Les trois corselets exposés – dont celle au centre a appartenu à un officier de la garde de la maison de Médicis de Florence – reflétaient le rang de leurs propriétaires.

L’armure sous toutes ses facettes

Le Musée canadien de la guerre consacre, en partenariat avec le Museo Stibbert de Florence en Italie, une exposition aux armures en tout genre. De celles de la garde pontificale, à celle des chevaliers de la Renaissance, en passant par les protections de soldats modernes à celles des sportifs jusqu’à l’armure d’Iron Man, l’exposition retrace l’évolution de l’équipement de protection au fil du temps.

À toutes les époques, dans toutes les cultures, l’armure a toujours allié l’art, la technologie et la créativité. Et c’est ce que l’exposition Armure, qui se tient jusqu’au 3 septembre, tente de montrer.

« Le Museo Stibbert nous a prêté son exposition itinérante », explique Mélanie Morin-Pelletier, conservatrice principale. Une exposition itinérante qui contient une centaine de pièces d’armures – dont six armures intégrales –, des armes et autres artefacts, et deux chevaliers montés grandeur nature. « Nous avons décidé de diviser l’exposition en quatre zones (l’armure de combat, l’armure sportive, l’armure comme symbole de statut et l’armure dans la culture populaire) », souligne la conservatrice.

Si avec l’apparition des armes à feu l’armure a progressivement disparu des champs de bataille, elle perdure, mais sous d’autres formes. Comme en témoignent l’équipement utilisé lors des deux Guerres mondiales ou encore l’uniforme moderne des soldats canadiens et un gilet pare-balles. « Ce sont différents types d’armures, mais aujourd’hui encore les soldats portent une veste de kevlar et différents éléments assurent leur protection », précise-t-elle.

Bien que l’armure quitte peu à peu les champs de bataille, elle a longtemps continué d’être fabriquée. En effet, plus qu’un élément de protection, elle reflétait également le statut social, le pouvoir et la richesse.

Armure permet également de constater que la technologie joue un rôle important dans le développement des équipements de protection, surtout dans le domaine des sports. Plusieurs exemples de casques de hockey – dont un datant de 1930 –, de football ou de cyclisme ou encore l’équipement de protection de la gardienne de hockey Shannon Szabados permettent de constater l’évolution flagrante de ces objets utilisés aujourd’hui.

Que ce soit dans des portraits du 16e siècle ou dans les films hollywoodiens avec le costume d’Iron Man ou celle du vilain dans MadMax : Fury Road, la dernière section de l’exposition, met en relation la présence de l’armure dans la culture populaire.

L’armure d’Iron Man est exposée au Musée canadien de la guerre jusqu’au 3 septembre.

Propagande

Des affiches de propagande utilisant l’image des chevaliers témoignent de l’importance et du pouvoir qu’ils représentent dans l’inconscient collectif. Par exemple Jeanne d’Arc en armure, telle une image subliminale, incite les femmes à s’enrôler au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Au Canada, Armure sera présenté uniquement au Musée de la Guerre, dans le cadre de la tournée nord-américaine de l’exposition.

EN CHIFFRES

  • La collection du Museo Stibbert de Florence en Italie, initiée au 19e siècle par un passionné du Moyen-Âge et de la Renaissance, Frederick Stibbert, compte près de 50 000 artefacts, dont 14 chevaliers montés.
  • Une armure complète pesait jusqu’à 20 kilos.
  • Une épée médiévale ne pesait qu’entre 1 et 1,5 kg.
  • Le kevlar, fibre synthétique légère et résistante avec laquelle sont fabriquées les vestes pare-balles, a vu le jour il y a près de 50 ans.

POUR Y ALLER

Quand ? Jusqu’au 3 septembre

Où ? Musée canadien de la Guerre (1, place Vimy, Ottawa)

Renseignements : museedelaguerre.ca