Deux vases de fleurs, de Paul Gauguin, figure parmi les incontournables de l’exposition Trésors impressionnistes. La collection Ordrupgaard.

Concentré d’impressionnistes

Les expositions se suivent et ne se ressemblent pas au Musée des Beaux-arts du Canada (MBAC). Cette fois-ci c’est Trésors impressionnistes. La collection Ordrupgaard qui invite les amateurs du genre et les non-initiés à admirer des chefs-d’œuvre français et danois du 19e siècle.

Inédite en Amérique du Nord, l’exposition est présentée en exclusivité au MBAC jusqu’au 9 septembre. « C’est l’occasion de voir une collection qui n’est d’ordinaire pas si accessible, puisqu’elle est installée en banlieue de Copenhague, insiste Erika Dolfin, conservatrice associée au MBAC. Et ainsi de voir des spécimens exemplaires de peintures du 19e siècle. » 

Monet, Sisley, Pissaro, Cézanne, Manet, Renoir, Matisse ou encore Courbet, l’exposition fait découvrir aux visiteurs pas moins de 60 œuvres impressionnistes et postimpressionnistes françaises et 16 tableaux de l’Âge d’or danois. 

Un espace entier est même consacré à huit toiles de Paul Gauguin, ce qui permet d’apprécier l’évolution de l’artiste. On trouve d’ailleurs son célèbre Portrait d’une jeune fille, Vaïte (Jeanne) Goupil et sa nature morte Deux vases de fleurs. 

La collection Ordrupgaard

L’exposition de 76 peintures de la collection danoise, rassemblée entre 1892 et 1931 par l’homme d’affaires Wilhem Hansen et sa femme Henny, témoigne de l’amour et de la passion de ces collectionneurs pour l’art impressionniste et postimpressionniste. 

Cette collection privée devient rapidement accessible au public. Le couple ouvre en effet les portes de sa résidence d’été Ordrupgaard une fois par semaine dès 1918. « Puisque leur idée était de tout donner au peuple, cette collection est désormais publique au Danemark », souligne Mme Dolfin. L’épouse Hansen a légué la collection ainsi que la résidence d’été à l’état danois, qui en a fait un musée en 1953.

Afin de plonger le visiteur dans l’univers des Hansen, une immense fresque représentant une pièce d’Ordrupgaard l’accueille dès qu’il pénètre dans l’exposition. 

Si à Ordrupgaard, l’organisation des toiles suivait la logique des collectionneurs, l’exposition au MBAC est, quant à elle, agencée par artistes et par ordre chronologique. 

« Il y a plusieurs œuvres du même peintre, comme Corot ou Gauguin, et je pense que c’est enrichissant de voir une rétrospective de l’artiste », explique la conservatrice. 

Au cours de la visite, on découvre un portrait de George Sand, par Eugène Delacroix, une nature morte d’Édouard Manet, Corbeille de poires, une des 200 versions des célèbres Baigneuses de Paul Cézanne ou encore Le pont de Mantes de Corot. L’exposition est également l’occasion de découvrir des portraits réalisés par les rares femmes impressionnistes, Berthe Morisot et Eva Gonzalès.

Le style danois

Enfin l’exposition se termine sur une sélection de 16 tableaux de maîtres danois, dont C.W. Eckersberg et Christen Købke. Parmi les incontournables : Vue du château de Frederiksborg du peintre paysagiste Peter Christian Thamsen Skovgaard et six tableaux du célèbre peintre Vilhelm Hammershøi, amateur des vues de l’intérieur. 

La toile de Hammershøi, Un rayon de soleil dans le salon, propriété du MBAC, est également présentée.

« C’est une introduction aux peintures du 19e siècle au Danemark », explique Mme Dolfin. Si au premier regard le style et les coups de pinceau de Cézanne et de Hammershøi sont différents, la commissaire fait remarquer qu’on trouve des racines impressionnistes identiques en France et au Danemark. « Ç’a évolué différemment, mais on voit [ce qui a] pu intéresser les collectionneurs. »

Une exposition qui devrait ravir les amoureux de l’art impressionnistes et postimpressionnistes.

POUR Y ALLER

Quand ? Jusqu’au 9 septembre 

Où ? Musée des Beaux-arts du Canada

Renseignements : www.beaux-arts.ca ; 613-990-1985