Arts visuels

La diversité canadienne en 3D

Le romancier et artiste visuel de Vancouver Douglas Coupland dévoilera vendredi 29 juin à la Galerie d’Art d’Ottawa (GAO), Portrait national. Une œuvre de 6x6 m (20x20 pi) composée de 1 000 bustes en 3D de citoyens numérisés dans neuf villes du pays.

« C’est un paysage, une nature morte, un portrait, une installation, une sculpture, c’est un paquet de choses dans une seule et même œuvre »,  lance le concepteur de Portrait national, Douglas Coupland pour décrire son installation originale qui se présente tel un jardin de sculptures. Et je pense que le sentiment d’émerveillement et la sensation de découverte qu’on ressent quand on tourne autour [de l’œuvre] sont une part importante de l’installation », poursuit-il. 

Avec la volonté de créer un portrait 3D des Canadiens du 21e siècle, Douglas Coupland, en partenariat avec Peter Simons, président des magasins de mode du même nom, lance en 2015 le projet 3DCanada.

Pendant deux années, l’artiste et son équipe ont parcouru les magasins Simons du pays, de Vancouver à Halifax, en passant par Ottawa, Montréal ou encore Yellowknife, pour photographier et numériser avec un appareil spécialement conçu pour le projet, 1 700 portraits de citoyens.  

De ces portraits, 1 000 ont été reproduits à l’aide de 15 imprimantes 3D. Et ils mesurent tous entre 5 à 96 cm (2 à 38 po) de hauteur. 

S’il faut environ 1 heure pour imprimer un petit buste de 5 cm, il aura fallu 11 mois d’impression, pour arriver au résultat exposé aujourd’hui à la GAO. 

Bien que la technologie utilisée est moderne et revisite, selon l’artiste, la photographie de groupe, il admet que son œuvre a un côté très classique. « [...] Parce que ce sont tous des bustes coupés aux épaules », fait remarquer M. Coupland.  

Expositions

Christo érige son «escalier vers le ciel» à Londres

Six cents tonnes, 7506 bidons empilés en forme de trapèze: l’artiste Christo a dévoilé cette semaine sa dernière œuvre, un mastaba flottant sur le lac Serpentine à Hyde Park de Londres, une installation monumentale, déroutante, destinée autant à susciter le débat qu’à «stimuler les sens».

En voyant cet assemblage de bidons métalliques, faisant très fortement penser à des barils de pétrole au cœur d’un des poumons verts de Londres, d’aucuns penseront à un message contre la pollution.

D’autres verront dans cette installation surprenante, visible à plusieurs centaines de mètres à la ronde, un genre de prisme, un pixel géant, ou bien une simple forme géométrique.

L’œuvre se veut par nature ouverte à toutes les interprétations et n’a pas vocation à véhiculer une quelconque déclaration, explique l’artiste.

«Marchez autour, regardez-là, je ne peux rien dire d’autre», demande Christo, star mondiale de l’art contemporain connu pour les spectaculaires «emballages» du Reichstag de Berlin (1995) et du Pont-Neuf à Paris (1985), lors d’une conférence de presse organisée sur les rives du «Serpentine», lac artificiel prisé des touristes, cygnes et autres canards.

«Il n’y pas de message», a ensuite précisé l’artiste de 83 ans, Américain d’origine bulgare, à l’AFP. «Qu’elle soit critique ou positive, toute interprétation est légitime.»

Seule concession du créateur: l’œuvre de 20 mètres de haut peut s’apparenter à une sorte «d’escalier vers le ciel».

Première installation d’envergure à ciel ouvert de Christo au Royaume-Uni, ce mastaba (sépulture antique que l’on retrouve en Égypte et en Mésopotamie) est constitué de 7506 bidons de métal de 200 litres reposant sur une plateforme flottante solidement ancrée au sol.

Rouge et blanc d’un côté, bleu, mauve et rouge de l’autre, le trapèze offre un contraste saisissant avec les eaux calmes et bordées de grands arbres du lac Serpentine.

Étonnements et interrogations

Christo retrouve avec le «bidon» un matériau dont il apprécie le faible coût et le potentiel esthétique. L’artiste avait commencé à s’intéresser aux formes cylindriques en réalisant à la fin des années 50 des petites sculptures avec des canettes, peintes ou emballées.

