Quelques salles ont mis en ligne une programmation pour les deux prochains mois, signe que beaucoup de travail avait été fait en amont.
Quelques salles ont mis en ligne une programmation pour les deux prochains mois, signe que beaucoup de travail avait été fait en amont.

Reprise des spectacles: Remplir les salles à petits pas

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Le nombre maximal de personnes pouvant assister à des événements intérieurs et extérieurs dans des lieux publics passera à 250 à compter du 3 août. L’annonce, qui a été faite par le gouvernement du Québec la semaine dernière, a déclenché un soupir de soulagement partout dans l’industrie du spectacle.

Déjà, quelques salles ont mis en ligne une programmation pour les deux prochains mois, signe que beaucoup de travail avait été fait en amont, et ce, bien avant l’annonce du gouvernement Legault.

« Ayant été la première industrie à tout mettre sur pause au début de la pandémie, on ne voulait certainement pas être les derniers à se remettre en marche, a lancé Jean-François Renaud de l’agence montréalaise Concertium. Avec quelques collègues du milieu, en avril, nous avons mis sur pied un comité de relance — appelons-le comme ça — qui devait se pencher sur les moyens de relancer l’industrie du spectacle de façon cohérente. Je dois te dire qu’au début, on avait l’air d’une gang de Martiens dans ce monde plutôt pessimiste. »

Ce comité regroupe aujourd’hui une vingtaine de joueurs de l’industrie du spectacle, allant des diffuseurs aux producteurs en passant par les agents d’artistes. Steeve Fournier, directeur général de la Salle Odyssée à Gatineau, siège d’ailleurs sur ce comité.

« Notre comité est le résultat d’un désir commun de s’adapter notre nouvelle réalité et mettre sur pied des nouvelles programmations qui seront également adaptées aux diverses consignes de santé publique, d’ajouter M. Renaud. On doit aussi jongler avec les craintes de chacun dans un tel contexte, autant celles du public que des artistes, des artisans et des employés des salles de spectacle. On se doit de respecter tout le monde dans le processus. »

Au fil des mois, le contexte a bien évolué. 

Passant de l’interdiction de tout rassemblement à des regroupements de 50 personnes, voilà qu’il est possible d’accueillir jusqu’à 250 personnes dans une salle de spectacle.

« Pour la salle Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau, recevoir 250 personnes correspond à environ 180 spectateurs assis dans la salle, d’expliquer Martin Vanasse, agent de communication à la salle gatinoise. Pour chaque représentation, nous devons tenir compte de nos employés, des techniciens et des artistes dans notre décompte de 250 personnes. Et chaque diffuseur fera de même pour sa propre salle. »

Cette réalité comptable viendra évidemment influencer les recettes que produira chaque spectacle. 

C’est aussi pour cette raison que les producteurs ont dû s’adapter, tant pour les cachets des artistes que pour l’offre artistique.

« Le calcul est simple, moins il y a de monde sur scène, plus bas sera le coût de chaque spectacle, d’analyser M. Renaud. L’offre artistique a également dû s’adapter. On verra plus de spectacles en solo, duo ou trio pour ce qui est de la chanson. Au théâtre, on monte des pièces mettant en scène un seul comédien et des spectacles de danse en solo. Plusieurs de ces changements sont issus de discussions au sein de notre comité de relance puisque, au fil des semaines, se sont ajoutés des gens qui avaient espoir de relancer l’industrie rapidement. »


« Ayant été la première industrie à tout mettre sur pause au début de la pandémie, on ne voulait certainement pas être les derniers à se remettre en marche. »
Jean-François Renaud de l’agence Concertium

Déjà sur scène

Quelques salles ont déjà ouvert leurs portes au public en présentant des spectacles pour 50 personnes. C’est le cas, entre autres, de l’Amphithéâtre Cogeco à Trois-Rivières où Rick Pagano s’est produit jeudi dernier. 

« Plusieurs se sont déjà lancés dans des nouvelles programmations, confirme le fondateur de Concertium. Bien sûr, les humoristes ont un petit avantage à ce niveau, mais les musiciens ont rapidement embarqué. Chaque salle monte une programmation faite sur mesure pour elle. Mais, une chose est constante dans toutes les régions du Québec, c’est l’enthousiasme des gens à revoir des spectacles en salle. Et nous, notre rôle est de faciliter cette réunion entre l’artiste et le public. »

Quant à la billetterie, on constate qu’une forte majorité des détenteurs de billets ont conservé leur droit au lieu d’un remboursement.

« Pour la salle Odyssée, c’est une large majorité qui a accepté de conserver leur billet pour une date ultérieure, ajoute M. Vanasse. On en compte quand même qui ont voulu un remboursement, et ce, pour toutes sortes de bonnes raisons. Mais, c’est tout de même encourageant de voir que nos clients restent fidèles à notre offre. »

À Gatineau par contre, on devra attendre à la fin du mois de septembre avant de pouvoir assister à un spectacle dans la salle Odyssée. 

