylvain Bellemare, a reçu l’Oscar pour le montage sonore. Connaissant la propension de Denis Villeneuve à donner crédit à ses collaborateurs, on peut penser qu’il était très sincèrement heureux de cet honneur.

Il reste que le Gentillois est sorti gagnant de la cérémonie puisqu’il est désormais considéré comme un des plus grands réalisateurs au monde. À tel point qu’on lui avait déjà confié l’incroyable mandat de réaliser la suite du très grand classique de Ridley Scott Blade Runner.

Sa version, Blade Runner 2049, est sortie sur les écrans le 6 octobre dernier. Si les critiques ont été dithyrambiques au Québec, même chez les plus exigeants, elles ont été légèrement plus mitigées au États-Unis où certains des plus crédibles observateurs du cinéma ont crié au génie alors que d’autres se sont montrés plus réservés, reprochant le plus souvent à Denis Villeneuve d’avoir été peut-être un peu trop respectueux de l’œuvre dont il s’inspirait et qui reste pour lui un film phare. Personne n’a cependant mis en doute la qualité exceptionnelle de la mise en scène, de la direction artistique et de la photographie.

Gilles Leblanc, président de Ciné-Campus et une véritable sommité pour tout ce qui touche le cinéma, est du côté des enthousiastes. «Blade Runner 2049 a été un de mes beaux plaisirs de cinéma de l’année. Pour moi, c’est une réussite extraordinaire. Et ce n’est pas une première puisqu’il avait réalisé de grands films dans le passé dont Arrival et Incendies. Il possède une maîtrise technique hors du commun mais la surprise avec lui, c’est que même dans des films de genre, il a son propre style, une touche qui lui appartient en propre.»

Cinéma

Le week-end à 100 millions de dollars au box-office de Star Wars

Le huitième épisode de la saga Star Wars est resté largement en tête du box-office pour son deuxième week-end dans les salles d’Amérique du Nord, en incluant le lundi férié de Noël.

Après avoir rapporté 220 millions de dollars le week-end de sa sortie aux Etats-Unis et au Canada, « Star Wars: Les derniers Jedi » a engrangé 99 millions ce week-end sur 4.232 écrans, pour un total de 395,6 millions, selon des chiffres préliminaires de la société spécialisée Exhibitor, et qui couvrent de vendredi à lundi.

Les recettes mondiales du film sont estimées à 745,4 millions entre la sortie et dimanche, selon l’analyste Paul Dergarabedian. Le record à battre en recettes mondiales est Avatar (2009), avec 2,7 milliards de dollars.

« Star Wars: Le Réveil de la Force » (2015) avait rapporté un peu plus de deux milliards.

Trois nouveautés s’installent derrière au box-office.

A la seconde place, le film d’aventures « Jumanji: Bienvenue dans la jungle » rapporte 55,4 millions (72 millions au total), suivi de « Pitch Perfect 3 », troisième opus de la franchise sur la chorale des Bellas, dont les chanteuses se retrouvent pour une folle tournée à l’étranger (26,5 millions).

Quatrième, « The Greatest Showman », raconte l’histoire du magicien P.T. Barnum, joué à l’écran par Hugh Jackman. Le film a rapporté 14 millions.

« Ferdinand », dessin animé qui suit les aventures d’un taureau au grand coeur à travers l’Espagne, est repoussé en cinquième position, avec 9,7 millions dans le week-end (26,6 millions au total).

Voici la suite du Top 10:

6 - « Coco »: 8,1 millions (164,35 millions depuis sa sortie)

7 - « Downsizing »: 7,7 millions (nouveau)

8 - « Les heures sombres »: 5,5 millions (8,4 millions depuis sa sortie)

9 - « Father Figures »: 5,5 millions (nouveau)

10- « La forme de l’eau »: 4,3 millions (8,9 millions depuis sa sortie)

Cinéma

Petit format: qui trop embrasse mal étreint ***

CRITIQUE / Petit format (Downsizing) devait placer encore une fois Alexander Payne dans la course aux Oscars (cinq nominations comme réalisateur ou scénariste). D’autant que sa comédie satirique aux allures dystopiques repose sur des prémisses sociales et environnementales intéressantes et pertinentes. Malheureusement, le réalisateur de Sideways (2004) se disperse et embrasse trop large sans véritablement arriver à conclure.

Le long métrage débute avec une trop longue mise en place, comme si Payne voulait donner un véritable lustre scientifique à sa proposition. À savoir : des chercheurs norvégiens réussissent à réduire l’être humain à une taille de 12 centimètres. Un atout sur le plan écologique puisque l’empreinte environnementale est toute petite.

