«Façonner la nouvelle forêt», (1990), de Lorraine Gilbert.

Lumière sur la nouvelle saison du MBAC

Le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) a dévoilé hier la douzaine d’expositions qui façonneront sa prochaine saison. Parmi les temps forts, l’exposition Trésors impressionnistes dévoilera des chefs-d’œuvre peu connus de la collection Ordrupgaard, une première rétrospective consacrée au maître-orfèvre Laurent Amiot, une première exposition canadienne consacrée à Paul Klee en 40 ans ou encore une présentation multidisciplinaire du photographe Edward Burtynsky avec une équipe de cinéastes.

La saison s’ouvrira en grand ce printemps avec Trésors impressionnistes qui présentera, du 18 mai au 9 septembre, des œuvres impressionnistes et des peintures danoises issues de la célèbre collection Ordrupgaard au Danemark. Au total 60 tableaux des grands maîtres, dont Cézanne, Degas, Gauguin, Manet, Monet, Morisot ou encore Renoir permettront d’avoir une vision d’ensemble de l’impressionnisme. Viennent également s’ajouter 16 toiles danoises parmi lesquelles on trouve les œuvres de Vilhelm Hammershøï ou de C. W. Eckersberg.

La collection Ordrupgaard constituée par le couple d’amateurs et de passionnés d’arts Wilhelm et Henny Hansen au début du 20e siècle est unique en son genre de l’autre côté de l’Atlantique. « Cette collection de Wilhelm Hansen avait pour but de représenter le développement de l’art moderne en France. Alors, c’est un voyage dans l’évolution de l’art français du 19e siècle jusqu’au début du 20e siècle », explique Erika Dolphin, commissaire de l’exposition au MBAC.

Une exposition qui risque de ravir et de surprendre les amoureux de l’art impressionnistes et postimpressionnistes. « Ce n’est pas une exposition d’œuvres impressionnistes comme on a l’habitude d’en voir, et qui se consacre exclusivement à un seul peintre. C’est une belle occasion de découvrir une exposition sur l’art de cette époque puisqu’il y a au moins une œuvre de chaque maître, dont certaines sont majeures, indique Mme Dolphin. Je pense que le public reconnaîtra certaines œuvres de Cézanne, dont un des exemplaires des Baigneuses. Il y a aussi le Portrait d’une jeune femme de Gauguin ou encore Le pont de Mantes de Corot et Le Pavé de Chailly de Monet. »

Trois tableaux réalisés par les rares femmes peintres de l’époque impressionnistes seront également exposés, soit « deux portraits de Berthe Morisot, et un portrait d’Eva Gonzalès, une étudiante de Manet ».

Parmi les autres expositions très attendues, Laurent Amiot. Maître-orfèvre canadien prendra l’affiche du 11 mai au 23 septembre. Laurent Amiot figure parmi les artistes les plus influents du 19e et a permis à l’orfèvrerie de devenir un art noble. Cette première rétrospective est constituée de 75 œuvres de l’artiste, dont de rares dessins ainsi que 16 œuvres de ses contemporains qu’il a inspirés.

« L’orfèvrerie est une expression brillante et achevée des 18e et 19e siècles. Parmi les orfèvres de l’époque, Laurent Amiot occupe une place de choix, du fait de sa renommée sur la scène artistique et de l’envergure de sa contribution, souligne Marc Mayer, directeur général du MBAC dans le catalogue qui accompagnera l’exposition. Sa pratique s’étend sur plus de cinq décennies, et quarante ans après sa mort, il demeurait une référence dans le milieu. »

Le MBAC consacrera également une première exposition canadienne à l’artiste suisse Paul Klee du 16 novembre 2018 au 17 mars 2019. Paul Klee. La collection Bergrgruen du Metropolitan Museaum of Art à New York (MET) est composée de 75 dessins, aquarelles et huiles qui illustre la carrière prolifique de l’artiste.

Façonner la nouvelle forêt 1990, de Lorraine Gilbert.

Photographies et arts multidisciplinaires
Alors que le MBAC abrite depuis 2016 l’Institut canadien de la photographie, ce dernier organise pour la première fois, non pas une, mais cinq expositions la saison prochaine. Parmi celles-ci, L’espace d’un instant. Cinquante ans de collectionnement de photographies retrace en plus de 150 clichés l’évolution de la collection de photographies du Musée. L’occasion de découvrir différents procédés de photographies utilisés par les maîtres de la photo comme Diane Arbus, Henri Cartier-Bresson, Walker Evans, Robert Frank ou encore Lisette Model. L’exposition se tiendra du 4 mai au 16 septembre.

L’exposition Anthropocène. L’empreinte humaine qui allie les photographies grand format d’Edward Burtynsky, les vidéos de Jennifer Baichwal et de Nicholas de Pencier ainsi que les nouvelles technologies expérientielles explore les effets de l’activité humaine sur la planète. L’exposition présentée du 28 septembre 2018 au 24 février 2019, est le dernier volet de la trilogie du projet des trois artistes, Paysages manufacturés (2006), Watermark (2013). Le projet Anthropocène s’appuie sur les recherches de géologues qui souhaitent un changement de nom de notre ère géologique Holocène pour Anthropocène afin de reconnaître l’impact de l’Homme sur la Terre.