Après Montréal en 2012, et Québec en 2015, c’est au tour d’Ottawa d’accueillir du 17 au 22 septembre le festival Cinédanse.

Cinédanse: la danse dans tous ses états

Après Montréal en 2012, et Québec en 2015, c’est au tour d’Ottawa d’accueillir du 17 au 22 septembre le festival Cinédanse. Symposium sur la santé, projections de films, lunch dansant, représentations, atelier intergénérationnel, lancement de livre, la 3e édition de ce festival multidisciplinaire se consacre à la danse dans tous ses états et sous toutes ses formes, sur le thème : Guérir les blessures.

Pour cette mouture ottavienne du Cinédanse, le thème s’inspire du court-métrage Healing Scars coréalisé par la jeune autochtone de Kitigan Zibi Darian Smith, étudiante au Collège Algonquin d’Ottawa.

À travers les différentes formes de leurs pratiques, plusieurs créateurs canadiens et internationaux partageront le rôle qu’ils exercent par la danse. « Notre monde a bien besoin de danser et de revenir à ce rituel ancestral qu’on a délaissé », lance Sylvain Bleau, directeur et fondateur du Cinédanse.

C’est la danseuse et chorégraphe franco-algérienne Nacera Belaza qui ouvrira le bal de cette 3e édition avec Le Cri, qu’elle a créé en 2008. Ce duo qu’elle danse avec sa sœur Dalila est la pièce phare de l’artiste qui l’a propulsé sur les scènes d’Europe.

Elle convie ensuite le public à La Procession, où le spectateur n’est plus passif, mais devient acteur du mouvement. « J’ai ressenti le besoin chez le spectateur d’engager son corps et de ne plus être dans cette posture en retrait », explique Nacera Belaza.

Une quinzaine d’étudiants du département de théâtre de l’Université d’Ottawa (UdO) se joindront à Nacera Belaza et sa sœur pour prendre part à cette procession qui partira de la Pointe Nepean, jusqu’à la Cour des Arts, en passant par les rues du Marché By.

« Je vais écrire des modules chorégraphiques qui vont jalonner ce parcours. Mais il y a beaucoup d’inconnus et je crois que c’est ce que j’aime, dans la procession. J’aime l’idée que selon le public, et son degré d’adhésion, ça va nuancer la procession. »


« C’est la danse qui m’a choisi, ce n’est pas moi. C’était le langage avec lequel je sentais que j’exprimais l’être que j’étais. »
Nacera Belaza, danseuse et chorégraphe

L’idée de cette danse déambulatoire est née en 2015, dans un musée marseillais. « Faute d’espace, il a fallu réinventer la danse. C’était une manière de prendre un risque supplémentaire de sortir de la cage de spectacle et d’inscrire ça dans un espace ouvert et de découvrir un espace différent à chaque fois », explique la chorégraphe.

La danse dans le corps

Nacera Belaza arrive en France à l’âge de 5 ans en France, lorsque ces parents décident d’offrir un meilleur avenir à leurs enfants. « Pour qu’on étudie et qu’on ait un travail sérieux... Et danser ça ne faisait pas partie de ça », se souvient la danseuse autodidacte qui n’a jamais suivi un cours de conservatoire.

Elle a donc dansé clandestinement plusieurs années et « remercie [ses] parents pour ça ». « Le cheminement artistique est un cheminement personnel, solitaire. […] De danser dans ma chambre, d’être avide de liberté et d’y être cloitrée, comment tout ça pouvait-il dialoguer ? Comment je pouvais trouver une liberté à travers ça ? Je me suis donc fabriqué des outils. »

Un parcours atypique qui l’a obligée à comprendre le corps, son mouvement, et à les analyser. « Je voyais dans le regard des professionnels qu’ils se demandaient d’où je venais, parce que c’était une danse qui ne ressemblait à rien d’autre. Et à un moment donné, on vous reconnaît pour ces mêmes raisons, un univers singulier, le pari de quelque chose d’autre », relate-t-elle.

Avec une formation en littérature — elle a étudié la poésie et le cinéma — Nacera Belaza perçoit les arts non pas comme des spécialités qui évoluent indépendamment les unes des autres, mais plutôt « dialoguant entre elles ».

D’ailleurs, l’artiste multidisciplinaire ne fait pas juste danser ou chorégraphier, elle conçoit également la bande-son et la conception vidéo. « Pour moi, c’est une seule et même chose. Quand je vois le corps, je vois l’espace, l’écriture, la lumière... et le son vient au fur et à mesure. »

Afin de partager son talent et son expertise, elle offrira également un séminaire aux étudiants en mise en scène à l’UdO pour les aider à appréhender leur corps.

POUR Y ALLER

Le Cri

Quand ? Mardi 17 et mercredi 18 septembre à 20 h

Où ? LabO de l’Université d’Ottawa (60, rue Waller)

La Procession

Quand ? Samedi 21 septembre à 17 h 30

Où ? Départ de la Pointe Nepean (380 promenade Sussex)

Renseignements : cinedanse.ca