L'artiste Dominik Sokolowski

Les quatre saisons de Dominik Sokolowski

À l'extérieur de la galerie, Dominik Sokolowski a installé quelques-uns de ses grands tableaux afin de profiter au maximum des rayons du soleil pour les faire sécher. À l'intérieur, il apporte les dernières touches - et couches - à ses toiles célébrant les quatre saisons canadiennes qui sont au coeur de sa prochaine exposition.
« Il y a un arbre immense à côté de chez moi qui, autour de l'Action de grâce, devient carrément jaune citron, alors que les deux érables sur mon terrain se teintent d'un rouge pétant. C'est un spectacle magnifique chaque année », raconte le principal intéressé, entre deux coups de pinceau.
En hommage au pays d'adoption que ses parents d'origine polonaise lui ont choisi, le peintre a donc décidé de s'inspirer de la nature et du cycle des saisons pour décliner une saisissante série de tableaux grands formats afin de célébrer à sa manière le 150e de la Confédération. 
Pas question pour autant de donner dans le figuratif : Dominik Sokolowski évoque printemps, été, automne et hiver à sa manière abstraite, tout en « cassant » les carrés de son travail.
« Ma précédente série de tableaux avec les coeurs m'avait déjà permis de graduellement sortir de mes constructions plus rigides. Cette fois, je sors encore plus du cadre ! »
L'hiver - « qui dure deux fois plus longtemps que les autres saisons, il me semble » - a notamment droit à un canevas deux fois plus impressionnant que les autres : 2 m x 3,6 m.
« Pour la première fois, j'ai commencé par réaliser des petits tableaux, comme des études, histoire de me faire la main et de déterminer les couleurs avec lesquelles je voulais traiter chaque saison », explique-t-il.
On reconnaît d'ailleurs aisément ses palettes de prédilection dans ses toiles hivernales, où les gris (parfois joliment bleutés pour rendre cet éclat particulier de la neige d'ici) se fondent dans les noirs, les bruns, les beiges et les gris plus cendrés.
Le jaune de la patience...
Dominik Sokolowski a dû apprivoiser de toutes nouvelles couleurs pour honorer l'été et l'automne. Ainsi, aux côtés des bruns, des ocres et des rouges (tantôt vifs, tantôt tirant sur un bordeaux riche et profond) se déploient des jaunes éclatants ou virant à l'orangé chaud. Comme les feuilles d'érable, avant que le vent ne les fasse tomber au sol.
« Le jaune est une couleur qui demande beaucoup, beaucoup de patience. Il devient vite orange ou verdâtre si tu le travailles trop vite. Je devais donc attendre que chaque couche soit bien sèche avant de pouvoir texturer le tout, et m'assurer que le jaune reste jaune. »
... Le défi du vert estival...
Le vert aussi lui a donné passablement de fil à retordre.
Celui, tendre, du printemps, qu'il juxtapose aux roses, mauves, violets, bleus, corail et jaunes des premiers crocus perçant les dernières plaques de neige et des fleurs de magnolias. Et celui, plus soutenu, de la canopée estivale, trouée ici et là par une touche de bleu pour rappeler le ciel à travers les feuilles, avec ses taches vives pour évoquer les couleurs des plates-bandes de son jardin.
« La compagnie de peinture à l'huile avec laquelle je travaille ne produit que trois verts, dont un sapin très foncé et un autre tirant sur le kaki. J'ai donc joué avec du jaune, du beige et de l'orangé pour arriver à différentes teintes de verts qu'on peut observer dans la nature », explique l'artiste.
... et une cinquième saison : l'été des indiens
Mais Dominik Sokolowski ne peut le cacher pas : sa saison préférée, c'est l'automne, comme en témoignent les nombreux tableaux qu'il lui a consacrés, dans une orchestration de couleurs puissantes. 
En fait, le peintre a même créé une série parallèle, en guise de coup de chapeau à cette période aussi espérée que brève qu'est l'été des Indiens, et qu'il affectionne particulièrement et auquel il consacre sans surprise la deuxième toile de 2,1 m x 3,6 m.
« Ç'a été tout un trip de couleurs !»  clame le peintre, visiblement satisfait du résultat.
Le vernissage de Quatre saisons du Canada aura lieu les 17 et 18 juin prochain, à la galerie Alpha