La nouvelle directrice du Musée des Beaux-Arts du Canada, Sasha Suda, prendra ses fonctions le 19 avril. Elle tenait à rencontrer les médias devant La Partie Carré, du peintre français James Tissot, une toile que le Musée a tout récemment acquise, et qu’elle dit apprécier particulièrement.

Nouvelle DG au MBAC: vers une «transition douce»

L’Ontarienne Alexandra « Sasha » Suda sera la prochaine directrice du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC).

Sa nomination a été annoncée mercredi matin par le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez.

Sasha Suda prendra ses fonctions le 19 avril prochain, pour un mandat de 5 ans.

Elle a profité de la journée de mercredi pour rencontrer les membres du personnel du Musée et a pris le temps de répondre — en anglais, pour l’instant — aux nombreux médias qui voulaient la bombarder de questions.

« Transition douce »

La future dirigeante promet une transition tout ce qu’il y a de plus douce après le leadership de Marc Mayer, son successeur, qui a tenu les rênes de l’institution pendant 10 ans.

« C’est un privilège que d’avoir la possibilité d’être à la tête du Musée des beaux-arts du Canada. Une aventure des plus stimulantes nous attend, une aventure fondée sur la solide tradition du Musée, une collection de classe internationale et le dévouement sans failles de son fantastique personnel », indique Mme Suda sur une page de présentation mise en ligne sur le site Internet du MBAC.

« La créativité humaine est la ressource la plus puissante et durable de l’humanité. Sans elle, nous n’avons aucune chance de faire face au présent et encore moins de paver la voie à un avenir qui nous reste inconnu. Les artistes sont la meilleure preuve que l’imagination humaine est sans limites et les musées d’art sont là pour préserver et mettre de l’avant leurs idées et leur vision pendant des années à venir », poursuit Sasha Suda, qui est la 11e personne à assumer la direction du MBAC depuis sa création.

Trouver des bras droits

La future première dirigeante du MBAC se réjouissait mercredi de constater l’enthousiasme et le niveau de compétence qui règne au sein de son nouvel équipage — au point où elle ose déjà se dire « exagérément optimiste » [hoplessly optimistic] face aux défis qui l’attendent.

Sa priorité reste toutefois de trouver plusieurs de ses futurs bras droits, à l’heure où plusieurs postes de dirigeants du MBAC sont laissés vacants, a-t-elle rappelé. Entre autres postes névralgiques à combler, elle mentionne ceux du conservateur en chef (et sous‐directeur des collections et recherche), l’adjoint exécutif du Directeur général et le responsable de l’Institut canadien de la photographie.

Face aux critiques régulièrement formulées par le tissu muséal et culturel, qui reproche au MBAC de concentrer ses activités et son rayonnement au Québec et en Ontario — et par le fait même de ne pas être à la hauteur de son mandat « national » et pancanadien — Mme Suda se fait rassurante. « L’une des raisons pour lesquelles ce travail m’attirait autant, c’est justement le mandat ‘coast to coast’ du MBAC ».

« On a la ferme intention de continuer ensemble à faire rayonner » le Musée d’Ottawa le plus largement possible, géographiquement.

Le Dr Suda promet aussi que le développement des artistes et collections autochtones sera au centre de ses efforts. « Le musée a acquis des œuvres d’arts incroyables » venues doter sa collection d’art indigène et inuit, et sous sa gouverne, il continuera de s’adresser avec soin au public des Premières Nations, dit-elle.

Le Chagall ?

Aurait-elle été capable de soutenir la décision de vendre un tableau de Marc Chagall afin d’acquérir des œuvres plus pertinentes pour les collections du Musée — comme son prédécesseur l’a fait avec La Tour Eiffel, avant de se raviser, face à l’intense polémique qu’il avait suscitée ?

La question n’effarouche pas Mme Suda, qui l’élude avec tact. « La question est pertinente, mais avant d’y répondre, je dois d’abord sonder tous les gens impliqués dans cette décision [le comité directeur du c.a.], de façon à connaître et mieux comprendre leurs arguments. Je pourrai y répondre avec la profondeur nécessaire quelques jours après le 19 avril, quand j’aurai pris mes fonctions ».

La Torontoise deviendra la quatrième femme à assumer la direction du MBAC.

Titulaire d’un doctorat de l’Institute of Fine Arts de l’Université de New York, Mme Suda a commencé sa carrière au Metropolitan Museum of Art de New York. En 2011, elle s’est jointe au Musée des beaux-arts de l’Ontario (AGO) en tant que conservatrice de l’art européen.

Le ministre Rodriguez l’a qualifiée de « chef de file de renommée mondiale en matière de conservation » et grande « ambassadrice de l’art canadien ». « Je suis convaincu qu’elle dirigera [le MBAC] dans le respect des plus hautes normes grâce à son talent exceptionnel, a commenté, et que la population canadienne éprouvera de la fierté » à l’égard de ce musée, dont les collections comprennent environ 65 000 œuvres.