La directrice générale du Wapikoni mobile, Odile Joannette

Sensibiliser à l’avenir des langues autochtones

Un Symposium international sur les langues autochtones dans le domaine de la création cinématographique se tient mardi au Musée canadien de l’histoire. L’objectif : démontrer le rôle de l’art dans la préservation des langues et amorcer un travail de réflexion en amont de la décennie sur les langues autochtones de l’Organisation des Nations unies qui débutera en 2022.

« C’est l’occasion de mettre en valeur le pouvoir de l’art et de l’expression culturelle pour travailler à la promotion et à la revitalisation de nos langues, avance la directrice générale du Wapikoni mobile, Odile Joannette. Ce sont de puissants outils pour entamer des transformations sociales et sociétales. »

Organisé par le Wapikoni et la Commission canadienne pour l’UNESCO (CCUNESCO), ce premier Symposium sur les langues autochtones dans un contexte de création artistique s’inscrit dans la continuité de l’année internationale des langues autochtones qui s’est achevée en décembre.

« On ne souhaitait pas juste faire le bilan de cette année 2019, mais aussi réfléchir collectivement à ce qu’il reste à faire pour [promouvoir, sauvegarder et revitaliser] les langues autochtones et ainsi proposer quelques suggestions pour cette décennie », explique Mme Joannette.

Ainsi en présentant des initiatives artistiques, culturelles, médiatiques et politiques au Canada, le Symposium sur les langues autochtones souhaite être une ruche à idées pour proposer des pistes de réflexion en vue de la décennie sur les langues autochtones.

« L’objectif est de faire ressortir les grandes recommandations afin de rédiger Les Actes du Symposium et les remettre aux politiques canadiennes. C’est l’occasion de donner quelques balises sur des actions concrètes qui peuvent être menées pour cette décennie », précise la directrice du Wapikoni.

Au programme

Trois panels — ouvert au public et gratuit — se tiendront tout au long de l’après-midi. Le panel de création permettra à des acteurs du milieu du cinéma et du théâtre de « discuter des défis liés à la création en langues autochtones, les réussites en matière de soutien à l’émergence des talents. Ils soumettront aussi leurs recommandations pour le développement d’une signature artistique. »

Ce panel sera complété par la projection de quatre courts-métrages d’artistes originaires de quatre nations différentes et réalisés en résidence de création avec le Wapikoni mobile.

Un panel de diffusion permettra de « se pencher sur les différentes façons de faire rayonner les langues autochtones. »

Enfin le panel Influences amènera à réfléchir sur l’importance de sensibiliser et éduquer les différents milieux pour provoquer des changements. « Il ne faut pas juste s’inscrire dans l’industrie du cinéma, mais traverser les ponts. Les courts-métrages créés avec le Wapikoni sont projetés dans des espaces conçus pour favoriser les échanges », souligne Mme Joannette.

Chaque panel est composé d’artistes autochtones originaires du Québec, du Canada et d’Amérique latine. Par ailleurs, Stéphane Cardin, directeur des politiques publiques de Netflix Canada participera au panel influences.

« Il expliquera pourquoi Netflix Canada a décidé de financer en partie le Wapikoni. Notamment parce qu’ils reconnaissent qu’en amont, on sert l’industrie, ajoute Odile Joannette. La présence de Netflix a aussi pour but d’inciter d’autres partenaires privés à croire en des modèles atypiques, comme le nôtre. »

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POUR Y ALLER

Quand ? mardi 11 février de 13 h à 17 h

Où ? Musée canadien de l’histoire