La photo de l’année du World Press Photo, signée par Ronaldo Schemidt, montre un homme de 28 ans prendre feu lors d’affrontements violents avec la police antiémeute du Venezuela.

Zoom sur 1001 histoires

L’image a mille et une vocations. Sensibiliser les gens aux causes humanitaires, montrer au grand jour les horreurs, mais aussi les beautés du monde, offrir une vitrine aux anonymes, révéler les politiciens dans leur quotidien. À compter du 17 octobre prochain, Zoom Photo Festival Saguenay lèvera le voile sur sa 9e édition et c’est une fenêtre qui s’ouvrira sur les quatre coins du monde.

Vingt expositions, huit lieux de diffusion, une trentaine de photographes venus d’un peu partout sur le globe ; Zoom propose, année après année, une programmation toujours plus étoffée. Le grand manitou du festival, Michel Tremblay, a reçu plus de 150 dossiers de photographes cette année. Ils seront une trentaine, triés sur le volet, à se donner rendez-vous le 17 octobre pour le lancement des festivités, au hangar de la Zone portuaire de Chicoutimi. Un travail colossal, on l’imagine.

« Je suis vraiment content de la programmation, car ce ne sont pas seulement des photos horribles, montrant les horreurs qui se produisent dans le monde. Oui, il y a en a, mais il y a aussi plusieurs autres facettes à l’image. C’est important d’avoir une offre variée, pour tous les goûts, mais aussi de montrer ce qui se produit dans le monde, bien que ce ne soit pas toujours facile à regarder », explique le directeur général de Zoom, Michel Tremblay.

« Le photojournalisme tel qu’on le connaissait est en transformation. Celui qui se contentait de montrer l’actualité, un peu comme un témoin, est maintenant devenu un raconteur d’histoires qui se doit d’expliquer honnêtement et mettre en perspective les événements », ajoute Michel Tremblay.

Greenpeace propose une exposition, rappelant que la photographie a toujours été un medium essentiel pour l’organisation.

Le visiteur pourra autant constater les atrocités de notre planète à travers le World Press Photo, mais aussi sourire devant une exposition montrant des aînés faire du conditionnement physique.

Étant toujours le seul festival de photojournalisme du Canada, Zoom devient un lieu de rencontres et de discussions incontournable pour les artisans de l’image. « Dans un monde où la photographie est partout et où tout le monde est devenu photographe, nous nous devons d’être le rendez-vous essentiel », note Michel Tremblay.

Parce que Zoom n’est pas seulement synonyme d’expositions, mais aussi d’ateliers et de conférences. D’ailleurs, trois organismes non gouvernementaux (ONG) y proposeront la vision de leur réalité. Médecins sans frontières, Greenpeace et Humanité & Inclusion présenteront chacun le fruit de leur travail en images.

« La photo a le pouvoir de sensibiliser les gens à une réalité. Plusieurs drames ont été dévoilés grâce à une seule photographie. C’est ce que nous propose Greenpeace, Humanité & Inclusion et Médecins sans frontières. C’est particulièrement intéressant », indique Michel Tremblay.

Par ailleurs, le directeur général se réjouit que les cégeps de Jonquière et de Chicoutimi, ainsi que l’Université du Québec à Chicoutimi, présentent des expositions cette année. « Le festival est de plus en plus reconnu et apprécié. On fait des miracles avec très peu de sous », estime Michel Tremblay.

Pour connaître la programmation complète, les heures et les endroits des expositions, visitez le www.zoomphotofestival.ca.

Le photographe Kali Spotzer signe Sasha «Taqsweble» LaPointe, dans le cadre de l’exposition True North.

+ LE COUP DE COEUR DE LA JOURNALISTE

On ne le dira jamais assez, une image vaut mille mots. Elle permet de dénoncer, d’informer, de toucher et de ravir. Chaque photographie fera vivre une émotion différente aux visiteurs, dépendamment de sa personnalité, de ses champs d’intérêt et de ses émotions.

En épluchant les dossiers des expositions pour sélectionner des photos qui agrémenteront les textes de ce reportage, la journaliste a été particulièrement touchée par celle de Kali Spitzer, montrant une femme de la tribu des Salish de la côte, une tribu de la côte de l’océan Pacifique. Baptisée Sasha « Taqsweblu » LaPointe, cette photographie à la femme au regard perçant touche par tous ses non-dits. Le sujet magnifique, le noir et le blanc, le mot victim biffé sur un bras qui ne rejoint pas les stéréotypes de beauté « traditionnels », mais tellement loin de la réalité ; cette image est absolument splendide. En espérant qu’elle soit imprimée en format géant.

L’exposition de Murat Yazar, Les ombres du Kurdistan.

+ LE COUP DE COEUR DU DIRECTEUR

Il va sans dire que le directeur général de Zoom, Michel Tremblay, aime toutes les expositions présentées durant l’événement. Mais s’il devait en choisir une, son coup de coeur irait à celle de Murat Yazar, Les ombres du Kurdistan.

La série de photos offre un aperçu sur la communauté kurde, un peuple dont la culture et la langue passent souvent inaperçues. Une guerre civile oppose la communauté kurde à l’État turc depuis 40 ans. Les Kurdes revendiquent le droit d’apprendre leur langue à l’école et de vivre de façon autonome leur propre culture, mais la Turquie n’accepte pas ces revendications.

Le projet photographique de Murat Yazar explore les régions kurdes de la Turquie, examine cette culture et cette vie quotidienne marquée par la guerre civile. 

La photographe Susana Giron montre des aînés dont la forme ferait rougir bien des plus jeunes.

+ DES AÎNÉS EN FORME

Les personnes âgées ne sont pas les sujets les plus populaires en photographie. Et pourtant. Alors que le corps des athlètes est souvent mis en lumière sur Internet, l’exposition La jeunesse n’a pas d’âge offre une incursion chez les athlètes plus âgés. Enfin. 

« Être jeune est une attitude, comme le démontrent ces athlètes âgés », écrit la photographe Susana Giron, dans la description de son exposition. Elle s’est attardée aux hommes et aux femmes qui participent aux Championnats du monde des vétérans d’athlétisme, réservés aux sportifs de 35 ans et plus. Toutefois, les athlètes en vedette sont surtout âgés de 70 ans. Chaque photographie partage le courage, l’enthousiasme et la détermination de ces athlètes. 

Dans un monde où la jeunesse est reine, voir ces aînés à l’oeuvre, dans un univers autre que la souffrance, fait un bien fou au moral. 

La photographe Susana Giron montre des aînés dont la forme ferait rougir bien des plus jeunes.
Le Groupe Capitales Médias présente Zoom Photo Festival Saguenay et met en vedette le talent de ses photographes et de leurs photographies, dont celle-ci, prise lors du Sommet du G7 par Michel Tremblay.

+ À CHACUN SON SOMMET

Présentateur officiel de Zoom Photo Festival Saguenay, Groupe Capitales Médias a voulu montrer l’étendue des talents de ses photographes. La tenue du Sommet du G7, en juin dernier dans Charlevoix, était le prétexte parfait pour concocter une exposition signée par les photographes du groupe de presse. De Québec à La Malbaie en passant par Bagotville, l’exposition À chacun son sommet fera revivre aux visiteurs ces deux jours sous haute surveillance. 

Donald Trump qui foule le sol de la base militaire de Bagotville. Des enclos à manifestants déserts. Des touristes qui dégustent un repas sur une terrasse encerclée par des policiers antiémeutes. Le Sommet du G7 ne s’est pas déroulé comme certains le pensaient, d’où le nom de l’exposition.