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Beyond Van Gogh, l'expo qui «sort du cadre» arrive à Ottawa le 5 août

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
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Beyond Van Gogh l'expérience immersive est attendue au parc Lansdowne pour le 5 août.

L'équipe de production du Bluesfest, qui fait venir à Ottawa cette expérience multimédia, a annoncé dans la nuit du 31 mai que le public pourra plonger dans les paysages – et les rêves présumés – de Vincent Van Gogh à partir du 5 août. 

Cette exposition multimédia conçue par le Normal Studio, à Montréal, promet d'«enivrer les sens», au fil d'une balade à travers «plus de 300 chefs-d’œuvre» signé Van Gogh.

On s'y déplace «le long de murs saturés de projections de lumières et de couleurs qui tourbillonnent, dansent et se recentrent sur des fleurs, des cafés et des paysages», illustrent les organisateurs, qui aménageront l'installation dans le  pavillon Aberdeen.

Entouré d'images géantes projetées tout autour de lui, le visiteur déambulera non seulement à travers les toiles de Vincent Van Gogh, mais aussi des paysages reconstruits, ainsi que ses « rêves, pensées et mots» pour offrir une expérience intimiste, explique le directeur du studio créatif, Mathieu St-Arnaud.

L'installation peut être vue à Miami depuis avril, mais n'a encore jamais été présentée en sol canadien, précise d'ailleurs M. St-Arnaud, d'origine gatinoise, tout comme le concepteur de la bande sonore de Beyond Van Gogh, Jean-Sebastien Côté.

Connu pour ses problèmes d'alcool, d'argent et de santé mentale – sans oublier son geste d'automutilation, quand il s'est découpé l'oreille – Van Gogh «est devenu un peu l'archétype de l'artiste torturé», concède M. St-Arnaud. Or, c'est justement l'envie de guider le public hors de ces sentiers battus et rebattus, qui a nourri l'équipe du Normal Studio dans sa démarche créative, explique Mathieu St-Arnaud.

«Déconstruire et reconstruire les paysages»

«C'est comme si on [focalisait] toujours juste là-dessus, et qu'on oubliait tout le reste. Il nous a semblé plus intéressant d'aller voir ce qu'il y avait au-delà de cette image, de regarder au-delà du stigmate», dit-il.

C'est aussi dans cette perspective d'ouvrir le regard que l'exposition s'affranchit de tout cadre ou canevas. Souvent, «on cherche à montrer ce qu'il y pouvait y avoir au-delà du cadre», quitte à jouer un peu avec la réalité, mentionne M. St-Arnaud. Son équipe s'est «amusée à déconstruire et reconstruire les paysages et décors» – à partir des images satellites de Google Earth... et toujours avec l'assentiment d'une spécialiste de l'art, en la personne de Fanny Curtat.  

À partir d'éléments de décor peints sur les toiles – un village, par exemple – le studio a observé (puis reproduit à la façon de Van Gogh) ce qui pouvait se trouver «sur le sol ou à coté du village». «On a aussi recréé quelques lieux qui n'existent pas, en travaillant à partir de plusieurs toiles. »

Plutôt que de se pencher sur Van Gogh, le peintre archi-connu, «on a estimé plus intéressant d'aller à la rencontre de Vincent, l'humain. De rentrer dans sa tête, ses rêves. À partir de là, on peut s'amuser à inventer des choses qu'il aurait imaginées sans les avoir nécessairement peintes. Beyond Van Gogh permet de marcher avec lui et de découvrir ce qui n'a pas été peint!»

C'est donc «une approche moins muséale » qu' Imagine Van Gogh – autre installation 3D multimédia immersive montréalaise, celle-là conçue par Tandem et présentée à L'Arsenal à l'hiver 2019-2020) – concède-t-il, mais toujours très «respectueuse du travail pictural, dont Van Gogh était un maître» absolu. «Retirer les fonds, tu peux pas faire ça, par exemple : ça fait partie de l'œuvre. Il fallait donc rester conforme à sa vision, tout en s'assurant qu'on pouvait s'amuser là dedans», sourit-il.

«Avec l'histoire qu'on raconte, ça fonctionne», dit-il en évoquant tant «la rencontre avec l'artiste» et l'émotion qui se dégage de cette «galerie des rêves».

Le fil conducteur de l'installation, note Mathieu St-Arnaud, renvoie au travail de Van Gogh, notamment à son utilisation de la lumière dans ses tableau, qui a évolué au rythme de son déclin psychologique : «il y a pas mal d'ombre au début, dans ses œuvres de jeunesse, puis la peinture vient produire comme un effet thérapeutique : plus ça va mal dans sa vie, plus ça devient coloré dans ses toiles. C'est comme s'il en avait besoin. Et nous aussi, on a tous besoin de couleurs et de lumière en ce moment!» 

«Il n'y a pas un pouce carré qui n'est pas recouvert en permanence, et la hauteur crée tout un effet! Il y a de l'émotion partout», promet-il.

Le Directeur du Normal Studio, Mathieu St-Arnaud

L'habillage sonore n'a rien de classique lui non plus, indique le patron du Normal Studio : Claude Debussy, Eric Satie et les contemporains de Van Gogh ont été délaissés au profit d'un collage musical moderne. «On a essayé plein de trucs», de Coldplay à Miles Davis en passant par les Beatles... et « ça marche bien, [car] Van Gogh est encore tellement actuel! Ça parle le même langage, c'est la même émotion!».

Dans cette installation, nul « point de vue fixe, pas d'objets à toucher, pas de bancs : l'idée c'est de permettre de se déplacer dans un grand espace – pour limiter les risques de contagion liés à la COVID». 

Si les billets sont horodatés en ce qui concerne l'heure de départ, il n'y a pas d'heure de sortie : dans chacun est donc libre d'apprécier l'installation et de se laisser pénétrer par l'émotion à son rythme. «À Miami, j'ai même vu des gens qui apportait leurs chaises!» dit-il, en voyant là «une bonne idée» qui sera vraisemblablement permise à Ottawa. 

La durée de l'exposition à Ottawa n'a pas été précisée : elle dépendra de son succès. M. St-Arnaud ne cache pas qu'il souhaite la voir se prolonger à l'automne, entre autres pour permettre au public scolaire d'en profiter.

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Billets : vangoghottawa.com (on pourra réserver des places dès le 3 juin, à 10 h.)

Renseignements : Normal Studio