Après une carrière d’animation qui a débuté il y a 20 ans, Jean-François Chevrier passe à la réalisation à la radio de Radio-Canada.
Après une carrière d’animation qui a débuté il y a 20 ans, Jean-François Chevrier passe à la réalisation à la radio de Radio-Canada.

Jean-François Chevrier passe de l’animation à la réalisation

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Jean-François Chevrier a décidé de changer d’air.

L’animateur s’est assis, plus tôt cette semaine, dans la chaise du réalisateur alors qu’il sera à la barre de l’émission Sur le vif animée par Marie-Lou St-Onge sur les ondes de la radio de Radio-Canada dès lundi à 15 h.

Tout semblait prédestiner Jean-François Chevrier à passer un jour à la réalisation.

Homme de radio, il a débuté sa carrière au début des années 2000. Ce touche-à-tout s’est baladé de la radio privée à la radio d’État, se sentant toujours à sa place devant un micro.

« Je suis clairement un gars de radio, lance-t-il d’emblée. Chez moi, il y a toujours deux postes de radio ouverts en permanence, et pas syntonisés sur la même station. J’aime ce médium et je crois que c’est là que je suis le plus à ma place. »

Au cours des 10 dernières années, en plus d’occuper un poste de journaliste culturel à la radio, Chevrier a animé l’émission estivale produite par la télé de Radio-Canada à Ottawa. Pendant six ans, il a animé l’émission Changer d’air qui, depuis les quatre dernières années est présentée sous le titre de Tout inclus.


« Je quitte l’animation avec le sentiment du devoir accompli. Je suis très fier de mon parcours des 20 dernières années. »
Jean-François Chevrier

« La télé m’a permis de faire des rencontres extraordinaires, de relever des défis personnels et professionnels aussi, confie-t-il. Dans mon métier, il est important d’avoir plusieurs compétences, de toucher à plusieurs facettes de la profession. Que ce soit devant la caméra ou derrière, ça reste un travail d’équipe et en ce sens, il faut être humble et ouvert d’esprit afin de perdurer. »

Quant à son passage à la réalisation, Jean-François Chevrier le prend comme une grande opportunité pour sa carrière.

« J’ai su au début de l’été que j’avais été retenu pour ce poste, explique-t-il. Donc, j’ai eu le temps de me préparer et surtout, j’ai eu le temps de dire au revoir à l’équipe de Tout inclus ainsi qu’à nos téléspectateurs. Et pour être franc, je quitte l’animation avec le sentiment du devoir accompli. Je suis très fier de mon parcours des 20 dernières années. »

Pour ce qui est de la réalisation, Chevrier a pu se faire les dents sur quelques projets dont celui de la baladodiffusion du documentaire Faire la paix avec la guerre.

Il a aussi été à la réalisation de Sur le vif pendant de courtes périodes afin de combler les vacances de l’équipe permanente.

« J’ai effleuré la réalisation, tout en sachant très bien que c’était temporaire, avoue-t-il. Mais, je dois dire que j’avais adoré l’expérience et l’idée d’y être à temps plein a commencé à germer dans ma tête. »

Jean-François Chevrier lors du lancement de la saison 2017 de Tout inclus

Sur son apport à l’émission qui fut réalisée pendant plusieurs années par Isabelle Routhier, Chevrier n’a pas l’intention de tout bousculer.

« Au contraire, ce show-là va très bien et ma complicité avec Marie-Lou (St-Onge) est déjà établie, dit-il. C’est évidemment un atout pour moi puisque je connais bien l’équipe. Mon rôle en sera un de leader en premier lieu. Travailler en équipe est une de mes forces et je compte bien m’en servir pour amener cette émission encore plus à l’avant. Au fil des émissions, je vais probablement y apposer ma signature sans pour autant dénaturer la personnalité de chaque membre de l’équipe. »

L’avenir de la radio

Il était difficile de terminer l’entrevue sans demander « au gars de radio » — qui aura bientôt 41 ans — comment il entrevoit l’avenir de la radio traditionnelle.

« De toutes les époques, on a prédit la mort de la radio généraliste, explique-t-il. Quand la télé est arrivée et après, l’avènement de l’internet, on a annoncé la disparition de la radio. Mais, elle est toujours là. Malgré la popularité de la radio satellite et de la balado diffusion, il y aura toujours une place pour la radio généraliste, qu’elle soit privée ou publique. La radio est un médium qui accompagne, qui n’exige pas que l’auditeur soit captif comme devant une télé, un journal papier ou un écran d’ordi. La radio est là, présente, sans qu’elle soit envahissante. »

Selon le nouveau réalisateur, il se fait de belles choses sur le web. Il se dit même consommateur de balados.

« C’est extrêmement intéressant ce qui est offert sur le web, confie-t-il. Mais, ce sont des produits très nichés, spécialisés. La radio généraliste est une touche-à-tout. Dans une émission de trois heures, on informe, on divertit, on découvre. En trois heures, vous avez un portrait généralement très complet de ce qui s’est passé, de ce qui se passe et de ce qui se passera. On est un média encore très pertinent. »