Le commissaire de l’exposition sur Laurent Amiot au Musée des Beaux-arts du Canada, René Villeneuve.

Un maître orfèvre sous la lumière

Soixante-quinze pièces d’argenterie retraçant les cinquante années de production artistique de Laurent Amiot, maître-orfèvre canadien du 18e et 19e siècles, c’est ce que propose la nouvelle exposition qui s’ouvre vendredi au Musée des Beaux-arts du Canada (MBAC).

Cette première rétrospective consacrée au maître-orfèvre originaire de Québec met sous les projecteurs le travail de l’artiste, mais aussi sa contribution et son apport au développement de l’art au pays. « Artiste extrêmement accompli, c’est avec lui qu’on a cessé de considérer l’orfèvrerie comme de l’artisanat pour l’envisager comme un art », indique René Villeneuve, commissaire de l’exposition et spécialiste du maître-orfèvre Laurent Amiot.

Premier orfèvre canadien à être formé à Paris entre 1782 et 1787, il a conservé son style et insufflé une nouvelle direction à l’orfèvrerie. Tout au long de sa carrière de 52 ans, Laurent Amiot, qui a créé le premier modèle de cafetière au Canada, a produit autant d’orfèvreries culturelles que domestiques ou commémoratives.

« À cette époque, l’orfèvrerie tient une place centrale dans la vie, dans la société. Les grands seigneurs et la bourgeoisie courent à son atelier installé sur une rue commerçante de Québec. Il a fait de nombreux chefs d’œuvres pour la table. Mais a également énormément produit pour l’Église qui est un important mécène », explique M. Villeneuve.

L’exposition installée dans cinq salles au sous-sol du MBAC couvre les cinq décennies de la carrière prolifique de Laurent Amiot, de son retour de Paris en 1787 jusqu’à ses dix dernières années d’activité. « Quand on cligne des yeux en visitant les différentes salles on voit vraiment la société [de l’époque], les grandes cérémonies dans la seule cathédrale du pays, les tables des grands seigneurs. Laurent Amiot est une clé pour bien comprendre la société dans laquelle il évoluait entre 1790 et 1840 », précise le commissaire de l’exposition.

Une des salles renferme des dessins de Laurent Amiot et une sélection de gravures qui ont inspiré ses travaux. « Ce sont des dessins d’orfèvres rares pas seulement au Canada, mais dans le monde, puisqu’ils sont éphémères », insiste M. Villeneuve.

La plupart des œuvres sont exposées pour la toute première fois, elles proviennent de collections privées et publiques dont certaines n’ont jamais été vues dans un contexte muséales.

Parmi les œuvres à découvrir : la Terrine de la famille Hertel de Rouville, la Cafetière de la famille Le Moine, la Lampe de sanctuaire de la basilique cathédrale Notre-Dame de Québec ou encore le Calice de Mgr Joseph Signaÿ.

« C’est une exposition que je ne vous demande pas d’aimer, mais que je vous demande de visiter », conclut René Villeneuve.

Le spécialiste du maître-orfèvre canadien, qui a consacré près de dix ans à ce projet, a également rédigé une monographie de 240 pages intitulée Laurent Amiot. Maître-orfèvre canadien qui retrace la vie de ce dernier tout en explorant l’importance de son œuvre.

POUR Y ALLER

Quand ? du 11 mai au 23 septembre

Où ? Musée des beaux-arts du Canada

Renseignements : beaux-arts.ca