« Nous avons encore beaucoup de détails à gérer avant d’ouvrir la salle, explique M. Vanasse. Selon toute vraisemblance, on pourra annoncer notre nouvelle programmation vers la fin du mois d’août et débuter les spectacles environ un mois plus tard. »


«  Nous avons encore beaucoup de détails à gérer avant d’ouvrir la salle. »
Martin Vanasse, agent de communication de la Maison de la culture de Gatineau

Et à l’ADISQ

L’ADISQ accueille avec enthousiasme l’annonce du gouvernement du Québec. 

Lors de l’annonce du 22 juin concernant la limite de 50 spectateurs, la réponse du secteur de la musique et de l’humour a été immédiate, selon l’organisme. 

« Malgré d’importantes contraintes sanitaires, techniques et financières, artistes et producteurs ont rivalisé de créativité afin de pouvoir proposer une programmation diversifiée à un public désireux de retrouver ses artistes. Signe de cet enthousiasme, les billets pour ces événements se sont envolés à toute vitesse, a rappelé par communiqué Philippe Archambault, président de l’ADISQ. N’oublions pas que l’industrie de la musique et de l’humour est aussi demeurée bien vivante tout au long de la crise. Une multitude de prestations innovantes ont été présentées en format numérique ainsi que dans les médias traditionnels, des lancements d’albums ont eu lieu, sans oublier que des spectacles collectifs d’envergure ont été présentés à la télévision. Il ne fait pas de doute que l’industrie saura se saisir de cette nouvelle ouverture pour continuer de proposer au public une offre diversifiée. »

 De récentes consultations menées auprès des membres de l’ADISQ montrent que la majorité des entreprises responsables de la production et de la commercialisation des spectacles souhaite reprendre une activité de spectacle.

« Si le passage de la limite de spectateurs à 250 ne résout pas toutes les inquiétudes, cette étape est fort encourageante pour la reprise, a ajouté dans le même communiqué Solange Drouin, vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ. D’autant plus que cette relance est solidement appuyée financièrement par le gouvernement du Québec. »

Les dirigeants de la salle Odyssée à Gatineau devraient pouvoir accueillir leur clientèle à la fin du mois de septembre.

Salle Odyssée à Gatineau: Encore loin de l’ouverture des portes

Il y a encore loin du premier spectacle sur la scène de la salle Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau. 

De nombreux détails concernant les consignes sanitaires touchant autant le public que les employés seront à finaliser au cours des prochaines semaines.

Parmi ces détails, Martin Vanasse, agent de communication à la Maison de la culture, estime qu’ils devront entre autres émettre des consignes claires quant à la circulation des spectateurs à l’intérieur de l’édifice. 

Le port du couvre-visage sera évidemment obligatoire lors des déplacements ainsi que la distanciation de deux mètres dans le foyer et dans les files d’attente.

« Une fois rendus à leurs sièges, les spectateurs pourront enlever leurs masques, mentionne-t-il. Aussi, il y aura une distanciation de 1,5 mètre dans la salle de spectacle. »

Afin de faciliter cette distanciation à l’intérieur de la salle, un algorithme a été mis en place par le système de billetterie Ovation qui gère l’ensemble des réservations à la Maison de la culture. Lors de l’achat de billets, il se crée immédiatement une distance entre cet achat et le suivant, permettant ainsi de maintenir la distanciation physique requise.

Par exemple, à l’achat de billets par un groupe ayant la même adresse, il y aura automatiquement un espace libre de trois bancs de chaque côté du groupe de même que la rangée libre derrière et devant ce même groupe. 

« C’est comme si chacun portait un parapluie, image M. Vanasse. Chaque groupe aura sa bulle. »

D’autres contraintes seront à mettre en place par exemple l’accès au bar et aux toilettes. « Rien n’est encore arrêté à ce sujet, continue Martin Vanasse. Par contre, pour ce qui est des artistes, on a déjà mis en place des mesures depuis le lancement du StudiOdyssée au début de l’été. Chaque artiste à sa loge et les coulisses ont été aménagées en fonction des consignes de la santé publique. De même, les repas et collations sont servis individuellement. »


« Pour l’instant, les spectacles demeurent suspendus dans notre salle de spectacles du Casino. »
Samuel Larochelle, Loto-Québec

Au Casino

Pour ce qui est de la salle de spectacle du Casino du Lac-Leamy, les spectacles n’ont toujours pas repris.

« Pour l’instant, les spectacles demeurent suspendus dans notre salle de spectacles du Casino, de confirmer Samuel Larochelle, conseiller en affaires publiques chez Loto-Québec. Nous suivons la situation de près, restons en lien avec le promoteur et informerons le public dans l’éventualité où la reprise de la programmation se fait avant janvier 2021. »

Cette décision concernant les salles de spectacle touche également les théâtres et les cinémas dans l’ensemble du Québec. 

Les événements sportifs se déroulant à l’intérieur sont également touchés par cette mesure, tout comme les salles d’entraînement, les lieux de culte, les salles d’audience et les salles de location.

Si ce maximum de 250 personnes concerne également les événements publics extérieurs, les festivals et autres grands événements demeurent interdits jusqu’au 31 août.

Par ailleurs, le nombre de personnes pouvant participer à une activité dans un lieu privé ne peut toujours pas dépasser 10.