En 1962, l’artiste, qui avait fui la Bulgarie communiste, avait barré une rue de Paris avec un mur de bidons, sa réponse au Mur de Berlin.

Plus récemment, Christo, lauréat avec sa femme Jeanne-Claude, aujourd’hui décédée, du Praemium Imperiale, considéré comme le Nobel des arts, avait créé un mur de 13000 bidons à Oberhausen, dans l’ouest de l’Allemagne.

Le «London Mastaba», dont la construction, financée par l’artiste, avait débuté le 3 avril, sera visible pendant l’été et jusqu’au 23 septembre, avant d’être recyclé.

À peine installée, l’œuvre ne manquait par de susciter des réactions étonnées, et partagées, chez les visiteurs de Hyde Park. «On dirait des ballons pour enfants», a déclaré, un brin perplexe, une touriste de 46 ans, Yasmin Koc Ozcengel, originaire d’Istanbul. «C’est très moderne alors que l’endroit est à la fois naturel et historique», a-t-elle souligné, estimant que ce mastaba aurait pu être accueilli par un site plus appropriée.

Christo voulait provoquer la réflexion? «Il y est arrivé, parce que je suis là en train de réfléchir à ce que ça peut bien être», a dit de son côté Sheila Steffenson, une Américaine de 58 ans basée à Londres. «Peut-être s’agit-il d’un message sur la pollution? a-t-elle ajouté. Qui sait?»

Arts visuels

Le Chagall exposé au MBAC

Dès ce samedi, le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) présentera au public le tableau du peintre Marc Chagall qui avait soulevé la controverse en avril.

Dans un bref communiqué émis jeudi, le MBAC indique que La Tour Eiffel sera exposée aux côtés d’une autre œuvre de Marc Chagall, Souvenirs de l’enfance, dans les salles d’art européen jusqu’à la fin de l’année 2019. Après cette période, « la salle où ils se trouvent fera l’objet d’un entretien cyclique, une procédure habituelle du Musée. » Les deux toiles de Chagall seront par la suite exposées de « temps à autre » au Musée.

L’institution muséale s’était attiré l’ire des experts, mais aussi de la population, lorsqu’elle avait décidé de vendre aux enchères la toile pour financer l’achat du Saint Jérôme entendant la trompette du Jugement dernier de Jacques-Louis David. Après près d’un mois de controverse, le Conseil d’administration du MBAC s’était finalement rétracté et avait retiré la toile des enchères.

Affaires

Russie: des portraits de stars de foot en généraux du XIXe siècle

SAINT-PÉTERSBOURG — Des portraits de stars de football comme Maradona, Zidane ou Totti, représentés en généraux du XIXe siècle, sont exposés depuis mercredi à l’Académie des Beaux Art de Saint-Pétersbourg, dans le nord-ouest de la Russie, en plein Mondial-2018.

Quarante portraits de joueurs légendaires, parmi lesquels Ronaldo, Messi, Ibrahimovic ou encore George Best, réalisés par un artiste italien, côtoient des sculptures de dieux grecs dans le cadre de cette exposition baptisée «Comme des dieux».

«Tous les portraits sont exécutés en technique de peinture numérique, c’est à dire qu’ils sont faits à la main avec utilisation d’un programme graphique au lieu de peinture et pinceaux», explique à l’AFP l’auteur des portraits, Fabrizio Birimbelli.

L’artiste italien raconte s’être inspiré des portraits du XIXe siècle de généraux russes, mais aussi d’images d’officiers de marine de la Grande-Bretagne à la même époque.

«J’ai ajouté aussi des médailles et des décorations qui ne sont pas correctes du point de vue historique, mais je ne suis qu’un fan de foot», avoue Fabrizio, soulignant ne chercher qu’à «exprimer son admiration aux joueurs de football» dont il a trouvé les photos sur Internet.

Son projet a commencé il y a trois ans «comme une blague», se souvient Fabrizio, expliquant avoir alors réalisé pour un ami son portrait en tenue du XIXe siècle.

«Tout le monde lui demandait qui était cette personnalité de l’époque qui lui ressemblait tellement», sourit l’artiste.

«Ensuite, j’ai fait le portrait de Francesco Totti, comme je suis supporteur de l’AS Roma, et cela a commencé à avancer», raconte-t-il.

«Je n’ai même pas rêvé de voir mes tableaux ici, dans la ville des musées et de l’art, pendant le Mondial», confie Fabrizio, dont l’exposition se tient à Saint-Pétersbourg jusqu’au 5 juillet.

