Les profits engendrés par la vente de La tour Eiffel, de Marc Chagall, qui sera mis en vente aux enchères par la maison Christie’s, le 15 mai pourrait permettre au Musée des beaux-arts du Canada d’acquérir le chef-d’oeuvre néo-classique de David Saint-Jérôme entendant la trompette du jugement dernier (photo), peint en 1779.

Le MBAC souhaite acquérir le Saint-Jérôme de David

Le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) assure que la décision de vendre une toile de Marc Chagall « a été mûrement réfléchie » et lui permettra d’acquérir une œuvre de Jacques-Louis David s’inscrivant parfaitement dans sa collection d’art français.

Le directeur général du Musée des beaux-arts du Canada, Marc Mayer, explique que l’établissement souhaite acquérir le chef-d’œuvre néo-classique de David Saint-Jérôme entendant la trompette du jugement dernier, peint en 1779.

L’achat serait rendu possible grâce aux profits engendrés par la vente de La tour Eiffel, de Marc Chagall, qui sera mis en vente aux enchères par la maison Christie’s, à New York, le 15 mai.

La toile de Chagall, achetée en 1956, pourrait être vendue entre 6 millions $ US et 9 millions $ US (entre 7,5 millions $ CAN à 11,3 millions $ CAN).

M. Mayer note que le tableau prendra la route des enchères puisqu’il n’a pas trouvé preneur du côté de plus de 150 musées d’art canadien à qui on a offert la possibilité d’acquérir l’œuvre, mais qui n’ont pas répondu.

Il ajoute que le musée d’Ottawa a par ailleurs appris qu’un musée étranger s’était montré « très intéressé » à acheter Saint-Jérôme.

« Le risque que le Canada perde un tel trésor national étant réel, nous avons alors commencé à considérer d’autres options, comme la possibilité de vendre une œuvre d’art de grande valeur », écrit M. Mayer dans une déclaration transmise lundi.

En décembre 2017, le conseil d’administration a voté pour la mise en vente de l’œuvre de Chagall.

Et bien que le Musée des beaux-arts du Canada compte des œuvres majeures d’art français des XVIIe, XVIIIe, XIXe, XXe et XXIe siècles, « il manque toutefois un tableau important de David », souligne le directeur.

Le Saint-Jérôme a été documenté à Québec vers 1917 et a été donné à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec en 1938.

La déclaration explique qu’« au cours des dernières décennies, ses propriétaires ont reconnu la difficulté d’exposer et de conserver un tel chef-d’œuvre et l’ont confié au Musée de la civilisation où il est demeuré entreposé jusqu’à ce que le MBAC en demande l’emprunt à long terme pour l’exposer en 1995 ».

L’œuvre a été exposée au Musée des beaux-arts du Canada jusqu’en 2013, date à laquelle le Musée de la civilisation de Québec en a demandé la restitution.

En juillet 2016, l’Assemblée de la Fabrique Notre-Dame de Québec a offert le Saint-Jérôme à trois grands musées canadiens : le Musée des beaux-arts du Canada, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée national des beaux-arts du Québec.

M. Mayer affirme que le Musée de la civilisation de Québec était détenteur du premier droit refus, mais qu’à sa connaissance, il n’a pas manifesté d’intérêt pour le tableau.