«Jun» (Jacques Junior) Courville, Stéphane Otis et Michel Riberdy, les initiateurs de <em>Bémol à la COVID</em>, une émission live qui offre une vitrine virtuelle aux artistes de l’Outaouais, diffusée depuis Buckingham.
«Jun» (Jacques Junior) Courville, Stéphane Otis et Michel Riberdy, les initiateurs de <em>Bémol à la COVID</em>, une émission live qui offre une vitrine virtuelle aux artistes de l’Outaouais, diffusée depuis Buckingham.

Bémol à la COVID: une nouvelle vitrine live pour les artistes

Le Café des artistes de la Lièvre, à Buckingham, a trouvé une façon de continuer à diffuser les artistes de l’Outaouais, bien que les mesures de confinement l’aient obligé à fermer ses portes.

Le directeur artistique des lieux, Stéphane Otis, et son partenaire «Jun» (Jacques Junior) Courville, responsable de la technique et de l'animation des spectacles présentés au Café des artistes, ont lancé sur Internet l’initiative Bémol à la Covid

Il s’agit d’une série de prestations live: des émissions de plus d’une heure, ponctuées de chansons préenregistrées, et diffusée en streaming chaque mardi, à 19h, sur la page Facebook de la Société d’intégration des artistes de la scène en Outaouais (SIASO).

La troisième diffusion aura peut-être pour tête d’affiche Martin Giroux (Notre-Dame de Paris; Star Académie 2004), avance M. Otis, qui est aussi en pourparler avec l’équipe de Stéphanie St-Jean (La Voix) pour qu’elle participe à une future émission. Giroux, Gatinois d’origine, a témoigné de son intérêt pour l'émission, mais pas encore confirmé sa participation à celle de mardi.

Mardi, «on va présenter une douzaine de video et on aura un artiste invité (en direct)», avance Stéphane otis, en mentionnant les noms du guitariste Philippe Bigras (complice de Stéphanie St-Jean) ainsi que l’accordéoniste Patrick Nolay.

«Beaucoup d’événements culturels ont été annulés. [On a] lancé ça pour aider les artistes à sortir de l’isolement», expose M. Otis.

La plupart des participants sont issus de la relève. «Ça fonctionne très bien. On a découvert quatre artistes, la semaine passée. [Dont] Émilie Bédard, une jeune auteure-compositrice-interprète de 16 ou 17 ans, qui chante en utilisant une loop station» (une console pour enregistrer et reproduire en boucles des phrases musicales).

Pop, rock, folk... tous les style de musique peuvent s’y côtoyer. Y compris le trad’, l’organisme Folklore Outaouais ayant décidé de poursuivre le partenariat établi avec le Café des artistes de la Lièvre, où l’on pouvait entendre les reels et rigodons une à deux fois par mois, rappelle le président de la société d’histoire de Buckingham (SHB), Michel Riberdy. Amateur de patrimoine du Québec jusque dans sa musique, ce dernier a joué un rôle central dans la mise en place de Bémol à la COVID.


« Beaucoup d’événements culturels ont été annulés. J’ai lancé ça pour aider les artistes à sortir de l’isolement »
Stéphane Otis

Structurer le milieu artisitique

La Société d’intégration des artistes de la scène en Outaouais a été créée peu avant la pandémie (il existe officiellement depuis la fin décembre 2019) par Stéphane Otis.

Cet OSBL était avant tout destiné à structurer le milieu culturel, notamment en offrant aux artistes de l’encadrement et des espaces de diffusion et de promotion. Son ambition s’étend au soutien technique et à la mise en place d’une résidence artistique pour faciliter la professionnalisation des artistes. À long terme, le SIASO souhaite pouvoir se doter d’un studio d’enregistrement et d’une salle de spectacle.

Dans sa forme initiale, il permettait de chapeauter la formule de spectacles open mic hebdomadaires que M. Otis avait mis en place au Café des artistes.

Le SIASO a donc trouvé une façon virtuelle de poursuivre sa mission durant la pandémie.

Stéphane Otis est le directeur artistique du Café des artistes de la Lièvre, à Buckingham. L’établissement ayant dû fermé ses portes, il a trouvé une façon virtuelle de poursuivre son travail avec les artistes.

Coup de pouce de la Société d’histoire 

Les émissions hebdomadaires seront diffusées tout au long de la période de confinement. Elles pourront même se prolonger par la suite, sans doute de façon mensuelle, sous la forme d’un «best of», laisse entendre Michel Riberdy.

C’est lui qui gère le volet technique de Bémol à la COVID. Depuis son domicile, où il a établi un véritable «studio virtuel», il assure la régie des spectacles.

La SHB était en effet équipée d’un TriCaster mini, sorte de console numérique miniature pouvant émuler un studio de télévision, en gérant de multiples entrées et sorties de canaux.

Cet outil acquis l’an dernier grâce à une subvention de la Ville de Gatineau «prenait la poussière» en attendant de servir à de futurs projets de la SHB. Prenant le taureau par les cornes, M. Riberdy a décidé de le mettre à disposition du SIASO: l’organisme a ainsi pu mettre en place Bémol à la COVID en lui donnant sa dimension multi-participative.

L’opération n’est pas des plus simple, logistiquement parlant. L’émission est animée – à distance – par «Jun» Courville, l’auteur-compositeur-interprète qui animait déjà les soirées open mike. Stéphane Otis l’épaule. Artistes et animateurs live utilisent Skype. On y diffuse des vidéos d’artistes reçues au cours de la semaine précédente, ainsi qu’une des capsules patrimoniales réalisées au fil des ans par la SHB.

Après s’être assuré de la compatibilité des appareils de chacun, M. Riberdy gère le trafic à distance, s’assure de la bonne synchronisation des interventions, tout en surveillant la capacité de bande passante, par rapport au volume global des signaux émis.

À la bonne franquette

Comme l’initiative se veut le prolongement des soirées à micro ouvert du Café des artistes de la Lièvre, les vidéos sont réalisées ‘à la bonne franquette’. Le comité de sélection que préside Stéphane Otis s’assure toutefois qu’un certain niveau de qualité soit respecté pour chaque envoi, fut-il en mode do it yourself.

Après avoir vérifié qu'elles ne contiennent aucun contenu susceptible de contrevenir aux lois ou au bon goût, Junior Courville dit passer plusieurs heures sur chaque vidéo pour s'assurer de leur qualité et les rendre techniquement compatibles avec leur système de diffusion en réseau. 

Le projet n’en est qu’à ses débuts, et M. Otis promet de veiller à ce que la qualité des vidéos progresse de façon constante, dans le futur. 

Bémol à la COVID est un peu l’amalgame de tout ce qu’on était en train de faire au niveau culturel dans le secteur de Buckingham, avant la pandémie, estime Michel Riberdy.

Stéphane Otis invite «tous les artistes de l’Outaouais, pas seulement ceux de Buckingham» à soumettre leur candidature pour une participation live (depuis leur ‘salon’) ou à proposer une vidéo.

Les soumissions se font ici.