La directrice de la galerie NAK, Sylvette Brière
La directrice de la galerie NAK, Sylvette Brière

La galerie d'art Nak ouvre ses portes à Ottawa

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
Une nouvelle galerie d’art «haut de gamme», la Galerie NAK, a ouvert ses portes dans un quartier branché du centre-ville d’Ottawa.

Située là où se tenait auparavant la galerie Cube – au 1285, rue Wellington Ouest  – et ouverte au public depuis le 24 septembre, NAK entend représenter et promouvoir des artistes visuels contemporains, tant canadiens qu’étrangers.

La toute première exposition proposée en ses murs est collective. Elle réunit «une quarantaine d’œuvres» signés Diane Dufresne, Hunt Slonem, Shawn Skeir, Yann Lemieux, Jean-François Henri, Allison Bonac, Marie-Stephane Gevrey, Zabel, Marie-Claire Plante, Kirk Mechar, Audrey Bazinet, Jolic, Sophie Carrier, Scaro et Ovila-David Huard.

«C’est un très bon début ! se réjouit la directrice générale des lieux, Sylvette Brière. «C’est une belle collaboration avec les artistes. Je ne sais pas si c’est à cause de la Covid-19, mais je sens qu'ils ont vraiment envie de travailler sur de nouveaux projets. »

Le public a jusqu’au 1er novembre pour profiter de ce tour d’horizon.

«On en [aura] pour tous les goûts. On veut proposer des artistes qui offrent quelque chose un peu différents, une diversité de façons de créer», présente la directrice générale des lieux, Sylvette Brière. 

Si la galerie se veut «high end» (haut de gamme), dit-elle, L’objectif de Nak est avant tout de «travailler en lien avec les valeur des gens, et pas seulement avec les valeurs du marché», assure-t-elle.

Nak s’intéressera donc à «certains talents locaux», ainsi qu’à des artistes «peu ou pas représentés au Canada», comme le Newyorkais Hunt Slonem, «qui n’est pas représenté ailleurs qu’à Montréal», fait-elle valoir. 

«Mais l’émergence est très importante pour nous, et on est toujours ouverts à recevoir des candidatures» ajoute la galériste.

«On préfère les grands formats, mais on n’est pas fermés à l’idée de proposer de plus petites séries. On a d’ailleurs des murs amovibles», très adaptés à la présentation de plus petits formats, soutient-elle.

Des expositions solo sont prévues «très bientôt»: Hunt Slonem sera vraisemblablement le premier de ses invités à bénéficier d’une visibilité «solo», mentionne Sylvette Brière. Sa galerie prendra toutefois soin de toujours «réserver une partie de l’espace» à des toiles d’«artistes qui nous font confiance, et qui n’aimeraient pas qu’on mette leurs œuvres aux oubliettes pendant un mois», précise-t-elle.


« L’émergence est très importante pour nous, et on est toujours ouverts à recevoir des candidatures. »
Sylvette Brière, directrice générale de la galerie NAK

À emporter immédiatement

Les collectionneurs n’auront pas à attendre la fin d’une exposition pour partir avec une toile tout juste acquise, explique Mme Brière. 

Les artistes qu’elle représente lui laissent en consigne une quantité d’œuvres suffisantes pour qu’elle puisse «laisser partir les œuvres immédiatement, dès l’achat». 

«On a les moyens de nos ambitions. [...] Dès qu’une œuvre part, on la remplace par une autre du même artiste». Même dans le cas de Diane Dufresne, qui «nous a laissé [en consigne] 20 ans de création, en exclusivité. C’est énorme. J’étais vraiment contente de la confiance qu’elle et son mari (qui est son agent) nous ont accordée, contente de leur implication et de leur satisfaction. »

Selon la galeriste, ce système de remplacement immédiat des œuvres permet de «mieux témoigner de la diversité du travail de l’artiste». Et puis, «on sait tous à quel point c’est difficile, ces temps-ci, d’être un artiste», ajoute-t-elle. Devoir attendre la fin d’une exposition avant de pouvoir encaisser un chèque, «c’est très lourd», pour les créateurs.

La galerie NAK, situé sur la rue Wellington Ouest à Ottawa, expose entre autre des oeuvres de Diane Dufresne.

NAK Design Strategies

La Galerie NAK a été fondée par le chef d’entreprise Silvano Tardella. Ce dernier est pdg de la société d’urbanisme (et d’architecture paysagère) NAK Design Strategies, qui possède des bureaux à Toronto, Calgary et Orlando. La firme s’est installée à Ottawa l’an dernier – au 1285, rue Wellington Ouest; la galerie Nak partage donc une partie de ses locaux.

Mais M. Tardella est surtout «un passionné d’art contemporain, collectionneur depuis plusieurs années» qui caressait depuis longtemps le rêve d’avoir une galerie, indique Mme Brière.

L’espace dédié à la galerie s’étend sur 60 pieds par 40 pieds. «On a investi beaucoup d’argent, notamment dans les systèmes d’accrochage et d’éclairage, qui sont à la fine pointe de la technologie. C’est vraiment une magnifique galerie!» s’exclame la directrice générale.

Sylvette Brière n’est pas un nouveau visage de la communauté artistique d’Ottawa-Gatineau.

En tant qu’auteure-compositeure-interprète, elle a été la chanteuse de la formation Zooloo, qui a fait paraître trois albums de blues entre 2005 et 2010. En marge de sa carrière musicale, elle peint depuis plus de 30 ans, et se dit «fan finie» des arts visuels, fascinée par tout ce qui relève de la technique picturale.

«À l’aube de ma quarantaine, j’ai décidé de retourner à l’université, en arts visuels. Je suis en train finir ma maîtrise», apprend-elle. «Je veux me rendre au doctorat, tranquillement pas vite, mais j’étais très occupée par l’ouverture de la galerie». 

Son récent mémoire de maîtrise portait sur les propriétés luminescentes du phosphate, et la représentation luminescente de la mort dans ses propres toiles.

Le site Internet nakgallery.com donne un aperçu des premières oeuvres venues orner ses cimaises. On y trouve également des biographies des artistes.

À cause des présentes consignes sanitaires liées à la pandémie, seules quatre personnes sont admises dans la galerie en même temps. Le port du masque est exigé à l’intérieur.

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VISITES VIRTUELLES D'ATELIERS D'ARTISTES DE GATINEAU

Les visites virtuelles d’ateliers d’artistes gatinois se poursuivent jusqu’au 12 octobre. 29 artistes participent à ce programme, cette année.

Une galerie virtuelle – accessible sur le site Internet d’Arts visuels Gatineau (artsvisuelsgatineau.com) – affiche des œuvres et des détails sur la démarche artistique des créateurs.

Une douzaine d’artistes ont aussi ouvert aux caméras leurs lieux de création, pour permettre la diffusion de vidéo live. Ces visites virtuelles sont accessibles sur la page Facebook d’Arts visuels gatineau.

Par ailleurs, une table ronde au sujet de L’impact des médias sociaux sur la pratique artistique sera diffusée sur Facebook, via Zoom, dimanche 4 octobre de 14 h à 15 h.