Le parcours récréotouristique De collines et d'eau, qui sinuera à travers les sept municipalités de la MRC des Collines-de-l'Outaouais, tire son fil conducteur dans le flot des trois grands cours d'eau qui l'abreuvent.

Sculptures en plein air à travers la MRC des Collines

Les municipalités de Cantley et de Val-des-Monts ont profité du début des Journées de la culture, vendredi 29 septembre, pour inaugurer, chacune de son côté, une oeuvre d'art public. Ces deux oeuvres sculpturales - L'embâcle, de Denis Charrette, et Empreinte, signée Béla Simó - s'inscrivent au coeur d'un tout nouveau parcours d'art public baptisé De collines et d'eau.
De collines et d'eau
Ce parcours récréotouristique, qui sinuera à travers les sept municipalités de la MRC des Collines-de-l'Outaouais, tire son fil conducteur dans le flot des trois grands cours d'eau qui l'abreuvent. La Rivière des Outaouais, la Gatineau et la Lièvre ont en effet centrales au développement de toute la région, ce dont voulait témoigner chacune des municipalités impliquées dans le projet.
Ainsi, les huit oeuvres du parcours (trois d'entre elles ont été dévoilées au cours du mois précédent, les trois suivantes seront inaugurées dans les prochains jours à Chelsea et à la Caverne Laflèche de Val-des-Monts, puis à Pontiac le 7 octobre) témoignent, chacune à sa façon, le lien historique qui unit la municipalité à l'élément aqueux. Les oeuvres sont installées à proximité de plans d'eau, certains à des endroits plus touristiques, d'autres dans des lieux plus communautaires, a détaillé la directrice générale du CLD des Collines-de-l'Outaouais, Louise Marchildon, dont l'organisme chapeaute les opérations.
« On veut créer un sentiment d'appartenance. [Or,] Les gens se sont reconnus dans ces sculptures et se les sont appropriés », constate-t-elle.
Oeuvre « participative »
Installée à la jonction de la rivière Gatineau et du parc Mary-Anne-Phillips, juste à côté du bateau échoué qui sert de structure de jeux aux enfants, L'embâcle est évoque la drave. Une oeuvre interactive, explique son auteur, l'artiste Denis Charrette (dont une douzaine de sculptures monumentales ornent le Parc Oméga, à Montebello), qui invite les gens à monter sur la grosse roche qui domine un entrelacement de billots de bois sculptés et d'un canot amérindien orné d'animaux qui semble immergé au sol, et à se saisir de la gaffe de draveur fichée dans la pierre. 
À l'aide d'un antique marteau-poinçon, outil ayant appartenu à la famille Gilmour, qui possédait un moulin à scie non loin de là, le sculpteur a achevé sa pièce vendredi en marquant chaque pitoune d'un « G »... l'authentique sceau par lequel les anciens barons forestiers de Cantley identifiaient les billots de bois dont ils étaient propriétaires, avant de les jeter à l'eau.
Mais l'oeuvre porte aussi une symbolique amérindienne, a souligné Denis Charrette, d'origine métis, en rappelant qu'une partie de « travail du draveur était de démêler les billots et à libérer le flot de la rivière ».
Une des oeuvres d'art public,<i> L'embâcle </i>de l'artiste Denis Charette
« J'invite les gens à réfléchir à la toponymie des rivières [...] qui étaient les chemins de nos ancêtres, avant de devenir celui des billots », à l'époque où elles avaient pour noms Tenagaten Zibi (« le long parcours sinueux », qualifiant la Gatineau), Kitchissipi (« la Grande Rivière », celle des Outaouais) ou Waboz Zibi (rivière du Lièvre). L'embâcle, explique-t-il, est sont aussi une façon symbolique de « reprendre nos droits sur les rivières » en démêlant les choses, et en remontant à la source de ces noms attribués par les colons occidentaux.
Le parcours De Collines et d'eau n'en est qu'à ses débuts. D'autres oeuvres pourront se greffer au parcours, a indiqué Mme Marchildon. Ces futures oeuvres devront toutefois elles aussi porter cette valeur ajoutée patrimoniale, en sus des évidentes considérations esthétiques, explique-t-elle. 
La directrice générale de Tourisme Outaouais, France Belisle, présente à l'inauguration, s'est dite ravie d'avoir donné un coup de pouce financier à l'élaboration du parcours. De Collines et d'eau offre un joli écho à la « Route touristique de l'Outaouais » que son organisme a lancée en juin dernier. 
« Je trouve ça le fun, ces projets qui viennent bonifier la thématique Chemins d'eau » retenue pour caractériser la Route touristique, a-t-elle signalé en mentionnant également l'initiative Peuple des rivières, qui a vu surgir huit oeuvres en plein air, l'été dernier, à Plaisance. 
Tourisme Outaouais a versé 35 000 $ à ce projet qui en a coûté 190 000 $, a précisé Mme Belisle. 
Le gouvernement du Québec a quant à lui investi 69 750 $ dans cette « initiative qui met en valeur les plans d'eau et la vie culturelle » de la région, a indiqué la ministre responsable de l'Outaouais - et députée de Gatineau - Stéphanie Vallée, également présente à la cérémonie d'inauguration.
Mis en ligne vendredi, le site Internet decollinesetdeau.com explique plus en détail le contexte patrimonial dans lequel s'inscrit chacune des oeuvres du parcours.