Insolite

Des prescriptions du médecin pour le musée acceptées au MBAM

MONTRÉAL - Un médecin qui vous donne une prescription pour le... musée? Ce sera désormais possible au Québec, et les ordonnances seront acceptées au Musée des beaux arts de Montréal (MBAM).

L’initiative de l’institution muséale et de l’organisation Médecins francophones du Canada (MFdC) serait la première en son genre dans le monde, selon le MBAM.

À compter du 1er novembre, les médecins membres de l’organisation pourront prescrire à leurs patients des visites au musée, qui seront alors gratuites.

L’idée est de permettre aux patients et à leurs proches (famille et aidants) de profiter des bienfaits de l’art sur la santé.

Les visites muséales pourront être prescrites aux personnes souffrant de maladies physiques comme mentales.

Elles permettront de contribuer au mieux-être et au rétablissement de ces personnes en leur offrant un accès gratuit à un lieu sécuritaire et bienveillant, une expérience enrichissante et relaxante, un moment de répit, ou encore l’occasion de resserrer les liens avec leurs proches, est-il expliqué dans leur communiqué conjoint, diffusé jeudi.

Dans une première phase du projet, les médecins participants pourront prescrire jusqu’à 50 ordonnances pour une visite des différentes expositions du MBAM, chacune étant valable pour deux adultes et deux enfants.

Expositions

L’autodestruction d’une oeuvre de Banksy: quel impact sur le marché de l’art?

PARIS - Au-delà du «coup de pub» en forme d’acte de «rébellion» contre les ventes d’art, l’autodestruction spectaculaire d’une oeuvre de Banksy, juste après avoir été acquise pour plus d’un million d’euros (1,8 million $CAN) chez Sotheby’s, pourrait avoir des répercussions sur le marché de l’art.

Ce n’est pas la première manifestation de révolte d’artistes depuis le mouvement Dada, à l’image de ce que pouvait faire l’artiste britannique Gustav Metzger, inventeur dans les années 60 de «l’art autodestructif».

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D’autres se livrent à des provocations: ainsi, Fred Forest a vendu une oeuvre d’art virtuelle que personne ne pouvait voir. Le street artiste Blu a détruit rageusement ses oeuvres à Bologne. Maurizio Cattalan a fait se déguiser son galeriste parisien Emmanuel Perrotin en lapin rose, etc.

Ce n’est pas non plus la première action rebelle de Banksy. Il avait notamment fait vendre à Central Park des originaux signés, sans aucune communication, à des prix très bas. Il avait affiché au mur de la salle de la Joconde au Louvre une reproduction agrémentée d’un smiley.

Mais ce nouveau «happening» survenu vendredi à Londres crée néanmoins un précédent et pourrait rendre «trendy» des oeuvres déchiquetées, soulignent des experts.

Pour Thierry Ehrmann, président de Artprice, spécialisé dans les cotations du marché de l’art, «le prix actuel» de «Girl with Balloon», la toile du «street artist» de Bristol qui s’est autodétruite, devrait «se situer au-delà de deux millions d’euros».

«Il s’agit d’une performance empruntée au ready-made de Marcel Duchamp. La grille de lecture est que son art vient de la rue où l’éphémère est le parent naturel du Street Art. Banksy rappelle que, même dans une vente de prestige, tout son art est éphémère», affirme M. Ehrmann à l’AFP.

«Être vigilants»

Banksy, qui a contribué à introduire cet art de rue sur le marché de l’art, «peut bien détruire son oeuvre et croire nuire aux capitalistes qui l’acquièrent: il se méprend. Les résidus de cette destruction s’auréoleront d’un prestige nouveau et d’une valeur financière de surcroît», relève Mikaël Faujour de la revue Artension.

«Tout ceci», dit-il, «illustre la profonde illusion où se fourvoient ceux qui conçoivent l’art comme un outil de changement de la société».

Un phénomène irrévérencieux qui ne va pas amener dans son sillon la chute du marché de l’art, mais qui y instaure une incertitude durable, estiment plusieurs experts.

Désormais, tout commissaire qui abattra le marteau pour une oeuvre de Banksy «se demandera s’il va se passer quelque chose», constate pour sa part Arnaud Oliveux, expert en charge d’une vente le 24 octobre chez Artcurial à Paris où doivent être cédés trois sérigraphies et un objet (un rat en résine qui tient un pinceau) signés Banksy.

«Nous allons être vigilants», annonce à l’AFP avec humour cet expert de l’art urbain, qui n’a pas très envie de se faire à son tour «bankser», comme l’avait résumé la semaine dernière un responsable de Sotheby’s.

