Anne Breau, commissaire de l’exposition Ikebana qui aura lieu au Musée canadien de la nature

Des fleurs pour célébrer le printemps

Le printemps se laisse désirer dans la région, mais au Musée canadien de la nature, il s’installe le jeudi 11 avril. Jusqu’au dimanche 14 avril, la 35e exposition annuelle Ikebana, l’art floral japonais, célèbrera la nouvelle saison.

En japonais, « ikebana » signifie, grosso modo, « l’art de faire vivre les fleurs ». Une trentaine de sculptures vivantes de différentes tailles y mettent en vedette fleurs fraîches, feuilles, fruits, branches et ornements de bambou arrangés selon différents courants de cette forme d’art vieille de 1500 ans. Ces compositions sont celles des membres de la section ottavienne d’Ikebana International.

Comme l’indique la commissaire de l’exposition Anne Breau — et comme le fait deviner le frais parfum floral qui embaume la rotonde du Musée —, seuls des matériaux organiques peuvent être utilisés dans un arrangement.

« L’ikebana, c’est de redonner à ces matériaux une seconde vie, explique l’enseignante qui a le rang de Rigi, le plus élevé de la hiérarchie. C’est l’expression de soi. Oui, on s’inspire de la nature, mais quand on fait de l’ikebana, on s’approprie la branche. On la coupe, on change son apparence, alors on se l’approprie. Ça devient l’expression de soi, un peu comme la sculpture. On compare même l’ikebana à de la musique. »

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Pour acquérir assez de notions pour enseigner l’art traditionnel japonais, il faut souvent l’étudier une dizaine d’années, détaille Mme Breau.

Parmi les œuvres de l’exposition, les règles sont observées de plus strictement chez les adeptes de l’école Ohara ou laissent place à la fantaisie de ceux de l’école Sogetsu.

Règle générale, la principale distinction entre l’ikebana et les arrangements floraux à l’occidentale est l’asymétrie.

Les compositions de tradition japonaise visent surtout à créer une ligne que l’œil peut suivre à travers divers angles, avant même de chercher une combinaison de couleurs harmonieuse. Les arrangements, parfois minimalistes, veulent mettre en évidence la beauté de chacune de ses composantes.

« Chaque élément qu’on dépose, on essaie de lui donner un profil, continue Mme Breau. Le contraire, c’est que dans les arrangements occidentaux, on met une masse et on y cherche une couleur. On met tout ensemble et il n’y a pas vraiment de ligne à ce qu’on construit. »

Pour les curieux, deux ateliers de découverte de l’ikebana seront offerts le samedi 13 avril à 10 h 30 (école Ohara) et à 13 h 30 (école Sogetsu).

POUR Y ALLER :

Quoi ? Exposition Ikebana : La nature à travers l’art

Quand ? Du 11 au 14 avril (ateliers le samedi 13 avril à 10 h 30 et 13 h 30)

Où ? Musée canadien de la nature

Renseignements : nature.ca