Sur la scène du Bluesfest, Chromeo offrira ses grands succès mais aussi les pièces de leur nouvel album, Head over Heels.

Chromeo : « Les gens vont toujours avoir besoin de funk »

Quatre ans après White Women, le duo funk-électro montréalais Chromeo est de retour — depuis quelques semaines déjà — avec un cinquième album. Sur Head over Heels, Dave 1 (David Macklovitch) et Pee-Thug (Patrick Gemayel) reviennent aux sources du funk, celui d’où ils puissent leurs influences. Du bon vieux funk qui devrait faire groover les festivaliers du Bluesfest.

« On a toujours gardé le funk avec nous », assure à l’autre bout du fil Patrick Gemayel. Mais cette fois-ci, il y a plus d’instruments et moins d’électronique. On a essayé de faire une chronologie du funk des années 1980 à aujourd’hui, en incluant tous les genres qui avaient le potentiel de bien marcher sur une chanson de Chromeo. »

Rien de surprenant donc d’écouter les douze titres de Head over the Heels et d’y retrouver par moments le son de Prince (Bad Decision), celui de Jamiroquai ou encore les rythmes de Jesse Johnson. « Quand on compose la musique, il y a toujours des clins d’œil, des petites phrases écrites dans le style de tel ou tel musicien. On réinterprète un style à notre façon, précise-t-il. 

Si le duo montréalais a travaillé en vase clos sur ses quatre précédents albums, pour ce nouvel opus il a choisi de s’ouvrir aux collaborations, notamment avec DRAM, French Montana ou encore The Dream. Un chemin artistique que Chromeo souhaitait explorer. 

«On s’est dit que ça donnerait un résultat intéressant. C’était un défi, de comprendre comment travailler avec d’autres gens, comment inclure d’autres idées. Mais on a réussi à rassembler toutes les idées et à faire la synthèse de toutes ces collaborations tout en gardant la signature Chromeo», estime Patrick Gemayel. 

Les deux comparses fans de funk derrière Chromeo se connaissent depuis 25 ans alors qu’ils étaient encore sur les bancs du collège Stanislas, à Montréal. Le duo ne connaîtra toutefois ses balbutiements qu’en 2001. 

Et lorsque Fancy Footwork sort, en 2007, le duo est loin de s’imaginer que onze ans plus tard il s’offrirait un studio à Los Angeles. «Après [cet album], je m’étais dit : ‘Ok je l’ai fait, j’ai réalisé tous mes rêves. Ça pourrait s’arrêter demain, je serai heureux.’ Mais heureusement, ç’a continué.» 

Et au fil du temps, Chromeo s’est créé un créneau avec une signature sonore reconnaissable en utilisant l’évolution du funk — un genre musical qui en fait danser plus d’un depuis les années 1960. 

Une recette qui semble réussir à la formation québécoise, actuellement en tournée internationale. «Les gens vont toujours avoir besoin du funk, ils vont toujours avoir envie de danser. Je ne sais pas si on a raison de penser ça, mais quand tu crées une identité, que tu représentes quelque chose qui n’est pas toujours là dans la musique, qui sort des groupes modernes, les gens vont se tourner vers nous», explique-t-il. 

La prestation de Chromeo au Bluesfest — qui passera en revue une bonne partie de son nouvel album, mais aussi ses classiques — promet d’être un véritable party. Il devrait donc être difficile de ne pas être pris en flagrant délit de déhanchements déchaînés sur les plaines LeBreton. 

«Il y a beaucoup de jeux de lumière, beaucoup de miroirs et de réflexion, de la danse... c’est juste du fun !»

Changement d’image 

Après avoir fait des jambes féminines sa signature visuelle — on pense notamment aux jambes qui servent de support aux claviers en spectacles et sur la pochette de Fancy Footwork, ou encore celles de la mariée en talons hauts sur White Women et celles érotisées sur Business Casual — Chromeo a quelque peu revisité son image. 

Si les mini-jupes et les talons hauts sont toujours présents sur la pochette de Head over Heels, ce sont, cette fois-ci, les jambes de Dave 1 et Pee-Thug qui sont fièrement exhibés. 

«[Les jambes de femmes] ont toujours été notre image, ça nous caractérise. Mais il fallait suivre le discours d’aujourd’hui [...] sur les femmes et les transgenres notamment. On voulait prendre la responsabilité de ce qu’on avait projeté en se réappropriant ces jambes. Ça avait du sens dans l’évolution de notre image [...], mais c’était aussi l’occasion de montrer où on se situe par rapport aux discussions d’aujourd’hui [...] sur le respect de tous», explique Pee-Thug. 

POUR Y ALLER

Quand ? Samedi 7 juillet à 19 h 45

Où ? Bluesfest – City Stage 

Renseignements : ottawabluesfest.ca