Agence France-Presse

Arts et spectacles

Recycl’art se recycle

Après un an d’absence et de réflexion, l’exposition urbaine qui allie l’environnement et l’art, Recycl’Art de Gatineau sera finalement de retour du 14 juillet au 26 août avec 27 œuvres créées à partir de matériaux récupérés.

Alors que le parc du ruisseau de la Brasserie sur la rue Montcalm avait accueilli les deux précédentes éditions, les travaux de décontamination qui doivent débuter prochainement sur une partie du site, force cette troisième mouture de Recycl’Art à déployer ses sculptures et ses installations sur le boulevard Alexandre-Taché, jusqu’au Théâtre de l’île.

Arts visuels

L’armure sous toutes ses facettes

Le Musée canadien de la guerre consacre, en partenariat avec le Museo Stibbert de Florence en Italie, une exposition aux armures en tout genre. De celles de la garde pontificale, à celle des chevaliers de la Renaissance, en passant par les protections de soldats modernes à celles des sportifs jusqu’à l’armure d’Iron Man, l’exposition retrace l’évolution de l’équipement de protection au fil du temps.

À toutes les époques, dans toutes les cultures, l’armure a toujours allié l’art, la technologie et la créativité. Et c’est ce que l’exposition Armure, qui se tient jusqu’au 3 septembre, tente de montrer.

Arts visuels

Dans les vestiges du Moyen-Âge

De Clovis Ier, à Charlemagne en passant par Rollon, Richard cœur de Lion ou encore Jeanne d’Arc, la nouvelle exposition du Musée canadien de l’histoire, Europe médiévale – pouvoir et splendeurs, invite le visiteur à (re)découvrir plus de 1 000 ans d’histoire.

S’étalant de l’an 400 à l’an 1500, le Moyen-Âge fascine et inspire. Nombreux sont d’ailleurs les artistes qui prennent cette époque pour planter le décor de leurs différents récits, scénarios et actions. Il n’y a qu’à penser à la trilogie à succès Les Piliers de la terre de l’auteur Ken Follett, aux différentes adaptations cinématographiques de Robin des bois ou plus récemment à la série à succès Game of Thrones, ou encore aux jeux de société comme Carcassonne.

Arts et spectacles

Un journal français sous une toile de Picasso

TOKYO — Grâce à une technologie d’imagerie infrarouge, des chercheurs ont identifié, sous la surface d’une toile de Picasso d’un musée japonais, une page de journal, une découverte qui permet d’éclairer les circonstances de la création de l’œuvre Maternité au bord de la mer.

« Pour vérifier que la mise au point était bien nette, nous avons orienté la caméra sur le visage de la mère et à ma grande surprise nous avons immédiatement vu apparaître un texte de journal ! », raconte John Delaney, chercheur de la National Gallery of Art à Washington, dans un communiqué.

Arts visuels

Un Van Gogh adjugé à plus de 10,5 millions $

PARIS — Un tableau de jeunesse de Van Gogh a été adjugé plus de 7 millions d’euros (10,5 M$) à Paris lundi lors de la première vente aux enchères d’une œuvre du Néerlandais en France depuis plus de 20 ans, a annoncé la maison Artcurial.

Raccommodeuses de filets dans les dunes (1882) a été adjugé à 7 065 000 d’euros à un collectionneur américain « après une vive bataille », alors que cette œuvre de 1882 était estimée entre 3 et 5 millions d’euros.

Arts visuels

Une expo pour les femmes autochtones

Redonner un visage aux femmes autochtones disparues et assassinées, c’est ce qui a motivé l’artiste Dominique Chauvaux lorsqu’elle a troqué ses pinceaux pour des bougies et concevoir les 27 portraits qui compose son exposition Flammes qui se tient du 31 mai au 17 juin à la Galerie d’art Alpha.

« La question autochtone m’a toujours beaucoup touchée, que ce soit les pensionnats, ces histoires horribles d’aliénation. Mais lorsque j’ai entendu parler des femmes disparues ou assassinées, ça m’a troublée. Ce sont en quelque sorte mes sœurs », explique Dominique Chauvaux, cette Française installée au Canada depuis 40 ans, qui s’est lancée dans sa vocation d’artiste lorsqu’elle a pris sa retraite, il y a quatre ans.