Les lauréates du Prix Nouvelle génération de photographes Deanna Pizzitelli, Meryl McMaster et Elisa Julia Gilmour.

La relève s’expose au MBAC

L’Institut canadien de la photographie a dévoilé mercredi PhotoLab4 : Exposition du Prix Nouvelle génération de photographes qui met sous le feu des projecteurs des œuvres des premières lauréates du concours du même nom.

La Torontoise Elisa Julia Gilmour, et les deux Ottaviennes Meryl McMaster et Deanna Pizzitelli, sont les trois premières gagnantes du Prix Nouvelle génération de photographes lancé en 2017. Un concours qui vise à souligner chaque année le travail des photographes émergents de 30 ans et moins au Canada. Choisies parmi 24 finalistes, elles voient leur travail récompensé par une exposition au Musée des Beaux-Arts du Canada (MBAC) en plus de recevoir chacune 10 000 $.

L'Exposition du Prix Nouvelle génération de photographes au MBAC.

« Les trois gagnantes ont choisi d’explorer avec intelligence, créativité et innovation l’identité et la relation de l’individu avec le monde qui l’entoure », a précisé Ann Thomas, conservatrice en chef par intérim du MBAC.

Dans le tout petit espace qu’est le Photolab du MBAC, c’est l’immense autoportrait de Meryl McMaster qui frappe dès que l’on entre. Avec Edge of a moment (Au bord de l’instant), l’artiste d’ascendance crie des plaines et européenne parle d’elle à travers la découverte de soi, mais aussi à travers l’héritage, l’histoire et la culture. « Cette photo est l’œuvre finale, mais le processus de création s’est fait en plusieurs étapes », indique Meryl McMaster, 29 ans qui conçoit également les sculptures, les objets et les vêtements qui composent ses photos. Avec cette photo prise au printemps dernier sur le site historique du Précipice à bisons Head-Smashed-In, au sud de l’Alberta, la jeune photographe souhaitait explorer l’identité, son héritage personnel.

À droite de cette représentation autochtone, on retrouve Over the Own (Au-delà des leurs) d’Elisa Julia Gilmour. Cette installation vidéo de cinq minutes et l’impression grand format de la pellicule qui l’accompagne explorent, grâce à cinq portraits de mères dont les progénitures sont voilées, la place et le rôle de la mère. « C’est une réponse au genre photographique du 19e siècle connu sous le nom Mères cachées, qui consistait à prendre des photos en studio des enfants tenus par leurs mères qui étaient voilées. Je trouvais intéressant d’inverser ce processus », explique Elia Julia Gilmour, 29 ans.

En face, Kožca — qui signifie peau en slovaque — regroupe une trentaine de photos de Deanna Pizzitellli, 30 ans. Ce projet qu’elle a entrepris en 2015, en Slovaquie, pour le poursuivre jusqu’en 2017 au gré de ses déplacements en Europe, au Canada ou en Amérique latine plonge dans le paysage émotionnel de l’être humain. « Mon travail explore l’incompréhension et l’instabilité des sentiments que suscite le fait d’être en vie », précise Deanna Pizzitelli.

Les lauréates participeront à une rencontre avec les artistes le samedi 5 mai au MBAC.

POUR Y ALLER

Quand : Jusqu’au 19 août

Où : MBAC

Renseignements : beaux-arts.ca