Avec plus de 200 artéfacts et œuvres d’art, l’exposition Europe médiévale permet aux visiteurs de départager la fiction de la réalité.

Dans les vestiges du Moyen-Âge

De Clovis Ier, à Charlemagne en passant par Rollon, Richard cœur de Lion ou encore Jeanne d’Arc, la nouvelle exposition du Musée canadien de l’histoire, Europe médiévale – pouvoir et splendeurs, invite le visiteur à (re)découvrir plus de 1 000 ans d’histoire.

S’étalant de l’an 400 à l’an 1500, le Moyen-Âge fascine et inspire. Nombreux sont d’ailleurs les artistes qui prennent cette époque pour planter le décor de leurs différents récits, scénarios et actions. Il n’y a qu’à penser à la trilogie à succès Les Piliers de la terre de l’auteur Ken Follett, aux différentes adaptations cinématographiques de Robin des bois ou plus récemment à la série à succès Game of Thrones, ou encore aux jeux de société comme Carcassonne.

Mais bien souvent, des stéréotypes ou des anachronismes y sont véhiculés, dépeignant le Moyen-Âge comme l’âge des ténèbres. Certains aspects y sont romancés et la réalité souvent détournée.

Avec pour objectif de distinguer la fiction de la réalité, l’exposition Europe médiévale, redonne ainsi au Moyen-Âge toutes ses lettres de noblesse en replaçant plus d’un millénaire dans son contexte.

« Cette exposition est une invitation à départager le vrai du faux », souligne Jean-Marc Blais, directeur général du Musée canadien de l’histoire.

Avec pas moins de 200 artefacts et œuvres d’art principalement sortis tout droit de l’impressionnante collection du célèbre British Museum, à Londres, mais aussi d’institutions culturelles telles que le Victoria and Albert Museum, le Musée canadien de l’histoire ou encore de l’université McGill – l’exposition explore près d’un millénaire de notre ère.

« C’est la première fois que le Musée présente une exposition sur l’époque médiévale. C’était donc une occasion unique de faire une introduction à l’histoire du Moyen-Âge », insiste Bianca Gendreau, conservatrice de l’exposition.


«  C’est une période riche qui fait partie de notre imaginaire.  »
Bianca Gendreau, conservatrice de l’exposition

Ainsi en passant la première arche de l’exposition, le visiteur est transporté au cœur d’un château médiéval. Au fur et à mesure qu’il avance, il est amené dans une chapelle, une cour ou un jardin.

Divisée en huit zones, l’exposition permet d’en apprendre davantage sur le quotidien au Moyen-Âge, le pouvoir royal, la religion, la chevalerie, les traditions de la cour, le commerce, les villes et les habitants, la vie urbaine, la mode, les trésors célestes.

Grâce à des cartes, le visiteur peut observer les transformations de l’Europe au fil des siècles et comprendre les stratégies géopolitiques des différents royaumes. L’exposition permet également de voir de armures, des casques, des pièces d’échecs, des tapisseries représentant des scènes de la vie quotidienne, des bijoux, et même une bible en latin datant de 1420-1440.

Les objets, comme cette bible, racontent tous une histoire. C’est pourquoi il faut les préserver.

Valeur ajoutée

À cette exposition itinérante initiée par le British Museum et présentée en exclusivité nord-américaine, le Musée canadien de l’histoire a ajouté un volet sur l’héritage de l’époque médiévale au Canada.

Que ce soit l’architecture gothique de certains bâtiments, les lois, la création des universités, les pèlerinages religieux, les traces du Moyen-Âge ont traversé les siècles et l’océan.

Manuscrits, œuvres d’art, artefacts témoignent des racines médiévales en Amérique du Nord.

« Et un conservateur [évoque] des thèmes et des éléments du Moyen-Âge qui ont encore une résonance au Canada », précise la conservatrice.

Au centre de l’exposition – ou plutôt au cœur du château – le Musée canadien de l’histoire a recréé, à l’aide d’écran à 360°, la cour de château. Une table interactive donne l’occasion de pousser un peu plus loin la connaissance de certains lieux et certains personnages. De personnages célèbres, mais dont les faits d’armes ne sont pas connus de tous. « On découvre et approfondit certains personnages clés [...] parce qu’ils ont joué un rôle à leur époque. L’objectif est de donner de l’information sur ces personnages sur ce qu’ils ont fait, et sur l’importance qu’ils ont encore aujourd’hui », souligne Mme Gendreau. En évoquant ainsi certains personnages, l’exposition peut aborder des moments importants de cette époque comme les croisades, le grand schisme ou la Magna carta.

« C’est l’occasion de brièvement les expliquer, les introduire », indique la conservatrice.

On découvre ainsi qui était entre autres Richard III, Charlemagne, Rollon ou Aliénor d’Aquitaine et Jeanne d’Arc, mais aussi des figures légendaires encore bien vivantes aujourd’hui.

« C’est une période riche qui fait partie de notre imaginaire. Il n’y a qu’à penser à Tristan et Iseult, Robin des bois, Arthur et les chevaliers de la Table ronde qui n’ont jamais vécu. Ils sont issus du Moyen-Âge et leur légende dure encore aujourd’hui. Ça nous permet de départager la légende du personnage historique. »

Conserver des pièces millénaires

Certaines des pièces de l’exposition ont près de 1 000 ans. Et si elles sont encore aujourd’hui en excellent état de conservation, c’est grâce au travail de restauration de spécialistes. « L’objectif n’est pas de remettre à neuf les objets, mais de la stabiliser pour ne pas qu’ils s’abiment davantage, explique Bianca Gendreau, conservatrice de l’exposition. Même s’ils ont été endommagés, on veut les garder dans l’état dans lequel ils ont été trouvés, parce que ça raconte leur histoire. Ça fait partie de l’objet. »

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POUR Y ALLER

Quand ? jusqu’au 20 janvier 2019

Où ? Musée canadien de l’histoire

Renseignements : museedelhistoire.ca