Mais comme Paul (Matt Damon) et Audrey Safranek (Kristen Wiig), la grande majorité des candidats à la réduction ne le font pas pour sauver la planète des désastres appréhendés, mais pour l’argent. Une fois petits, leurs avoirs sont décuplés par 1000 $.

Voici donc notre couple blanc moyen en route pour cet éden miniature qui leur promet la société des loisirs (mais qui reproduit le modèle de société à deux vitesses des «grands»). Sauf que ça ne se passe pas tout à fait comme prévu. À son réveil de l’opération irréversible, Paul se rend compte que sa femme s’est défilée.

Un divorce plus tard, voici cet homme depuis toujours victime des circonstances forcé de se réinventer aux côtés de Dusan Mirkovic (Christoph Waltz), son excentrique voisin serbe contrebandier à ses heures, et Ngoc Lan Tran (Hong Chau), une activiste réduite contre son gré par le gouvernement vietnamien en raison de sa dissidence…

Le personnage volontairement fade de Paul paraît encore plus beige comparé aux feux d’artifices des deux acteurs de soutien, qui s’en donnent à cœur joie avec leurs personnages. Waltz et Chau permettent de maintenir à flot un bateau qui prend l’eau avec leurs performances éclatantes.

Pas compliqué, Payne a tellement de fers au feu qu’il ne sait plus dans quel ordre il doit les forger. La trame sonore invasive et insupportable n’arrange rien.

N’empêche. Le spectateur est séduit par l’originalité du propos et sa propension à nous réserver quantité de surprises. Mais il ressent une frustration devant la difficulté de Payne et de son co-scénariste Jim Taylor à concrétiser leurs idées. Même la générale : dans sa forme actuelle, l’humanité court à sa perte.

Outre quelques belles séquences, la réalisation de Payne (Monsieur Schmidt, Nebraska) manque singulièrement de personnalité. Comme si le cinéaste avait été dépassé par l’ampleur de la production, lui qui tourne habituellement des projets beaucoup plus… petits.

Il s’agit de sa signature et de son univers, nul doute. Les Safranek habitent Omaha, sa ville natale. Le ton corrosif envers les travers de la société étatsunienne demeure. De même que sa propension à passer dans le tordeur l’aspect pathétique et consumériste du Nord-Américain moyen.

Mais Payne aurait eu intérêt à élaguer. Notamment dans la dernière partie, un peu ridicule, dont le seul intérêt est de se dérouler dans les superbes fjords de Norvège. Au moins, les scénaristes ont l’autodérision de reconnaître l’aspect invraisemblable de la situation.

Payne étant Payne, Petit format sort du lot. Mais on s’attendait à mieux que ce film mal ficelé.

Cinéma

Solo sans faille pour un Trip à trois ***

CRITIQUE / Le trip à trois, c’est pratiquement un one woman show. Celui de Mélissa Désormeaux-Poulin. La comédienne éclipse tous ses complices, y compris Martin Matte, qui lui donne la réplique dans cette comédie de moeurs.

Ce film réalisé par Nicolas Monette explore la crise (s)existentielle d’Estelle, qui, à 34 ans, réalisant que sa vie – en général et sexuelle en particulier – manque de relief en raison de sa trop sage personnalité, décide de mettre soudain du piquant dans sa vie de couple.

Monette, à qui l’on doit Aurélie Laflamme: Les pieds sur terre, c’est avant tout un gars de TV (C.A., 3Xrien, la finale des Beaux Malaises). Pas un tâcheron, remarquez. Un artisan efficace. Mais pas le premier nom qui vient à l’esprit quand on cherche quelqu’un à qui confier le scénario d’un film d’auteur. Ça tombe bien, Le trip à trois n’en est pas un. 

C’est une comédie tout ce qu’il y a de plus efficace, convenablement bien tournée, rythmée et montée. Une comédie qui ne s’aventure pas vraiment hors du format «télé» (on pense – forcément – aux Beaux Malaises), mais qui trouve le ton juste – ni gnan-gnan, ni pudique-hypocrite, ni trash, et surtout pas moraliste – sur un sujet qui pouvait facilement sombrer dans bien des excès. Et, si elle ne brille pas par son intelligence, elle se tient très loin des comédies grasses. Et qui s’avère beaucoup plus sensible que ce qu’on en attendait, notamment grâce au personnage d’Estelle, vibrant et émouvant, pas du tout caricatural.

Un film qui, s’il ne surprend guère en définitive, ne déraille jamais. Et nous conduit sans encombres jusqu’à une finale étrangement décalée. 

