Cette carte de visite d'une équipe de crosse composée d'hommes kanien'kehá:ka (Mohawks) de Kahnawá:ke (Kahnawake) montre l'évolution de la crosse en tant que sport national d'été du Canada.

La vie quotidienne, il y a 150 ans

Profitant des 150 ans du pays, Le Musée canadien de l'histoire (MCH) ouvre une exposition intimiste sur les premiers pas de la Confédération, Reflets d'il y a 150 ans, développée en collaboration avec Bibliothèque et Archives Canada (BAC).
Il s'agit moins d'une plongée que d'un aperçu sobre, presque sommaire, de la vie quotidienne en 1867. Si le contenu paraît humble au premier égard, il est loin d'être dénué d'intérêt. Ces jolies « diapositives » offrent un éclairage complémentaire pertinent au contenu de la nouvelle Salle de l'histoire canadienne, qui sera inaugurée le 1er juillet.
Cette exposition, présentée jusqu'en janvier 2018, permet en outre d'inaugurer une nouvelle salle du MCH baptisée Les trésors de BAC, qu'une visite trop hâtive risquerait de faire rater. Le grand public sera, avec le temps, amené à apprivoiser cet espace discret où se succèderont des expositions annuelles coprésentées par les deux partenaires, en vertu d'une entente de cinq ans. 
Située un peu en retrait de la salle des totems, l'entrée est révélée par l'énorme « 1867 » affiché au mur. Les quatre chiffres qui le composent sont incrustés de photographies dont l'effet lenticulaire attire l'oeil. 
C'est d'ailleurs à peu près la seule facétie moderniste que s'autorise cette exposition qui préfère se distancer de l'ère numérique, ses gadgets et son interactivité muséale, pour ne miser que sur la présentation la plus sobre qui soit de documents d'époque. À savoir, une soixantaine de photographies, daguerréotypes, ambrotypes, gravures et aquarelles. Sans oublier une carte du Dominon (datée de 1872), destinée à faciliter les comparaisons territoriales, une affichette publicitaire pour la compagnie ferroviaire Grand Tronc (qui gérait le principal chemin de fer reliant le Québec et l'Ontario en 1867) ainsi que deux ou trois objets plus inattendus.
Inattendus, telles ces déconcertantes « cartes de visites » : des photographies de petit format, vite devenues assez populaires pour que les gens se mettent à les collectionner et à se les échanger, explique la co-conservatrice de l'exposition pour le MCH, Laura Sanchini. On peut les considérer comme les ancêtres des cartes de hockey, convient-elle. La carte de visite exposée montre un jeune homme en costume officiel de « garde d'évêque », posant fièrement, fusil au poing.
Inattendu, on n'en dira pas autant de cette ceinture fléchée, emblématique de la population francophone et métis, nous rappelle-t-on en vantant l'« importance » de cette pièce d'étoffe dans la tenue vestimentaire hivernale, particulièrement dans la vallée du Saint-Laurent. Un artefact indispensable, ici ? Vraiment pas !
Reflets d'il y a 150 ans n'a pas de réticence à jouer avec certaines images très stéréotypées de ce Canada fortement « romantique ». Mais on comprend par la bande - à travers ces virils bûcherons posant en pleine forêt ou le cliché de cette jeune métis manitobaine alanguie sur les berges de la rivière Rouge - que cette vision romantique des choses est précisément celle que la population a voulu véhiculer, à une époque où il s'agissait de « définir un pays ».
Parmi les documents figurent des raretés - extirpées des collections du BAC et du MCH. Certains visiteurs préféreront les objets à connotation plus politique, comme le premier registre d'assermentation - signé par le premier chef de gouvernement, John A. Macdonald. D'autres, butinant d'une diapositive à l'autre (la construction de la façade du Parlement d'Ottawa ; l'érection du pont Victoria, premier à enjamber le Saint-Laurent...) se réjouiront de voir la naissance du photojournalisme, à travers une photo de la Brasserie Molson prise au lendemain d'un incendie.
Et ceux qui ne peuvent se passer de gadgets s'accapareront l'appareil permettant de visionner en stéréoscopie (« la réalité virtuelle de l'Ère victorienne ») des images de ce Canada romantique, réel ou fantasmé...
Pour y aller
Musée canadien de l'histoire
Jusqu'au 28 janvier
museedelhistoire.ca ; 819-776-7000