Arts visuels

Clichés chocs de 2017

La crise des réfugiés Rohingyas, les manifestations au Venezuela, la bataille de Mossoul, la fusillade à Las Vegas, l’attentat de Londres, le viol des jeunes femmes par Boko Haram sont autant de sujets qui ont fait l’actualité l’année dernière, alimentés par des images saisissantes captées par des photographes sur le terrain. On en trouve un concentré des meilleures, primées au prestigieux concours World Press Photo, exposées au Musée canadien de la guerre.

Pas moins de 73 044 images soumises par 4548 photographes provenant de 125 pays ont été passées en revue par un jury de photographes. Après avoir passé au peigne fin chacune de ces images, le jury indépendant a récompensé le travail de 42 photographes originaires de 22 pays.

Arts visuels

La diversité canadienne en 3D

Le romancier et artiste visuel de Vancouver Douglas Coupland dévoilera vendredi 29 juin à la Galerie d’Art d’Ottawa (GAO), Portrait national. Une œuvre de 6x6 m (20x20 pi) composée de 1 000 bustes en 3D de citoyens numérisés dans neuf villes du pays.

« C’est un paysage, une nature morte, un portrait, une installation, une sculpture, c’est un paquet de choses dans une seule et même œuvre »,  lance le concepteur de Portrait national, Douglas Coupland pour décrire son installation originale qui se présente tel un jardin de sculptures. Et je pense que le sentiment d’émerveillement et la sensation de découverte qu’on ressent quand on tourne autour [de l’œuvre] sont une part importante de l’installation », poursuit-il. 

Avec la volonté de créer un portrait 3D des Canadiens du 21e siècle, Douglas Coupland, en partenariat avec Peter Simons, président des magasins de mode du même nom, lance en 2015 le projet 3DCanada.

Pendant deux années, l’artiste et son équipe ont parcouru les magasins Simons du pays, de Vancouver à Halifax, en passant par Ottawa, Montréal ou encore Yellowknife, pour photographier et numériser avec un appareil spécialement conçu pour le projet, 1 700 portraits de citoyens.  

De ces portraits, 1 000 ont été reproduits à l’aide de 15 imprimantes 3D. Et ils mesurent tous entre 5 à 96 cm (2 à 38 po) de hauteur. 

S’il faut environ 1 heure pour imprimer un petit buste de 5 cm, il aura fallu 11 mois d’impression, pour arriver au résultat exposé aujourd’hui à la GAO. 

Bien que la technologie utilisée est moderne et revisite, selon l’artiste, la photographie de groupe, il admet que son œuvre a un côté très classique. « [...] Parce que ce sont tous des bustes coupés aux épaules », fait remarquer M. Coupland.  

Expositions

Christo érige son «escalier vers le ciel» à Londres

Six cents tonnes, 7506 bidons empilés en forme de trapèze: l’artiste Christo a dévoilé cette semaine sa dernière œuvre, un mastaba flottant sur le lac Serpentine à Hyde Park de Londres, une installation monumentale, déroutante, destinée autant à susciter le débat qu’à «stimuler les sens».

En voyant cet assemblage de bidons métalliques, faisant très fortement penser à des barils de pétrole au cœur d’un des poumons verts de Londres, d’aucuns penseront à un message contre la pollution.

D’autres verront dans cette installation surprenante, visible à plusieurs centaines de mètres à la ronde, un genre de prisme, un pixel géant, ou bien une simple forme géométrique.

L’œuvre se veut par nature ouverte à toutes les interprétations et n’a pas vocation à véhiculer une quelconque déclaration, explique l’artiste.

«Marchez autour, regardez-là, je ne peux rien dire d’autre», demande Christo, star mondiale de l’art contemporain connu pour les spectaculaires «emballages» du Reichstag de Berlin (1995) et du Pont-Neuf à Paris (1985), lors d’une conférence de presse organisée sur les rives du «Serpentine», lac artificiel prisé des touristes, cygnes et autres canards.

«Il n’y pas de message», a ensuite précisé l’artiste de 83 ans, Américain d’origine bulgare, à l’AFP. «Qu’elle soit critique ou positive, toute interprétation est légitime.»

Seule concession du créateur: l’œuvre de 20 mètres de haut peut s’apparenter à une sorte «d’escalier vers le ciel».

Première installation d’envergure à ciel ouvert de Christo au Royaume-Uni, ce mastaba (sépulture antique que l’on retrouve en Égypte et en Mésopotamie) est constitué de 7506 bidons de métal de 200 litres reposant sur une plateforme flottante solidement ancrée au sol.

Rouge et blanc d’un côté, bleu, mauve et rouge de l’autre, le trapèze offre un contraste saisissant avec les eaux calmes et bordées de grands arbres du lac Serpentine.

Étonnements et interrogations

Christo retrouve avec le «bidon» un matériau dont il apprécie le faible coût et le potentiel esthétique. L’artiste avait commencé à s’intéresser aux formes cylindriques en réalisant à la fin des années 50 des petites sculptures avec des canettes, peintes ou emballées.

En 1962, l’artiste, qui avait fui la Bulgarie communiste, avait barré une rue de Paris avec un mur de bidons, sa réponse au Mur de Berlin.

Plus récemment, Christo, lauréat avec sa femme Jeanne-Claude, aujourd’hui décédée, du Praemium Imperiale, considéré comme le Nobel des arts, avait créé un mur de 13000 bidons à Oberhausen, dans l’ouest de l’Allemagne.

Le «London Mastaba», dont la construction, financée par l’artiste, avait débuté le 3 avril, sera visible pendant l’été et jusqu’au 23 septembre, avant d’être recyclé.

À peine installée, l’œuvre ne manquait par de susciter des réactions étonnées, et partagées, chez les visiteurs de Hyde Park. «On dirait des ballons pour enfants», a déclaré, un brin perplexe, une touriste de 46 ans, Yasmin Koc Ozcengel, originaire d’Istanbul. «C’est très moderne alors que l’endroit est à la fois naturel et historique», a-t-elle souligné, estimant que ce mastaba aurait pu être accueilli par un site plus appropriée.

Christo voulait provoquer la réflexion? «Il y est arrivé, parce que je suis là en train de réfléchir à ce que ça peut bien être», a dit de son côté Sheila Steffenson, une Américaine de 58 ans basée à Londres. «Peut-être s’agit-il d’un message sur la pollution? a-t-elle ajouté. Qui sait?»

Arts visuels

Le Chagall exposé au MBAC

Dès ce samedi, le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) présentera au public le tableau du peintre Marc Chagall qui avait soulevé la controverse en avril.

Dans un bref communiqué émis jeudi, le MBAC indique que La Tour Eiffel sera exposée aux côtés d’une autre œuvre de Marc Chagall, Souvenirs de l’enfance, dans les salles d’art européen jusqu’à la fin de l’année 2019. Après cette période, « la salle où ils se trouvent fera l’objet d’un entretien cyclique, une procédure habituelle du Musée. » Les deux toiles de Chagall seront par la suite exposées de « temps à autre » au Musée.

L’institution muséale s’était attiré l’ire des experts, mais aussi de la population, lorsqu’elle avait décidé de vendre aux enchères la toile pour financer l’achat du Saint Jérôme entendant la trompette du Jugement dernier de Jacques-Louis David. Après près d’un mois de controverse, le Conseil d’administration du MBAC s’était finalement rétracté et avait retiré la toile des enchères.