Isabelle Regout s'est inspirée d'un événement du 11 juin 1806 pour sculpter sa pierre.

L'art au service de l'histoire

Isabelle Regout aime l'histoire, plus particulièrement celle de Gatineau. Une matière première fertile où la rivière et l'industrie forestière jouent des rôles prédominants, mais encore trop peu connus. Son exposition, L'âme de glace, un projet expérimental, explore les frontières d'un territoire qui mérite qu'on s'y attarde.
«Notre histoire est importante», lance d'emblée l'artiste qui, depuis deux ans, a le nez plongé dans les livres historiques. Le rôle de la rivière des Outaouais, mais surtout le courage de ces draveurs qui ont surmonté des conditions de travail souvent inhumaines, a teinté le projet de cette spécialiste de la peinture sous verre. Le résultat de cette démarche est exposé cet été à l'Espace Pierre-Debain. 
Verre églomisé
Travaillant pour la première fois avec un éclairage sous ses oeuvres, elle a créé des installations à partir de cartes géographiques, de bouts de bois et de représentations de brevets touchant l'évolution de l'industrie forestière, grand moteur économique de la région. 
Elle a eu aussi recours à la technique du verre églomisé, qui consiste à fixer de minces feuilles d'or sous le verre, mettant ainsi en relief des aspects singuliers des brevets.
Columbo 2017
«Ces oeuvres ne sont pas terminées, elles vont continuer d'évoluer dans le temps. Je n'ai pas fini d'explorer», explique Isabelle Regout, qui a préparé cette exposition tout en travaillant sur sa fresque Dompteurs d'écueils, un bas-relief en pierre de 3,2 mètres par 2 mètres. 
Isabelle Regout s'est aussi laissé inspirer par un fait historique méconnu pour sculpter la pierre. 
Le 11 juin 1806, Philemon Wright mettait à l'eau sur la rivière des Outaouais le premier train de bois baptisé Columbo. L'embarcation mettra 35 jours de navigation pour atteindre Québec. «Les gens ont tendance à l'oublier, mais la rivière des Outaouais est la plus longue au Québec.»
Maillage art-affaires
Évaluée à 100 000$, cette oeuvre majeure, qui sera inaugurée en décembre, sera exposée au Musée de l'Auberge Symmes. Projet de maillage art-affaires, Columbo 2017 a pour objectif de créer des liens entre les entrepreneurs et le milieu culturel. Les gens de la communauté d'affaires sont invités à contribuer au projet en faisant l'acquisition de parts. «Il y a beaucoup d'entreprises qui ont un lien avec le bois, l'eau. Cette oeuvre est un symbole de fierté, qui souligne l'héritage de ces héros, de ces bâtisseurs. »
Isabelle Regout souhaite avec ses projets piquer la curiosité des gens, voire inspirer un dialogue autour de l'histoire de la région.
Pour y aller
Quand ? Jusqu'au 20 août, entrée libre
Où ? Espace Pierre-Debain
Renseignements : 819-685-5033
Une invitation au voyage
Jean-Yves Vigneau convie le public de L'Imagier à un voyage au coeur de ses propres oeuvres. L'exposition L'embarquement pour les îles replonge dans le travail de cet artiste profondément attaché à ses racines madeliniennes.
«Je trouve que L'Imagier est un lieu propice pour accueillir cette exposition. On y retrouve un peu l'atmosphère d'une vieille gare», explique Jean-Yves Vigneau.
L'ensemble intitulé L'embarquement pour les îles est composé de valises en bois de diverses tailles qui chacune, évoque un projet artistique ayant un lien avec la mer et les Îles-de-la-Madeleine. Cette rétrospective non exhaustive de l'artiste a été inspirée par le travail de Marcel Duchamp. Ce dernier avait conçu en 1939 une série de valises qui comprenait ses notes, réflexions et dessins sur ses oeuvres artistiques. 
«Ces boîtes-en-valise avaient pour but de devenir des musées portatifs, qui prenaient peu de place. Je me suis inspiré de cette idée pour replonger dans certains de mes projets.»
L'ensemble intitulé <i>L'embarquement pour les îles </i>est composé de valises en bois de diverses tailles qui chacune, évoque un projet artistique ayant un lien avec la mer et les Îles-de-la-Madeleine.
Jean-Yves Vigneau a sculpté des valises en bois, qui rappellent les grandes malles de l'époque, sur lesquelles il a apposé des photos de ces projets. Certaines de ces valises sont aussi dotées d'une bande sonore. C'est le cas de la valise Le naufrage de l'angélus, du nom d'une oeuvre qu'il avait présentée en 1998 dans son île natale. «Ce projet évoquait le clocher de l'église qui avait été détruit lorsque j'étais enfant. Je l'avais représenté comme une bouée qui flottait dans la baie. J'ai transposé ce naufrage dans la valise, qui ressemble à un coffre d'un instrument de musique. On y entend aussi les premières notes de l'Angélus
Le choix des oeuvres s'est fait naturellement, assure l'artiste, qui s'est aussi laissé inspirer par la forme que ces valises prenaient sous ses doigts. «Je ne voulais pas d'une exposition didactique sur mon travail, au contraire. Pas besoin de connaître mes projets non plus pour y assister. Chaque valise est devenue une nouvelle oeuvre, une interprétation, mais surtout, une invitation au voyage», conclut-il.
Pour y aller
Quand ? Jusqu'au 13 août
Où ? Centre d'exposition L'Imagier
Renseignements : limagier.qc.ca