Les visiteurs de l’exposition Courage et Passion : les femmes en sciences naturelles au Canada peuvent notamment observer le squelette d’une girafe, mais aussi des herbiers du 17e siècle et des fossiles.

Les femmes en sciences à l’honneur

Depuis des siècles, des scientifiques canadiennes contribuent au progrès dans leur domaine, et ouvrent la voie aux jeunes filles qui veulent suivre leurs traces. Rendre hommage à ces pionnières, tel est l’objectif que c’est donné le Musée canadien de la nature en concevant Courage et Passion : les femmes en sciences naturelles au Canada.

L’exposition qui débute ce samedi et qui se tiendra jusqu’au 31 mars 2019, est également l’occasion de souligner le 100e anniversaire du droit de vote des femmes aux élections fédérales du Parlement, qui siégeait temporairement dans l’enceinte du Musée.

Conçue sur deux étages, l’exposition dévoile les contributions de 20 pionnières canadiennes en botanique, en zoologie, en géologie, en agronomie en physique, en paléontologie ou encore en médecine.

Tout en découvrant leurs réalisations, l’exposition Courage et Passion lève le voile sur les obstacles et les normes sociales qui ont freiné les femmes dans l’atteinte de leurs réalisations.

« Cette exposition permet de montrer la façon dont les rôles définis par la société touchent la vie et la carrière des femmes de sciences, indique Cindy Stelmackowich, commissaire de l’exposition et historienne des sciences. Ces femmes ont contribué à la collecte, l’identification, l’illustration, la production et la diffusion des connaissances en sciences naturelles au Canada [...] et elles méritent une plus grande reconnaissance. »

Les différents panneaux explicatifs qui constituent l’exposition, sont complétés par des outils, des carnets de notes, des herbiers datant du 17e siècle, des microscopes, des fossiles, des créatures marines dans du formol et même le squelette d’une girafe de près de 5 m de hauteur.

« Dans les années 1950, Ann Innis Dagg, âgée d’une vingtaine d’années, a décidé de partir étudier les girafes en Afrique. Ce n’était pas commun ! », souligne Nicole Dupuis, conceptrice d’exposition au Musée canadien de la nature. C’est la première scientifique occidentale – hommes et femmes confondus – à avoir étudié les girafes dans leurs habitats naturels. »

Des histoires comme celle d’Ann Innis Dagg, chacune des femmes présentées dans l’exposition en a une. « Elles ont toute contribué à la science au Canada, estime Mme Dupuis. Mais il y a un besoin de mettre en lumière leur travail. Parce qu’encore aujourd’hui, il y a une sous-représentation des femmes en sciences, elles sont moins de 30 % à œuvrer dans ce domaine », précise-t-elle.

Combattre les préjugés

Et puisque les sciences sont encore entourées de stéréotypes, décourageant les jeunes filles à suivre cette voie, la seconde partie de l’exposition, Courage et Passion, fait état des possibilités actuelles en sciences et s’attarde également à défaire les préjugés auxquels sont encore confrontées les femmes scientifiques.

« Avec l’exposition, on veut que les jeunes filles rencontrent les scientifiques du passé et du présent pour être inspirées et puissent ainsi considérer une carrière en science », souligne la conceptrice d’exposition.

Kathy Conlan, biologiste de la vie marine au Musée canadien de la nature, a plongé sous les glaces pour étudier la diversité marine.

Si aujourd’hui elle figure parmi les 20 pionnières canadiennes à avoir contribué à changer la science, elle admet avoir connu des difficultés au début de sa carrière, dans les années 1970. « À l’époque, les laboratoires étaient davantage la place des femmes, mais pas les terrains de recherche. On ne pouvait pas, en tant que femme, faire partie d’une équipe d’hommes », se rappelle Mme Conlan.

Kathy Conlan a plongé sous les glaces pour étudier la diversité marine.

La scientifique estime d’ailleurs que les femmes d’aujourd’hui ont plus d’opportunités qu’à son époque. « Cette exposition montre qu’au fil des siècles, les femmes impliquées dans les sciences ont dû franchir des barrières et sont devenues des scientifiques exceptionnelles. Elles ont ouvert la voie aux générations futures. Cela devrait donner le courage et la passion aux jeunes de prendre ce chemin », conclut Kathy Conlan.

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POUR Y ALLER 

Quand ? Jusqu’au 31 mars 2019

Où ? Musée canadien de la nature

Renseignements : nature.ca