On l’oublie parfois, mais plusieurs animaux survivent dans la nature grâce à leur... lenteur.

Dans l'univers des animaux lents avec «La survie au ralenti»

Paresseux, caméléons, tortues et autres bestioles lambines ont élu domicile au Musée canadien de la nature. Jusqu’au 22 avril 2019, l’exposition «La survie au ralenti» propose de leur rendre visite et de découvrir leurs surprenantes stratégies pour vivre et échapper aux prédateurs.

Alors que certains animaux dominent la chaîne alimentaire en étant les plus rapides ou les plus forts, ces créatures, elles, trouvent leur compte dans la loi de la jungle en respectant la loi du moindre effort. Dans l’exposition, 19 vitrines recréent les habitats naturels d’autant d’espèces, dont les spécimens vivants proviennent des Little Ray’s Nature Centres.

Roger le paresseux partage la vedette avec d’autres collègues à poils, à plumes et à écailles, ainsi qu’avec quelques gros arthropodes, dont des mygales et des scorpions. Tous partagent une caractéristique : ils survivent grâce à « des adaptations contre-intuitives » qui économisent leur énergie, expose le fondateur des Little Ray’s Nature Centres, Paul Raymond Goulet. À chacun son secret ; certains, comme le paresseux, se camouflent dans leur environnement, d’autres tels les tortues terrestres comptent sur leur armure pour repousser les prédateurs, et plusieurs peuvent vivre dans des milieux difficiles grâce à leurs besoins nutritionnels minimes – des mygales ont déjà vécu sans manger pendant deux ans, apprend-on dans l’exposition.

« C’est difficile de parler des avantages de la lenteur si on ne reconnaît pas les désavantages de la rapidité, ajoute Paul Raymond Goulet. On sait tous pourquoi certains animaux sont gros, rapides ou forts (...), mais il y a des désavantages. Et les avantages d’être lent sont les opposés des désavantages d’être rapide. »

Fondé à Ottawa en 1995, l’organisme Little Ray’s Nature Centres est devenu le plus grand centre de sauvetage d’animaux exotiques au Canada. La plupart des spécimens de l’exposition, les reptiles en particulier, ont été donnés par ou confisqués à des propriétaires privés.

Espèces en péril

Des démonstrations avec les animaux auront lieu chaque jour pendant l’exposition, de deux à quatre fois par jour. Presque toutes les espèces de La survie au ralenti sont en péril. Une seule continue de s’épanouir : le paresseux à deux doigts, comme Roger. « De façon assez ironique, les paresseux vont très bien ! souligne M. Goulet. Et la raison pour laquelle ils vont si bien, c’est parce que les harpies féroces sont sur le point de disparaître. Ce sont les prédateurs principaux des paresseux. »

Ces discussions viseront à discuter des espèces menacées de façon plus large avec les jeunes visiteurs, mais pourraient aussi en apprendre aux plus grands. « Chaque espèce de tortue au Canada, sauf une, est considérée en péril. Chaque tortue, souligne M. Goulet. Donc lorsque vous voyez une tortue sur la route, il y a de bonnes chances que ce soit une espèce menacée. Cette tortue est en danger et nous devons la tasser de la route : ce sera une bonne partie de notre message au Musée. »

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POUR Y ALLER

Quand ? jusqu’au 22 avril 2019

Où ? Musée canadien de la nature

Renseignements : nature.ca