Paul Lafrance vient de lancer son nouvel album, <em>A Fiddler’s Web</em>.
Paul Lafrance vient de lancer son nouvel album, <em>A Fiddler’s Web</em>.

Paul Lafrance: des reels trad aux accents d’aujourd’hui

Il est faux de croire que la musique trad patauge toujours dans la même époque. Certains tirent leur inspiration dans des thèmes beaucoup plus actuels.

C’est du moins ce qu’a voulu expérimenter le compositeur Paul Lafrance avec son tout dernier album, A Fiddler’s Web.

Depuis 40 ans, le violoniste et multi-instrumentiste originaire de Gatineau fait entendre ses compositions un peu partout. Il a aussi mis son archet au service d’autres artistes dont Donald Poliquin, Gildor Roy et Benoit Leblanc tout en faisant partie du trio trad Les Têtes à Papineau.

« J’ai passé beaucoup de temps sur la route à jouer sur pratiquement toutes les scènes de musique traditionnelle au Québec, de confier le musicien lorsque joint à sa résidence de Gatineau. Il y a quelques années, j’ai décidé de m’accorder une pause et de me consacrer à l’écriture de ma musique. »

C’est en 2017 que Paul Lafrance décide de monter un petit studio dans sa maison. Il entreprend alors d’enregistrer plusieurs pièces originales et de se lancer à fond dans l’écriture.

Ce fut une période faste pour le musicien qui a proposé deux albums cette année-là, soit La quête et l’acquis ainsi que À Jeu Découvert. Ce dernier projet a été réalisé en collaboration avec avec le guitariste Marc-André Marchand.

« J’ai beaucoup composé cette année-là, explique-t-il. Parallèlement à ça, j’écoutais beaucoup ce qui se faisait en musique traditionnelle et en musique du monde. C’est un peu ce qui a mené à A Fiedler’s Web, inspiré de notre monde de plus en plus connecté et déshumanisé. »

Lafrance a travaillé sur ce projet pendant presque trois ans avant de le finaliser l’automne dernier.

« Je devais lancer l’album le 8 avril dernier à la brasserie À la Dérive, sur la rue Jacques-Cartier à Gatineau, explique-t-il. Mais la situation que l’on vit en ce moment est venue chambouler tous mes plans. On a donc mis en ligne l’album un peu plus rapidement que prévu. »

Paul Lafrance vient de lancer son nouvel album, <em>A Fiddler’s Web</em>.

A Fiddler’s Web compte 17 pièces originales et est disponible en version numérique sur la majorité des plateformes de steaming et en version physique sur commande à partir du site web de l’artiste (paullafrancemusicien.com).

Deux pièces font l’objet d’un vidéoclip disponible sur Youtube soit Wi-Fi Five (youtu.be/yKsyJ0HhbGc) et The Cloud’s Waltz (youtu.be/XG-5KnELKG0).

D’inspiration fortement traditionnelle, on sent tout de même des influences très world beat sur certains pièces tout en conservant les reels traditionnels.

Bien sûr, le violon est très présent et se veut même rassurant pour les amateurs du genre. Le piano a aussi une belle place dans cet album entièrement instrumental.

Les pièces proposées qui, soit dit en passant comportent des titres en anglais, sauf une, ont permis à Lafrance d’exprimer tout son talent de multi-instrumentiste.

« Il n’y a que la guitare qui échappe à mes compétences, de dire non sans rire le musicien. Sinon, j’ai joué de tous les instruments qui se retrouvent sur l’album. Quant aux titres en anglais, c’est voulu. En fait, le vocabulaire de l’internet est presque exclusivement en anglais. Et j’ai volontairement titré mes chansons en anglais non sans une certaine ironie dans le choix des mots. »

Prochain projet

L’artiste est toujours bien ancré dans sa période de création.

D’ailleurs, Paul Lafrance pense déjà à son prochain album.

« Je suis présentement en train de jeter les bases de mon prochain disque, confie-t-il. L’album s’intitulera Planète celtique et comme son nom l’indique, les influences celtes seront nombreuses dans ce projet. Je compte le lancer quelque part en 2021. »

S’il faut en croire Paul Lafrance, la musique traditionnelle est loin d’être une musique morte et ses reels ne s’écoutent pas seulement dans le temps des Fêtes autour du poêle à bois.

« On peut aussi swinger sa compagnie autour d’un feu de la Saint-Jean ».