Porté par ses deux charismatiques têtes d’affiche et un sujet qui pique la curiosité, et soutenu par son habileté à contourner les écueils, le film charme par son ton direct et le portrait moderne qu’il dresse d’une fémininité tout à fait assumée. Le trip à trois risque de cartonner au box-office. Ce que personne n’aura l’indécence de lui reprocher.

Donc, bravo M. Monette! Et félicitations à son scénariste, Benoit Pelletier, réalisateur de l’oubliable Ego Trip, mais plume tout à fait décente du Sens de l’humour, de récents Bye Bye et du spectacle Les Morissette. Le tandem mérite un deuxième «pouce levé» pour sa «scène d’exposition» parfaitement orchestrée: en quelques minutes, on rentre dans le vif des personnages, pourtant nombreux. Du travail d’orfèvre.

Mélissa Désormeaux-Poulin (30 vies, Ruptures, mais aussi Incendies et Gabrielle, au grand écran) est éclatante dans son rôle de femme organisée / mère responsable / amante prévisible qui se laissera convaincre – par ses amies et sa soeur croqueuse d’hommes (Bénédicte Décary, tordante) qu’on a droit au plaisir, et notamment celui d’explorer son côté olé-olé sans que ça fasse de nous une gourgandine partouzarde. 

Le trio de ses «chums de filles» aussi dépareillées qu’attachantes (incarnées par Bénédicte Décary, Geneviève Schmidt et Anne-Élisabeth Bossé), est d’ailleurs un des éléments très réussis du film. Le quatuor forme un choeur jubilatoire, digne de Sex and the City!

L’autre belle idée du scénario est de multiplier les personnages secondaires, dans des rôles toujours tenus par des acteurs de choix: la patronne (Karine Gonthier-Hyndman), la collègue (Julianne Côté), l’ami du couple (Rémi-Pierre Paquin), l’inconnue entreprenante (Catherine Bérubé), la danseuse nue (Florence Longpré) et quelques autres gueules sympathiques (Mylène Mackay, Martin Laroche, Pierre Brassard et Igor Ovadis). 

Du coup, le spectateur pourra s’amuser à essayer de deviner quel personnage, parmi les multiples possibilités offertes, tant féminines que masculines, a le plus de chances de décrocher le numéro 3 et de rejoindre Estelle et Simon dans leur lit conjugual. Bien entendu, le scénario s’amuse à nous perdre en fausses pistes et conjectures.

Martin Matte, de son côté, se fait étonnament discret, et laisse galamment tout le plancher – et la chambre à coucher – à sa complice. On aurait toutefois aimé le voir explorer un registre un peu plus différent de ce qu’il fait à la télé (certes, simon n’a pas l’arrogance baveuse du Martin des Beaux Malaises, mais à part ça, c’est un peu le même personnage, et le même faciès...)

Et puisque le ton film n’est pas au plaisir coupable, on avouera le nôtre à chaque intervention de la jeune Lily. Ce rôle de fillette bagarreuse (tenu par Romane Martins) bouscule les conventions, façon Les Beaux Malaises, et voilà qui est parfaitement rafraîchissant !


Au générique :

Cote : ***

Titre : Le trip à trois

Réalisateur : Nicolas Monette 

Acteurs : Mélissa Désormeaux-Poulin et Martin Matte

Cinéma

The Post: Hollywood rend hommage au journalisme

WASHINGTON — À une époque où les journalistes sont accusés de faire la promotion des «infos bidons» («fake news»), Steven Spielberg, Meryl Streep et Tom Hanks utilisent la popularité d’Hollywood pour faire la promotion de la presse et des médias dans le film The Post.

Le nouveau long-métrage de Steven Spielberg, qui sort le 12 janvier au Québec, raconte la publication par le célèbre Washington Post des Pentagon Papers, documents révélant les mensonges de l’administration américaine sur l’implication des États-Unis au Viêtnam.

Meryl Streep y interprète Katharine Graham, la directrice de la publication du journal, alors que le rôle de Ben Bradlee, le rédacteur en chef, est joué par Tom Hanks.

Le film raconte la décision de Katharine Graham de publier ces Pentagon Papers, un choix qui aurait pu avoir des conséquences néfastes pour son journal, propriété historique de sa famille et dont elle était à la tête depuis le suicide de son mari Phil, huit ans auparavant.

Daniel Ellsberg, ancien fonctionnaire américain et lanceur d’alerte, a fait fuiter, en 1971, 7000 pages de documents secrets du Pentagone sur la guerre du Viêtnam: les Pentagon Papers. Leur lecture enseignait que, contrairement aux affirmations des divers responsables américains, la guerre du Viêtnam ne pouvait pas être gagnée par les États-Unis.

Le New York Times, autre quotidien de référence, avait commencé à publier ces documents, avant que l’administration du président Nixon n’obtienne une injonction d’un tribunal fédéral pour les en empêcher, au motif de la sécurité nationale.

