Le cinéma StarCité dans le secteur du Plateau, à Hull
Le cinéma StarCité dans le secteur du Plateau, à Hull

Les cinémas sortent de l’ombre

Les salles de cinéma du Québec ont majoritairement accueilli les cinéphiles vendredi, alors que leur déconfinement a été officialisé la semaine dernière.

C’est une bonne nouvelle pour cette industrie qui n’avait reçu aucune aide gouvernementale pendant le confinement.

« On a été laissé à nous-même depuis le mois de mars, déplore Didier Farré, directeur général du Cinéma 9 de Gatineau et président du Festival du film de l’Outaouais. On rouvre en ne sachant pas trop ce qui va se passer dans les prochaines semaines. »

Ces inquiétudes sont partagées par l’ensemble des propriétaires de cinémas qui, eux aussi, rouvrent, mais à capacité réduite. Afin de se plier aux exigences de la santé publique, le Cinéma 9 — un cinéma indépendant qui projette des films essentiellement en version française — ne pourra offrir plus de 450 places sur une capacité maximale de 1800.

« L’été, ce sont les meilleurs mois de l’année pour les salles de cinéma, ajoute M. Farré. Nous réalisons le gros de notre chiffre d’affaires de juin à août. Et là, après trois mois de fermeture, on ne pourra visiblement pas faire nos frais. »

C’est avec une programmation mitoyenne que le Cinéma 9 allumera ses projecteurs.

Trois nouveautés seront à l’affiche alors que des titres qui étaient déjà en salle à la fermeture du cinéma en mars dernier reviendront à l’horaire.

« Nous sommes à la merci des grands studios américains qui ont tous retardé la sortie de leurs gros blockbusters, explique M. Farré. Et comme tous ces gros canons sont reprogrammés tout au long de l’été et même jusqu’en décembre, il ne reste plus grand-chose pour les productions indépendantes et québécoises. »

Sur l’horaire du Cinéma 9, on retrouve Les Trolls 2 : tournée mondiale, 14 Jours 12 Nuits, Bloodshot VF et VOA, Angry Birds 2 : Le Film, Donne-moi des ailes, Mon Espion, L’Homme invisible VF et VOA ainsi que Mafia Inc.

Le Cinéma 9, à Gatineau

Cineplex et Guzzo

Les Cinémas Guzzo — qui n’ont pas de salles en Outaouais — et Cineplex ont annoncé plus tôt cette semaine la réouverture de leurs salles.

Dans son communiqué publié au début de la semaine, Cineplex a indiqué que la majorité de ses cinémas rouvriront leurs portes tout au long du mois de juillet — dont celui du Plateau à Gatineau qui a accueilli ses premiers cinéphiles vendredi —, sans toutefois donner plus de détails.

La billetterie des succursales en opération demeurera fermée.

Les spectateurs devront réserver leur siège, soit d’avance, soit par l’entremise des kiosques libre-service. L’argent comptant, même pour l’achat de popcorn, ne sera pas accepté.

Outre les mesures sanitaires et de distanciation physique habituelles, le port du masque est recommandé.

Pour son ouverture, Cineplex proposera des films qui étaient à l’affiche au début de la pandémie de la COVID-19 (Bloodshoot, L’homme invisible…), des « classiques » (Bon Cop, Bad Cop 2, Kill Bill Vol. 1) ainsi qu’une rare nouveauté (Docteur ?).

Cinémas Guzzo, la troisième plus grande chaîne au Canada, a aussi annoncé la réouverture de ses neuf salles québécoises de cinéma (133 écrans, dont 9 IMAX), conformément aux directives de la province annoncées la semaine dernière.

Les projecteurs des salles ontariennes resteront fermés jusqu’à nouvel ordre.

Le cinéma StarCité, à Hull

Et le FFO

Et qu’en est-il du Festival du film de l’Outaouais (FFO)?

L’événement qui devait avoir lieu en mars dernier a dû, comme tous les événements publics, remettre à plus tard ce qui devait être une édition exceptionnelle, sous la présidence d’honneur du comédien Michel Côté.

« On devait présenter 135 projections pendant les huit jours du festival, se rappelle M. Farré. On avait même programmé en avant-première le film Tu te souviendras de moi, d’Éric Tessier. »

Mais voilà que la pandémie a également mis fin aux espoirs de M. Farré et son équipe de présenter le FFO.

« On travaille à présenter le festival au début octobre, a-t-il confié. Par contre, on ne sait pas encore si ça sera possible, puisque plusieurs prévoient l’arrivée d’une deuxième vague du virus pour l’automne. Alors, on doit être prudent. »

Si la 22e édition du FFO est finalement présenté en octobre, les organisateurs devront repenser la programmation.

« Ce n’est pas une tâche simple que de monter une programmation pour un festival du film, ajoute-t-il. On devra tout revoir et refaire les contacts avec les diffuseurs et nos partenaires. Rien n’est encore joué. »

Quant à la fermeture du Cinéma Aylmer annoncée pendant le confinement, M. Farré s’attriste de voir disparaître un partenaire, autant pour son festival que pour la diffusion de films de qualité.

« Fanny (Robert) et Yannick (Rancourt) ne sont pas des fainéants, dit-il. Ils ont travaillé très fort pour que leur cinéma fonctionne, mais avec cette pandémie, le contexte était devenu intenable pour eux. Avec si peu d’écrans et les normes établies par les gros studios, ils ne pouvaient simplement pas atteindre le seuil de la rentabilité. C’était une mort annoncée. »