L’environnement étant un enjeu majeur de notre époque, une catégorie qui lui est consacrée a été ajoutée cette année au World Press Photo – Exposition 2018.

Clichés chocs de 2017

La crise des réfugiés Rohingyas, les manifestations au Venezuela, la bataille de Mossoul, la fusillade à Las Vegas, l’attentat de Londres, le viol des jeunes femmes par Boko Haram sont autant de sujets qui ont fait l’actualité l’année dernière, alimentés par des images saisissantes captées par des photographes sur le terrain. On en trouve un concentré des meilleures, primées au prestigieux concours World Press Photo, exposées au Musée canadien de la guerre.

Pas moins de 73 044 images soumises par 4548 photographes provenant de 125 pays ont été passées en revue par un jury de photographes. Après avoir passé au peigne fin chacune de ces images, le jury indépendant a récompensé le travail de 42 photographes originaires de 22 pays.

Ainsi plus de 160 photos grand format réparties dans huit catégories (sujets contemporains, environnement, information générale, projets à long terme, nature, protagonistes de l’actualité, sports et spots d’informations) sont exposées pour une 11e année consécutive au Musée canadien de la guerre dans le cadre du World Press Photo – Exposition 2018. La présence de l’exposition dans la capitale constitue la première de quatre haltes canadiennes : ce florilège se rendra ensuite à Montréal, à Toronto et enfin à Chicoutimi.

Nouveauté cette année, une catégorie s’est ajoutée au World Press Photo. « Nous avons ajouté la catégorie “environnement”. C’est un enjeu majeur de notre époque et tout le monde doit composer avec ce problème, explique Jerzy Brinkhof, conservateur de l’exposition. Nous avions également constaté que beaucoup de photographes essayaient de documenter le changement climatique ainsi que d’autres problèmes environnementaux. On a donc voulu leur donner une plateforme pour les faire connaître et montrer leur travail ».

Et puisque l’environnement est un sujet aussi vaste que varié, « on trouve dans cette catégorie plusieurs photos sur la préservation de la nature avec la protection des éléphants au Kenya, ou encore une puissante image d’un rhinocéros sauvé du braconnage », précise M. Brinkhof. Ou encore sur les différences que peuvent connaître les pays quant à la production alimentaire. « On peut voir deux projets de photos qui contrastent l’un de l’autre. D’un côté, il y a la Chine qui fait face à une démographie en constante évolution et qui lutte pour nourrir sa population et, de l’autre côté, des scientifiques agriculteurs aux Pays-Bas qui innovent en faisant appel à la technologie pour production de la nourriture. »

Photos primées
Cette année, le premier prix du concours a été remis au photographe vénézuélien Ronaldo Schemidt pour sa photo montrant un homme en proie aux flammes après l’explosion d’une motocyclette, à Caracas au Venezuela, lors des manifestations anti-gouvernementales qui ont frappé le pays au printemps 2017.

« Et Ronaldo Schemidt a remporté le premier prix parce que sa photo est techniquement excellente tant dans la composition que les couleurs, le mouvement, les détails, mais aussi l’histoire qui l’accompagnait. Et aussi parce qu’il ne s’agit pas seulement d’une photo d’un homme en feu, mais bien du Venezuela en train de brûler », détaille M. Brinkhof.

Le photojournaliste canadien Kevin Frayer – le seul au pays à avoir été récompensé cette année – a obtenu le deuxième prix (Reportages) dans la catégorie « information générale », pour sa série de clichés en noir et blanc consacrée aux Rohingyas fuyant le Myanmar vers le Bangladesh.

L'exposition des photos gagnantes du World Press 2018.

« Cette crise est toujours d’actualité, il était donc important que l’exposition ravive l’attention portée sur ce sujet. C’est une série d’images très puissante et qui parle d’elle-même. On comprend immédiatement ce qu’il se passe. Mais ce sont des photos émouvantes, difficiles à regarder », avertit le conservateur de l’exposition.

Le photographe canadien avait déjà vu certains de ses clichés primés dans le cadre du World Press Photo, en 2009 et en 2016.

L’exposition qui s’arrêtera dans une centaine de villes dans 45 pays donnera l’occasion à plus de 4 millions de personnes d’apprécier le travail essentiel des photographes et des photojournalistes qui documentent des événements partout sur la planète.

POUR Y ALLER

Quand ? Jusqu’au 12 août

Où ? Théâtre Barney-Danson, Musée canadien de la guerre

Renseignements : museedelaguerre.ca