Vendredi, la Maison de la culture de Gatineau n’était pas en mesure de chiffrer précisément les sommes qu’elle allait pouvoir récupérer, mais ses responsables accueillaient avec satisfaction l’idée d’établir un ratio entre l’offre actuelle des spectacles et l’offre potentielle.
Vendredi, la Maison de la culture de Gatineau n’était pas en mesure de chiffrer précisément les sommes qu’elle allait pouvoir récupérer, mais ses responsables accueillaient avec satisfaction l’idée d’établir un ratio entre l’offre actuelle des spectacles et l’offre potentielle.

La Maison de la culture de Gatineau applaudit, le Cinéma 9 reste de glace

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
L'aide supplémentaire de 50 millions $ pour le secteur culturel, annoncée vendredi par Québec, a été très chaleureusement accueillie par la Maison de la culture de Gatineau, mais plus froidement par le propriétaire du Cinéma 9.

«C’est une excellent nouvelle pour la Salle odyssée et pour toute l’industrie culturelle! » s’est réjoui la Maison de la culture de Gatineau (MCG). Et ce, d’autant plus que le gouvernement s’assure «que l’argent soit reversé à la création», a réagi le responsable des communications de la MCG, Martin Vanasse.

«Cette aide vient nous aider à payer les frais fixes et les frais d’opération. C’est un véritable allégement. [...] Ça va nous permettre de souffler en tant que diffuseur, de payer les artistes et les techniciens, et nous assurer qu’il n’y a plus de reports. Ça nous donne effectivement de la prévisibilité», fait valoir M. Vanasse. Il rappelle que les contraintes actuelles forcent la MCG à reporter de nombreux spectacles, au point qu’«on est déjà en train de déborder sur les saisons 2022 et 2023». 

«Donc, on bloque l’année sans même savoir si on peut vraiment présenter le spectacle en janvier ou en février ou en mars. Mais [grâce à cette annonce], au moins, on va pouvoir respecter nos engagements envers le producteur et l’artiste», même lorsqu’un spectacle tombe à l’eau.

«C’est beaucoup d’argent»

Vendredi, la MCG n’était pas en mesure de chiffrer précisément les sommes qu’elle allait pouvoir récupérer, mais ses responsables accueillaient avec satisfaction l’idée d’établir un ratio entre l’offre actuelle des spectacles et l’offre potentielle.

«Ce mois-ci, on n’a que deux spectacles – Rachid Badouri et Marc Gendron en duo avec Brigitte Boisjoli – alors qu’en octobre 2019... on était pleins mur à mur», fait observer M. Vanasse. 

«Après, c’est sûr qu’il va falloir regarder tout ça dans les menus détails et ce qui est écrit en petits caractères: quelles sont les conditions précises du CALQ? quelles disciplines sont concernées ? est-ce que ça englobe l’humour, par exemple?»

Reste que «50 millions$, c’est beaucoup d’argent», commente Martin Vanasse. «Ils ont vraiment délié les cordons de la bourse. C’est une offre sérieuse, qui va venir en aide a beaucoup de salles, qu’elles soient fermées ou qu’elles fonctionnent, comme nous, avec un public restreint», ajoute-t-il.

Le propriétaire du Cinéma 9, Dider Farré

Cinéma 9

Le propriétaire du Cinéma 9, Dider Farré, ne voit en revanche rien de très emballant dans cette annonce, pour l’instant.

Il continue de penser que la décision de faire fermer les salles de cinéma en zone rouge est «arbitraire et injustifiée».

«Ce qui m’énerve un peu avec cette conférence de presse, c’est qu’ils lancent des gros chiffres, mais ils parlent des salles de spectacles et des tournages, bref, de tout sauf des salles de cinéma. Alors qu’au Canada, 80% des revenus de la production cinématographique proviennent des salles de cinéma.»

«Pour moi, ça veut dire que bientôt on produira des films... qu’on ne pourra voir que sur très peu d’écrans, car il n’en restera plus beaucoup.»

L’Outaouais n’étant pas en zone rouge, le Cinéma 9 reste ouvert. «Mais il y a un vrai problème d’approvisionnement», mentionne-t-il. Il s’attend à ne pas recevoir certains films, tout simplement «parce que les distributeurs ne voudront pas sortir leurs films juste en Outaouais, ou juste dans quelques région [tant qu’ils] n’ont pas accès aux marchés de Montréal et Québec.

«Les salles de cinéma ont besoin d’aide urgente, sinon ça va être dramatique. »