«L’artiste ne voulait pas que l’oeuvre soit détruite entièrement. Elle devient autre chose, aussi du fait du ‘‘buzz’’ sur les réseaux sociaux. La maison de ventes (Sotheby’s) est devenue actrice de la performance, et l’oeuvre est devenue iconique», relève Arnaud Oliveux.

La maison d’enchères avait assuré avoir été pris de court, et l’acquéreur resté anonyme se serait dit «surpris», selon elle.

Les connaisseurs sont tous d’accord pour reconnaître que cette autodestruction était «un coup bien monté». Même si de nombreuses zones d’ombres persistent.

Pour l’expert du Monde Harry Bellet, «il y avait sûrement quelques-uns de la bande à Banksy dans la salle». Banksy pourrait avoir été le vendeur et l’acheteur, ou avoir confié l’oeuvre à un de ses amis pour la vendre, spéculent d’autres spécialistes.

La broyeuse que Banksy a prétendu dans une vidéo avoir caché dans le cadre du tableau et qui l’a déchiré, aurait dû aussi être découverte, car de telles oeuvres sont soumises à des inspections poussées pour s’assurer qu’elles ne sont pas abîmées, relèvent certains.

Et quid de la batterie? Un complice de Banksy est-il venu la recharger quelques jours avant la vente?  Outre les prix, le dernier «coup» de Banksy, digne d’un stratagème d’Arsène Lupin, continue de faire grimper la perplexité.

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Arts

Côté nommé caricaturiste francophone de l’année au Canada

Le caricaturiste du Soleil André-Philippe Côté remporte le prix francophone George Townshend de l’Association des caricaturistes canadiens (ACC). Il recevra son prix lors du 13e Festival 1001 Visages de la caricature, qui se déroulera à Val-David, les 6 et 7 octobre.

«Avoir un prix, c’est toujours un plaisir, mais je ne suis pas quelqu’un qui court les concours. Ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, parce qu’il y a vraiment beaucoup de concours de caricatures. Mais celui-là, c’est celui de l’Association des caricaturistes canadiens, donc ce sont des collègues [qui le remettent]», a noté d’entrée de jeu notre caricaturiste, qui se dit fier de la reconnaissance «pour son journal» et «pour son père».

Le prix George Townshend — qui est considéré comme le premier caricaturiste politique canadien — est décerné chaque année à un dessinateur anglophone et un dessinateur francophone. Du côté anglophone, Graeme MacKay remporte la distinction.

«Ça ne fait pas très longtemps qu’il y a un volet francophone [à ce concours], alors je me suis inscrit sur un coup de tête et, ben, [le prix], ça fait plaisir! C’est être reconnu par ses collègues. Surtout que des prix, il n’y en a pas tant que ça au Canada, même s’il y en a beaucoup dans le monde…»

Trois dessins parus dans Le Soleil ont été soumis par Côté pour ce prix attribué par l’ACC. Le premier traite de la propension du président américain Donald Trump à s’épancher sur son compte Twitter, le deuxième de la frénésie de la vie quotidienne et le troisième des dédales de l’implantation ratée du système de paie Phénix au fédéral.

«Des concours de caricatures, c’est toujours très aléatoire. Avec le temps, j’ai compris qu’il fallait mettre des visages connus. C’est ce que j’ai fait. Pour la principale caricature que j’ai choisie, c’est Trump. Alors que si je mets le maire Labeaume, ça me disqualifie, si le concours a lieu à Toronto», illustre-t-il.

André-Philippe Côté recevra son prix en présence du chef de la gestion des collections et conservateur du Musée McCord, Christian Vachon, du président de l’ACC, Wes Tyrell, et de l’instigateur du festival de la caricature, Robert Lafontaine, le samedi 6 octobre, à 13h30.

«Ça tombe bien, de gagner le prix. Je suis en train de finir mon livre de caricatures, qui devrait sortir dans un mois à peu près. C’est un timing intéressant. Le livre s’en vient. Le prix est annoncé. C’est toujours bien d’avoir une visibilité comme celle-là. D’autant plus que le livre a été difficile à faire parce que je faisais pendant les élections, au jour le jour», a indiqué Côté qui, mercredi, mettait la touche finale au dessin de sa couverture.

En 2016, Côté avait également décroché le prix Jean-Guy Lemay, lors du Festival 1001 Visages de la caricature. Ce prix nommé en l’honneur de l’auteur de bandes dessinées et caricaturiste Jean-Guy Lemay est attribué par un jury de spécialistes. Il souligne la qualité de l’ensemble d’une œuvre en bande dessinée et/ou en caricature.

André-Philippe Côté est le caricaturiste au Soleil depuis 1997.