La photographe professionnelle Marie-André Blais a transformé l’arrêt forcé de ses activités professionnelles en une passion pour le <em>relooking</em> de vieux meubles.
La photographe professionnelle Marie-André Blais a transformé l’arrêt forcé de ses activités professionnelles en une passion pour le <em>relooking</em> de vieux meubles.

De la photo au relooking de vieux meubles

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
C’est étonnant comment un artiste peut joindre l’utile à l’agréable. Parlez-en à la photographe Marie-Andrée Blais qui, en quelques jours, a transformé son amour des antiquités en une passion plutôt lucrative.

Le confinement a, comme plusieurs, forcé la photographe à réorienter sa carrière afin de pouvoir joindre les deux bouts. Confrontée à un agenda qui se vidait à vue d’œil, Marie-Andrée devait bien faire quelque chose. Mais quoi ?

« J’étais chez moi à tourner en rond et à chercher de quoi occuper mes journées, de confier la photographe professionnelle. En fouinant sur les réseaux sociaux, je suis tombée sur des photos de meubles retapés sur le site Pinterest. Ça m’a donné l’idée de convertir mes vieilles tables de chevet en objet intéressant. »

Ce heureux hasard, s’il faut parler de hasard dans le cas de Marie-Andrée Blais, a lancé la photographe dans une grande « quête » du meuble antique à retaper.

« Je ne pensais jamais faire du relooking de meuble un travail à temps plein, explique-t-elle. J’adore les vieux meubles et les antiquités. Je suis la première à me lancer chez les antiquaires quand j’en ai la chance. Mais de là à en faire un travail, la marche est haute. »

Après quelques projets réussis — et surtout après l’approbation de son entourage quant à la qualité de son travail de restauration —, Marie-Andrée s’est mise à la recherche de nouvelles pièces pouvant avoir droit à une deuxième vie.

« C’est presque devenu une routine maintenant, explique-t-elle. Le matin, je m’installe devant l’ordi avec un café pour fouiner sur Marketplace [NDLR : le site de vente en tout genre de Facebook]. Je repère quelques pièces intéressantes, je marchande un peu et je les récupère. Ensuite, je m’installe dans l’atelier que j’ai aménagé dans mon garage et je me mets au boulot. »

Une simple table de chevet après le « relooking » fait par Marie-André Blais.

Victime de son succès

Les pièces relookées par Marie-Andrée Blais disparaissent de son garage aussi rapidement qu’elles sont apparues.

Ayant récemment créé une page Facebook pour ses meubles (https://www.facebook.com/MarieBricoleOutaouais), l’artisane est maintenant victime de son succès.

« Les commandes arrivent rapidement depuis quelque temps, confie-t-elle non sans une certaine fierté. Des commerçants de l’Outaouais me passent leur commande, des amis me demandent de retaper leurs vieux meubles, bref je commence à manquer de temps. »

Sans doute issue de son besoin de création, la photographe voit dans sa petite entreprise un moyen d’arrondir les fins de mois, mais par-dessus tout, d’échapper à cette crise qui a lourdement plombé son métier de photographe.

« C’était devenu un enjeu pour moi. Les contrats tombaient les uns après les autres, et je sentais que je ne pouvais rien y faire, avoue-t-elle. Je n’aurais pas misé sur ça [relooking de vieux meubles] pour me garder à flot, mais il faut dire que le hasard a bien fait les choses. Quand je suis dans mon atelier, je mets ma musique préférée et parfois même, je me sers un verre de vin et je commence à retaper une vieille table de chevet ou un petit bureau. Je n’en demande pas plus, ça me rend heureuse. »

Et la photo ?

Malgré la popularité grandissante de ce nouveau créneau, Marie-Andrée Blais ne laissera jamais de côté la photographie.

Il y a une quinzaine d’années, l’ancienne agente de recherche à l’emploi de la fonction publique du Canada avait tout plaqué pour se consacrer à temps plein à la photographie.

Depuis ce jour, elle en a fait une profession qui la fait bien vivre. Il est d’ailleurs possible d’en savoir plus le travail en photos de Marie-Andrée en visitant son site web (www.marieandreeblais.com).

« Évidemment, depuis le mois de mars, les contrats corporatifs et les contrats pour des photos de mariage ont disparu, explique-t-elle. Je fais encore quelques petits contrats personnels ici et là, mais tout est sur pause. Pour l’instant, je ne sais pas quand tout ça va repartir. Et je ne sais pas non plus si je continuerai à retaper des vieux meubles quand mes activités de photographe reprendront. Mais, rien ne dit non plus que je ne pourrai pas faire les deux. On verra bien ! »