Le «WaPo» a alors pris le relais, malgré les risques de représailles politiques et économiques.

Streep la «surestimée»

Près de 50 ans plus tard, c’est à quelques minutes des locaux du Washington Post, au Newseum, prestigieux musée du journalisme de la capitale américaine, que s’est déroulée l’avant-première du film.

Les nombreuses attaques de Donald Trump contre la presse étaient dans tous les esprits, le musée se trouvant seulement à quelques encablures de la Maison-Blanche.

Le président a pris l’habitude de s’en prendre au New York Times et à CNN, mais a déjà attaqué le Washington Post, qualifiant le journal de «malhonnête», «bidon» et — son préféré — pourvoyeur de «fake news». Il a également affublé le journal du sobriquet de «Amazon Washington Post», référence à Jeff Bezos, le propriétaire d’Amazon, qui a racheté le titre à la famille Graham en 2013.

«Je pense qu’il est très important qu’on ne voie pas notre film comme quelque chose de partisan et de politique émanant de ce qu’on qualifie des médias de gauche ou d’Hollywood», a cependant déclaré Steven Spielberg, accompagné de Tom Hanks et Meryl Streep, que Donald Trump avait qualifiée de «surestimée».

«Je vois ça comme un film sur le patriotisme et les médias courageux, le quatrième pouvoir, et ce qu’ils ont fait pour permettre la publication des Pentagon Papers, ce qui a ensuite conduit au Watergate», a-t-il développé.

Le scandale du Watergate a évidemment déjà été porté à l’écran par Hollywood, avec le célèbre Les hommes du président, sorti en 1976. Le film d’Alan Pakula mettait en scène Robert Redford et Dustin Hoffman dans les rôles des journalistes du Washington Post Bob Woodward et Carl Bernstein qui, avec leur enquête, avaient fini par faire tomber le président Richard Nixon.

Cinéma

Hors champ

La citation de la semaine

«Mourir le dernier, c’est encore plus con que mourir le premier.» — Albert Maillard (Albert Dupontel), qui suppute sur ses chances d’écoper d’une balle perdue avant que soit rendue officielle l’armistice de la Première Guerre mondiale dans Au revoir là-haut d’Albert Dupontel

Cinéma

Wonder Wheel: trois petits tours et puis s’en va ***

CRITIQUE / Voici venu le temps du Woody Allen nouveau, qui n’est pas un grand cru cette année. Le réalisateur new-yorkais mise sur une nostalgie un peu surannée en plaçant son drame prévisible à Coney Island en 1950. Mais une performance de feu de Kate Winslet et la magnifique photographie de Vittorio Storaro permettent de maintenir l’intérêt de Wonder Wheel jusqu’à sa finale implacable.

Le 48e long métrage d’Allen met cartes sur table dès son introduction par Mickey (Justin Timberlake). Le sauveteur, qui est aussi apprenti dramaturge à l’université et agit comme narrateur, s’adresse à la caméra pour raconter l’histoire de cet été où il entretient une liaison avec Ginny (Kate Winslet), une épouse malheureuse en manque d’amour, au nez et à la barbe d’Humpty (Jim Belushi), un opérateur de carrousel porté sur la bouteille et les colères. Le couple tire le diable par la queue et peine à s’occuper du fils pyromane de Ginny.

Mickey, beau parleur et hypocrite, ne semble pas faire de cas d’entretenir une liaison avec une serveuse au Roi de la palourde qui approche la quarantaine. Jusqu’à ce que Carolina (Juno Temple) lui tombe dans l’œil. La fille d’Humpty se cache chez son père de son mari mafioso, qui a placé un contrat sur sa tête après sa fuite… 

Tous les éléments sont en place pour un arc dramatique qui aimerait tendre vers la tragédie, mais qui n’en a pas la profonde résonnance, et qui flirte avec le drame sentimental, sans trop vouloir y toucher.

Allen semble manquer d’égards pour ses personnages, mais il a plutôt opté pour une approche théâtrale plus distanciée. Les références à la dramaturgie sont d’ailleurs légion, jusque dans l’œuvre complète d’Eugene O’Neill offerte par Mickey à Ginny. 

On sent l’hommage appuyé à l’auteur du Long voyage vers la nuit (1956) dans le traitement de personnages marginaux qui luttent pour maintenir leurs espoirs et leurs aspirations, mais qui sombrent peu à peu dans les désillusions et la résignation. Wonder Weel a aussi une dette aux pièces de Tennessee Williams (Un tramway nommé Désir, 1951) et d’Arthur Miller (Vu du pont, 1958).