Autopsie 2017 et ses artisans Jean-Denis Scott, David Thibodeau et Martin Vanasse.

Autopsie 2017, 12 mois de grâce

CRITIQUE / «Mesdames, Messieurs, LGBTQ, BS, AA...» Ainsi débute la 4e édition d’Autopsie 2017, ton inclusif mais néanmoins corrosif pour ouvrir cette revue de l’année humoristique devenue un incontournable des meilleurs spectacles de fin d’année. Il y est beaucoup question de singeries politiques et d’autodérision, sur fond d’actualité.

Les trois auteurs, concepteurs et interprètes s’en donnent à coeur joie pendant près de deux heures sur la petite scène du Théâtre de l’Île. On s’y presse pour savourer le debriefing des 12 derniers mois de l’année, selon la formule consacrée du Bye Bye. Avec un traitement régional tout désigné pour la satire, surtout en cette année de campagne électorale municipale.

Dans la salle fusent sporadiquement des «Seigneur !» et «Maudit !» agréablement outrés. Complices amusés du trio, on s’indigne volontiers des flèches décochées selon les manchettes de l’année. 

Si la recette de base est immuable — on revisite l’actualité locale, nationale ou internationale sous l’angle de l’humour —, les épices varient selon les éditions. Cette année, Sylvie Goneau vole la vedette du spectacle; les tours Brigil ombrent les gags et les inondations irriguent abondamment la thématique 2017 («le Festival des Montgolfières rebaptisé le Festival des Gondolfières»), sans oublier l’aréna Guertin, un beau terrain de défoulement comique.

D’entrée de jeu, Autopsie 2017 est présenté par trois gars «qui n’ont pas la langue dans la poche», preuve visuelle à l’appui. Des clips vidéos ponctuent le spectacle, dont une parodie hilarante d’Ed Sheeran à la recherche du centre ville de Gatineau, et des sketches à l’écriture ciselée de Jean-Denis Scott avec son fils.  

Un rire libérateur 

Pas question, non plus, de négliger le critère diversité qu’ils connaissent bien puisque les trois humoristes travaillent à Radio Canada. «Je me convertis à l’islam d’ici la fin du spectacle!», ose et propose David Thibodeau.

S’ils se moquent volontiers des candidats à la mairie de Gatineau, aucun n’est épargné car tous se sont prêtés au jeu de leur questionnaire, sauf l’un d’eux dont l’absence fait l’objet d’une bonne blague.

Maxime Pedneaud-Jobin ? «Parle avec un vocabulaire inaccessible pour les détenteurs d’un secondaire cinq». Rémi Bergeron ? Doit revoir ses cours d’histoire sur la création de Gatineau. Clément Bélanger et Sylvie Goneau ? À découvrir. 

Le trio ne manque pas de brocarder l’animateur de radio Roch Cholette, un sujet de plainte à partager au numéro 311, déjà utile pour les nids-de-poule, bris d’aqueduc et autres tracas municipaux.

Ils ne s’interdisent aucun sujet, même celui des abus sexuels qui ont éclaté en fin d’année. De quoi faire grincer bien des dents. Mais les trois ne tombent jamais dans la provocation gratuite. Les vannes —encore en rodage le soir de la première —sont toujours sous tendues par une idée, une réflexion, un parti pris ou un jeu de mots. Et quand l’un ou l’autre improvise, suite à un cafouillage ou par esprit de répartie, on entrevoit toute l’inventivité débridée du trio.  

La perle de la soirée ? Le maire Maxime Pedneaud-Jobin décryptant les commentaires de ses opposants sur les réseaux sociaux. Savoureux. 

Corrosif, insolent, Autopsie 2017 continue de susciter un rire libérateur plus que jamais indispensable.  


POUR Y ALLER :

Quand ? Jusqu’au 16 décembre, 20 h

Où ? Théâtre de l’Île 

Renseignements ? 819 595 7455 ; 819-243-8000 ; ovation.ca