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Brigitte Boisjoli au grand galop à la salle Odyssée [VIDEO]

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
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CRITIQUE — Brigitte Boisjoli a été accueillie par le public de la Maison de la culture de Gatineau comme un vent de fraîcheur en plein coeur de cette canicule.

Dimanche après-midi, à la salle Odyssée, la chanteuse a offert son spectacle intitulé Woman qui se veut non seulement un hommage aux grandes dames du country des années 50, 60 et 70, mais aussi à «toutes les Germaine qui sont dans nos vies», a-t-elle expliqué en se classant elle-même dans cette catégorie.

Il faut dire d’emblée que notre plaisir à l’écouter nous raconter ses histoires n’a d’égal que celui de l’entendre chanter. L’interprète originaire de Drummondville peut aussi bien nous faire rire que pleurer, et ce, dans le même quart d’heure.

«Vous êtes nos premiers spectateurs sans masque depuis plus d’un an, a-t-elle lancé au public épars de la salle Odyssée. C’est l’fun de voir que vous avez des dents!»

C’est avec ce genre d’humour et aussi en partageant une émouvante complicité avec ses quatre musiciens qu’elle a ravi le public gatinois pendant près de 90 minutes, et ce, deux fois plutôt qu’une puisqu’elle était sur la même scène en soirée.

À travers les époques

D’entrée de jeu, Brigitte Boisjoli est apparue sur une scène éclairée à contre-jour pour l’interprétation de Crazy, un titre de Patsy Cline. 

En plus d’une pièce ou deux de Cline, l’ex-académicienne a interprété des chansons de Brenda Lee, Connie Francis, Loretta Lynn, Patti Page et Tammy Wynette, toutes de grandes dames de la chanson country américaine.

Elle ne nous aurait pas expliqué son amour pour cette musique qu’on aurait tout de suite compris qu’elle a baigné dedans pendant toute sa jeunesse.

Brigitte Boisjoli avec son concert «Women» à la salle Odyssée de la maison de la culture de Gatineau.

Cette tournée, qui fait d’ailleurs suite à son hommage à Patsy Cline, a l’étiquette d’un spectacle de musique country, quoique l’artiste va beaucoup plus loin avec ce nouveau spectacle en nous réservant plusieurs surprises. 

Tout au long de la soirée, elle nous raconte des tranches de vie ainsi que la musique qui va avec — et pas toujours du country. On apprend d’ailleurs que son premier amour fut l’une des plus grandes vedettes du rock’n roll.

«Elvis Presley était l’idole de mon père. Lorsque j’avais à peine quatre ans, il me plantait devant la télé pour que je regarde ses films alors, vous comprendrez qu’il est devenu mon premier amour. Après lui, difficile pour des gars d’accoter ce niveau-là», dira-t-elle avec son plus grand sourire.

Le King et Roy Orbison furent les deux seules exceptions masculines de cette ode aux femmes. D’ailleurs, parlant de Orbison, Brigitte Boisjoli a livré une incroyable version de Crying qui lui a valu une ovation debout.

C’est à un véritable pèlerinage à travers les époques que nous a conviés cette boule d’énergie qui ne s’arrêtera qu’à la fin de son spectacle. Une prestation qui a fini abruptement et qui a d'ailleurs pris au dépourvu les spectateurs, puisqu’elle n’a pas offert de rappel.

Le guitariste Jean-François Beaudet, que l'on retrouve habituellement sur le plateau de <em>Belle et Bum</em>, est l'un des quatre musiciens de tournée de Brigitte Boisjoli.

Tous les genres

Le country est visiblement le genre de musique qui lui va comme… une paire de bottes western. 

Par contre, on pourrait placer le nom de Brigitte Boisjoli dans toutes les cases musicales possibles qu’il serait impossible de se tromper. Que se soit le blues, le rock’n roll, le jazz ou même le gospel, ce caméléon de la musique s’adapte à tous les styles musicaux.

Et c’est sans complexe qu’elle a pigé dans les répertoires de Céline Dion, Janis Joplin, Eartha Kitt, Aretha Franklin et Amy Winehouse pour terminer son tour de chant.

Pour ceux et celles qui pourraient encore en douter, Brigitte Boisjoli est à placer parmi les plus grandes interprètes du Québec. 

Et que dire des musiciens qui l’accompagne, dont Jean-François Beaudet (Belle et Bum) à la guitare, William Croft (La semaine des 4 Julie) aux claviers, Maxime Reed-Vermette à la batterie et Sylvain Lamothe à la basse. Ils offrent à la chanteuse toute l’assurance dont elle a besoin pour offrir un spectacle qui, ma foi, est à placer dans les plus beaux moments de cette sortie de pandémie.