Les directeurs artistiques et réalisateurs de la Scène nationale du son, Julien Morissette et Pierre Antoine Lafon Simard
Les directeurs artistiques et réalisateurs de la Scène nationale du son, Julien Morissette et Pierre Antoine Lafon Simard

Du théâtre en balado fait à Gatineau

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Du théâtre en balado. Rien de nouveau, direz-vous ? Mais, avec la Scène nationale du son (SNS), l’expérience sera tout autre, assure-t-on.

Propulsée par Transistor Média, la SNS est une plateforme de diffusion web au service de la fiction audionumérique. On parle ici d’un espace radiophonique numérique de production et de diffusion pour les arts vivants qui laissera toute la place à la dramaturgie contemporaine.

« C’est une première en son genre, de lancer d’emblée au Droit Julien Morissette, codirecteur artistique et réalisateur. Ce nouveau théâtre en ligne va radicalement changer l’engagement du public pour la création québécoise et du coup, offrir au milieu artistique une autre façon de se faire entendre. »

La SNS créera et diffusera des œuvres originales sonores avec comme ambition de « démocratiser les écritures scéniques grâce aux outils technologiques. »

« On veut faire rayonner le génie des créateurs d’ici, d’ajouter Pierre Antoine Lafon Simard, également réalisateur et codirecteur artistique. La SNS devient ainsi un outil de démocratisation de la culture puisque c’est gratuit, en plus d’offrir une nouvelle forme d’expression aux artistes. »

Pour les instigateurs du projet, la SNS ne remplacera pas l’art vivant. Mais, elle en fera la promotion et amènera partout à travers le monde la voix des créateurs d’ici.

« Avec la plateforme de la Scène nationale du son, nous désirons défricher un tout nouveau vocabulaire de création qui allie l’agilité, la légèreté et l’innovation du numérique à la richesse du récit de fiction et des artistes qui le créent, insiste Julien Morissette. En plus, on va pouvoir donner au public, aux artistes et à la communauté des arts l’accès à un catalogue important d’œuvres québécoises. C’est ce qui est innovant dans la SNS. »

Innovation

L’innovation est sans doute le mot clé décrivant le mieux la Scène nationale du son qui n’est pas un « radio-théâtre ». Ça se situe surtout entre le balado, le livre audio et l’album musical.

« Nous sommes bien loin de l’époque des radio-romans et des feuilletons radiophoniques, explique M. Lafon Simard. Il n’y a pas d’animateur ou de bruiteur. La facture audio proposée est plus enveloppante et la conception sonore est réfléchie pour créer une expérience d’écoute immersive. »

Le mariage entre la musique originale et les textes d’une œuvre théâtrale sera favorisé lors de la création des balados. Un long processus en studio est essentiel pour espérer offrir la qualité exigée par les producteurs. Les œuvres, découpées en plusieurs épisodes, simplifieront l’écoute et attiseront l’intérêt des auditeurs.

Julien Morissette et Pierre Antoine Lafon Simard dans leur studio de Gatineau

« Nous proposerons au public d’écouter une production théâtrale comme s’il écoutait une série de fiction à la télé, de continuer M. Morissette. Les œuvres seront divisées en épisodes d’environ 20 minutes. »

Pour y arriver, les productions seront tout d’abord enregistrées et le processus de création se fait entièrement en studio.

« On enregistre le texte avec les acteurs et la musique avec les musiciens, de continuer le codirecteur artistique. Notre équipe de réalisation et les concepteurs sonores plongent ensuite dans un long travail de montage qui peut s’étirer jusqu’à un mois avant le produit final. Ça ressemble beaucoup à la production d’un album de musique. D’ailleurs, on utilise le même vocabulaire. »

La première production sera annoncée ce lundi. Selon ce que Le Droit a appris, la pièce proposée sera de calibre international, mise en scène par un directeur de renom, tout comme les comédiens qui la composent. Pour l’occasion, deux épisodes seront disponibles immédiatement.

La programmation complète de cette première saison sera dévoilée le 8 septembre. Selon les deux directeurs artistiques, entre six et sept productions seront proposées par saison, à raison d’un épisode par semaine. À chaque mois, la SNS offrira un nouveau spectacle.

Mentionnons que, outre messieurs Morissette et Lafon Simard, l’équipe de la SNS est composée de François Larivière à la conception sonore et au montage, de Louis-Philippe Roy, aux communications et assistant à la réalisation, de Marie-Amélie St-Pierre, à la direction administrative, ainsi que de Steven Boivin, directeur général de Transistor Média.

La gratuité des balados est également primordiale.

Une plateforme dédiée aux créations de la SNS sera mise en ligne à l’automne au www.scenenationaleduson.com.

Télé-Québec, qui est le partenaire de diffusion de la SNS, présentera également toutes les productions sur La Fabrique culturelle.

Soulignons que tous les épisodes seront répertoriés et disponibles sur les applications de balados telles Spotify, Apple Podcasts, Google Podcasts, Stitcher, Balado Québec, etc.

Quant au financement du projet, la Ville de Gatineau a déjà accordé 30 000 $ à la SNS alors que le Conseil des arts et des lettres du Québec s’est engagé pour une somme de 100 000 $.

« Évidemment, le financement est le nerf de la guerre. Malgré que nos balados soient gratuites, tous les artistes et artisans sont rémunérés à leur juste valeur, insiste M. Lafon Simard. On sait que la pandémie a lourdement frappé le monde des arts de la scène et il est primordial pour une organisation comme la nôtre d’offrir du travail de qualité à nos artistes et artisans. »